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Rallye Dakar 2026
Julien Hardy : « Le budget ne fait pas toujours la différence sur la performance pure »
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Rallye Dakar 2026
Julien Hardy : « Le budget ne fait pas toujours la différence sur la performance pure »
■ Le Mauricien Julien Hardy (à droite) et le pilote Mathieu Serradori.
Le rallye-raid le plus éprouvant au monde vient de prendre fin, samedi, après treize étapes disputées en Arabie Saoudite. Au sein de la caravane, un petit Mauricien s’est fait un nom. Pour sa onzième participation au Dakar, Julien Hardy est effectivement devenu un incontournable : les buggys à quatre roues motrices qu’il a dessinés et construits avec son équipe sud-africaine Century, ont récolté les honneurs lors de cette édition 2026.
Mercredi dernier, l’équipage français Mathieu Serradori – Loïc Minaudier a remporté la 10e étape au nez et à la barbe des voitures d›usine que sont Toyota, Ford et Dacia. Pour information, la Serradori Racing Team (SRT), ainsi que d’autres équipes privées, achètent des voitures auprès de la marque sud-africaine Century. Certains roulent en CR7, la dernière version du bolide à quatre roues motrices dotée d’une suspension améliorée, ou en CR6, une ancienne version à deux roues motrices.
Julien Hardy est le patron de Century, mais aussi du Century Factory Team, qui alignait une CR7 avec à son bord l’équipage sud-africain Brian Baragwanath – Leonard Cremer. Huit autres tandems ont piloté une voiture Century lors de ce Dakar 2026, parmi lesquels une pilote: Laia Sanz.
■ La Century de la pilote espagnole Laia Sanz.
■ L’état des pneus est une indication de la dureté du rallye sur les speciales saoudiennes.
Le Century Factory Team doit s’assurer que ses voitures ne manquent de rien ; par là, on entend que toutes les pièces de rechange doivent être disponibles. Chaque soir, alors que l’étape est bouclée et que les pilotes sont dans les bras de Morphée, Julien Hardy et ses équipes se trans- forment en petits lutins pour démonter, assembler, réparer, colmater tout ce qui peut l’être afin de repartir, comme neuf, le lendemain.
Tout cela nécessite, évidemment, un budget. Celui de Century n’est pas le même que ceux des voitures d’usine. Mais il n’y a pas que l’argent dans la vie : il y a aussi la passion et la matière grise. La victoire de Mathieu Serradori, mercredi dernier, est venue prouver que les Goliaths peuvent être vaincus. «Le budget ne fait pas toujours la différence sur la performance pure, et on le prouve une fois de plus», nous a confié Julien Hardy. Cette victoire n’est pas la première pour Century Racing. En 2020, Mathieu Serradori avait remporté une étape, mais c’était dans une CR6 de la catégorie T2, donc une deux roues motrices.
■ De g. à dr. Brian Baragwanath, Mathieu Serradori, Loic Minaudier et Leonard Cremer.
Cette fois, le succès est survenu dans la catégorie reine : l’Ultimate (quatre roues motrices). «On dit toujours que le dur labeur finit par payer, et c’est plus que vrai aujourd’hui avec cette victoire. Ça fait des mois qu’on prépare ce Dakar, sur tous les plans : techniques, logis- tiques, physiques et humains. Nous sommes très conscients que le niveau sur ce championnat du monde ne cesse de monter année après année, et nous avons redoublé d’efforts en développement pour rester au contact des gros teams usine. Avec nos petits moyens et notre stratégie de développement atypique, nous avons réussi à faire la différence sur ce Dakar, et c’est vraiment satisfaisant», a fait ressortir Julien Hardy.
Le Dakar se déroule sur deux semaines avec des étapes quotidiennes, éprouvantes pour l’homme et la machine. «Personnellement, j’avais des doutes au début du rallye sur le fait qu’on avait la vitesse requise pour rester dans le top 10, et on ne parlait même pas de victoire d’étape là, a avoué le natif de Curepipe. La satisfaction d’une victoire d’étape est donc encore plus grande ! Du côté de Century Racing et de SRT, ça a été encore une fois un effort surhumain pour cette victoire. C’est si facile de faire une petite erreur très coûteuse en rallye-raid, mais on dirait qu’aujourd’hui (Ndlr. mercredi dernier) les étoiles étaient alignées pour Mathieu et Loïc. On a écrit une sacrée histoire ensemble ces sept dernières années, et je suis très fier d’être entouré d’une telle équipe, qu’on a bâtie au fil du temps.»
■ La Serradori Team et quelques gars du Century Factory Team posent pour la postérité. 2026 a été positif pour eux.
Les vrombissements de moteurs se sont tus en Arabie Saoudite. Century Racing a placé trois voitures dans le Top 20 du classement final 2026. Une sacrée performance, compte tenu de leur budget limité. Comme c’est le cas à chaque fin de Dakar, les voitures retourneront en Afrique du Sud. Julien Hardy remettra son bleu de travail pour voir ce qui peut être amélioré. Les acheteurs vont sûrement taper à la porte, car la Century a encore séduit…
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