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Iran : Aux sources d’un chaos économique et social
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Iran : Aux sources d’un chaos économique et social
Traversé par des manifestations réprimées avec une extrême violence par le régime de la République islamique, après que les contestations anti-inflation du 28 décembre 2025 ont changé de nature et ont gagné toute la population, l’Iran vit à nouveau une période sombre de sa longue histoire secouée par les révolutions et les guerres. Voici quelques clés pour comprendre le chaos de leur histoire, qui comporte quelques lignes écrites à Maurice.
Historique
Héritier des grandes civilisations perses, de l’Antiquité aux empires préislamiques, l’Iran a longtemps occupé une position stratégique au carrefour des routes commerciales et culturelles reliant la Méditerranée, l’Asie centrale et l’Extrême-Orient.

Cette centralité a façonné un État ancien, doté d’une forte continuité administrative et d’une influence politique et culturelle durable sur l’espace régional. Cette trajectoire est brutalement interrompue en 1979 avec la Révolution islamique, qui renverse le Shah Mohammad Reza Pahlavi et met fin à la monarchie.
Le nouveau régime instaure une République islamique fondée sur la primauté du pouvoir religieux, où le Guide suprême exerce une autorité supérieure aux institutions élues, marquant une rupture idéologique profonde avec le modèle étatique et les alliances occidentales du passé.
Source : Encyclopædia Britannica
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Économie
Croissance annuelle du PIB iranien (1961- 2024) comparée à la moyenne mondiale.
L’économie iranienne repose sur les hydrocarbures, l’agriculture et les services, avec une forte intervention de l’État dans l’industrie et la finance. L’Iran détient la deuxième réserve mondiale de gaz naturel et la quatrième de pétrole, ce qui fait de lui une puissance énergétique majeure, malgré sa dépendance persistante aux revenus pétroliers. En 2024-25, la croissance de son PIB a ralenti à 3,7 %, son plus bas niveau en cinq ans, pénalisée par le net ralentissement du secteur pétrolier, dont la croissance est tombée de 18,8 % à 4,6 %. Le secteur non pétrolier a progressé de 3 %, porté par les services. Les sanctions, les tensions régionales, les pénuries d’eau et d’énergie, ainsi que la faiblesse du marché du travail, continuent de peser sur les perspectives économiques.
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Sanctions
Les sanctions contre l’Iran prennent racine après la révolution islamique de 1979 et se sont progressivement renforcées en réponse au programme nucléaire, aux essais balistiques et au rôle régional de Téhéran. Leur durcissement majeur intervient en 2018, lorsque les États-Unis se retirent du Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA), accord conclu à Vienne en juillet 2015 entre l’Iran, les P5+1 (membres permanents du conseil de sécurité des Nations unies, soit la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Allemagne) et l’Union européenne, visant à limiter le programme nucléaire iranien en échange d’un allègement des sanctions. Washington rétablit alors des sanctions «extraterritoriales» touchant le pétrole, la finance, le transport maritime et les assurances, provoquant chute des exportations, pénurie de devises, inflation durable et forte instabilité économique.
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Manifestations
Manifestation contre le régime à Téhéran, le 8 janvier 2026 (Getty Images).
Après une semaine de manifestations parmi les plus importantes qu’ait connues l’Iran depuis des années, la contestation a été confrontée à une répression d’une intensité exceptionnelle. À Téhéran, comme dans de nombreuses villes, les forces de sécurité ont eu recours à une force létale, procédant à des milliers d’arrestations. Le dispositif ne s’est pas limité à la rue : caméras de vidéosurveillance, drones et outils numériques ont servi à identifier les manifestants, y compris ceux scandant des slogans depuis leurs domiciles. À partir du 10 janvier, l’escalade des affrontements et de la violence a entraîné des centaines de morts, dans ce qui pourrait constituer l’un des bilans humains les plus lourds depuis la révolution de 1979.
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«Moharebeh»
Portraits de personnes exécutées en Iran, brandis à Berlin lors d’un rassemblement le 10 janvier (AFP).
En Iran, l’accusation de «moharebeh», traduite par «ennemi de Dieu», constitue l’un des chefs d’inculpation les plus lourds du code pénal islamique. Assimilée à une atteinte grave à l’ordre divin et à la sécurité de l’État, elle est passible de la peine de mort et alimente régulièrement les craintes d’exécutions à grande échelle lors des périodes de contestation. En effet, le 13 janvier, le parquet iranien a annoncé qu’un nombre indéterminé de manifestants interpellés lors des récentes mobilisations serait poursuivi sous ce chef d’accusation, renforçant les inquiétudes des organisations de défense des droits humain.
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Autorités Iraniennes

Hier, le guide suprême iranien Ali Khamenei (photo) a directement mis en cause les États-Unis dans une série de messages publiés sur X. Il y accuse le président américain d’être «coupable» des victimes et des destructions en Iran, affirmant que la récente «sédition» aurait été planifiée et orchestrée par Washington dans le but de reprendre une domination militaire, politique et économique sur le pays. Selon lui, cette hostilité s’inscrit dans une politique américaine de long terme, menée depuis la révolution islamique de 1979. Ces déclarations ont été diffusées alors que l’Iran était privé d’accès à Internet depuis plus de 100 heures, limitant fortement la circulation de l’information et l’activité des médias indépendants.
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Boeing 777
Le Boeing 777-212, immatriculé 5R-RIS, se trouvait en Iran au 15 juillet 2025.
La vente indirecte d’avions à l’Iran a plongé Madagascar au cœur d’une zone de fortes turbulences diplomatiques. Cinq Boeing 777, immatriculés provisoirement à Madagascar, ont rejoint l’Iran à la mi-juillet 2025, en contournant les sanctions internationales. L’affaire a conduit à des arrestations, à la mise en cause d’anciens responsables malgaches et à la révélation de certificats d’immatriculation provisoires falsifiés.
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Position Américaine

Contrairement aux mouvements de contestation précédents, les manifestations actuelles en Iran semblent bénéficier d’un soutien explicite de la Maison-Blanche. Le président américain Donald Trump (photo) a multiplié les messages sur son compte Truth Social. Le 5 janvier, il lance un avertissement aux autorités iraniennes : «Si l’Iran tire et tue violemment des manifestants pacifiques, […] les États-Unis d’Amérique viendront à leur secours. Nous sommes prêts et armés.» Le 10 janvier, il réitère : «L’Iran regarde la liberté droit devant lui, peut-être comme jamais auparavant. Les États-Unis sont prêts à aider!» Le 13 janvier, il appelle ouvertement à la mobilisation : «Patriotes iraniens, continuez à protester, prenez le contrôle de vos institutions ! (…) L’aide arrive.» Enfin, le 16 janvier, il fait état de l’annulation annoncée de plusieurs exécutions: «Comme vous le savez, l’Iran a annulé la pendaison de plus de 800 personnes. […] Je respecte énormément le fait qu’ils aient annulé cela.»
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Château Val-Ory
Le Château Val-Ory, à Moka, ancienne résidence d’exil de Reza Shah en 1941.
Après l’invasion de l’Iran par la GrandeBretagne et l’Urss (Union of Soviet Socialist Republics) en août 1941, conséquence du refus de Reza Shah de se plier aux exigences alliées malgré la neutralité proclamée, le souverain est contraint d’abdiquer en faveur de son fils Mohammad Reza. Exilé par les Britanniques, il est conduit à Maurice et installé au Château Val-Ory, à Moka, accompagné de ses proches. Ce séjour forcé confère au château une portée historique singulière : lieu d’exil imposé par une puissance tierce, il devient le point de rencontre inattendu entre deux pays qui ne se connaissaient pas jusquelà, inscrivant durablement Maurice dans l’histoire contemporaine de l’Iran. Reza Shah jugera la demeure inadaptée à son rang et à sa condition et n’y demeurera que six mois avant d’être transféré vers l’Afrique du Sud.
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