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Nécrologie

José Rose, un peu plus près de Jah

28 janvier 2026, 05:39

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José Rose, un peu plus près de Jah

Un militant. Puis un combattant. «Un rasta ne sera jamais un mouton», disait José Rose. Un ancien très respecté parmi les rastas, il avait été le porte-parole et président de l’Association socio-culturelle rastafari (ASCR). À l’hôpital Jeetoo où il était admis, José Rose est parti pour le grand voyage vers Jah, le mardi 27 janvier. Les funérailles auront lieu ce mercredi 28 janvier à 15 heures à l'église Marie Madeleine, à Pointe-aux-Sable.

Ses paroles avaient cette force née de l’expérience. Il avait appris les choses à la dure. En étant lui-même confronté aux préjugés, au quotidien. Mais ses convictions étaient inébranlables. D’abord en faveur de la reconnaissance du droit des rastas de pratiquer leur religion, des rites comprenant l’utilisation du gandia à des fins religieuses.

Ensuite, en faveur des droits humains des rastas. Pour continuer à faire évoluer le regard de la société – notamment de la police – sur ces hommes et ces femmes ayant choisi de porter des dreadlocks. Par adhésion à la philosophie rasta. Et non pas par «lamod», ce que José Rose avait maintes fois critiqué.
À force de persévérance, l’ASCR, menée par José Rose durant presque deux décennies, avait su faire reconnaître son pèlerinage annuel au Morne, qu’elle considère comme un lieu spirituel.

L’autre combat de longue haleine auquel a participé José Rose : la reconnaissance du Tabernacle Nyabinghi au Triangle de Chamarel. Sommée d’évacuer le terrain, pour occupation illégale, par Case Noyale Ltée, filiale de la Compagnie sucrière de Bel-Ombre, l’ASCR avait défendu sa position en Cour suprême. Et si la cour avait donné gain de cause à la Compagnie sucrière de Bel-Ombre, par la suite, l’ASCR a fait appel. Un accord avait pu être trouvé pour que le tabernacle demeure et soit reconnu. Qu’il devienne par la suite partie prenante d’un projet d’écotourisme. Une «solution pacifique» que José Rose a longtemps soutenue, en se basant sur la présence des ancêtres dans cette région.

Le respect de l’histoire était primordial pour José Rose. Parmi les autres projets qu’il avait portés au début des années 2000 : faire reconnaître l'ensemble des lieux qui portent l'empreinte du marronnage. «Tout le monde doit connaître l'histoire de ces lieux, l'histoire de la résistance», martelait José Rose. Il citait l’exemple de l’ancienne prison centrale à Port-Louis. «Ce lieu où était enfermé de nombreux esclaves fait partie intégrante de notre patrimoine historique. Les ministères de la Culture, du Tourisme et de l’Environnement auraient pu s’associer pour préserver ce lieu hautement symbolique», posait-il. Aujourd’hui, l’ancienne prison a été transformée en bureaux pour un ministère. C’est l’ancienne prison des femmes à Port-Louis, qui est à l’abandon.

José Rose était aussi allé respirer du côté de Shashamane, un carrefour de la communauté rasta, en Ethiopie. C’est aussi un lieu de retour en terre africaine, pour des rastas du monde entier. «J’ai demandé la nationalité éthiopienne», confiait José Rose. Il plaidait souvent pour une reconnexion à l’Afrique. Pas seulement pour les rastas, mais pour tous les afro-descendants, pour tous les Mauriciens. Désormais, plus aucune frontière ne peut l’arrêter.

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