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Interview Joe Lesjongard
«Tôt ou tard, Paul Bérenger “pou eklat baraz” de l’alliance gouvernementale»
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Interview Joe Lesjongard
«Tôt ou tard, Paul Bérenger “pou eklat baraz” de l’alliance gouvernementale»
Comment s’annonce 2026 pour vous en tant que leader de l’opposition ?
2026 sera une année décisive pour le pays que ce soit sur le plan économique, social et surtout politique. Nous avons passé une année 2025 entière à piétiner avec le gouvernement et sa rhétorique de «la caisse vide» et la menace permanente de downgrading de Moody’s et, au final, zéro plan de relance économique, rien comme nouveau pôle de croissance, mais on a seulement serré la ceinture à ceux au plus bas de l’échelle en leur demandant de faire des sacrifices. Les derniers chiffres démontrent une baisse drastique de création des compagnies. La situation du law and order ne s’améliore pas. Ce gouvernement passe son temps à faire des assises et des consultations qui, dans certains cas, sont inutiles. En tant que leader de l’opposition, j’ai du pain sur la planche en 2026.
L’année vient à peine de démarrer qu’un éventuel départ de Paul Bérenger du gouvernement est à nouveau d’actualité. Quelle est votre réaction à cela ?
Le leader du MMM avait annoncé un nouveau départ pour le gouvernement en novembre 2025 et en janvier il a annoncé un deuxième nouveau départ. À la fin, il a raté son départ du gouvernement en novembre à cause de la division dans son parti. Il est presque esseulé dans son parti aujourd’hui. Cela ne me surprend guère et je l’avais dit dans une interview récemment que le feu couve sous les cendres. La trêve parlementaire sera parsemée de turbulences, et je me répète encore une fois car je le dis haut et fort depuis le début de mandat de ce gouvernement : il y a un dysfonctionnement au sommet de l’État. Il y a une fracture entre le MMM et le PTr, entre les leaders des partis au sein de l’Alliance, une fracture au sein du MMM et une fracture au sein du PTr. Donc, une instabilité permanente. Finalement, c’est le peuple mauricien qui en pâtit.
Paul Bérenger parle d’un « gang des cinq » qui entoure Navin Ramgoolam. Il parle aussi de corruption sans pour autant dire où et comment. Quel est votre lecture de cette prise de position du Deputy Prime Minister ?
Paul Bérenger, Deputy Prime minister, nous apprend qu’il y a un État dans un l’État. Le Gang des cinq a une mainmise sur tout. Même les membres du PTr se plaignent des interférences de la bande des cinq dans les prises de décision. Ce sont eux qui décident des nominations. Les ministres ont moins de pouvoir qu’eux. Si le numéro 2 d’un gouvernement évoque ouvertement la possibilité qu’il y ait eu un ou plusieurs cas de corruption impliquant des personnes qui gravitent autour du Premier ministre, c’est extrêmement grave. Et si ces personnes sont des employés du bureau du Premier ministre et payés aux frais du contribuable, c’est encore plus grave. Il aurait dû porter plainte à la FCC, preuves à l’appui, et le Premier ministre aurait dû agir immédiatement. Quel signal sommes-nous en train d’envoyer aux investisseurs ? On craint un downgrading de Moody’s, mais que vont se dire les investisseurs quand ils regardent le numéro 2 d’un gouvernement dénoncer des cas de corruption et le Premier ministre qui n’agit pas ? On est la risée du monde des affaires à l’international. Et cette fameuse bande des 5… On en parle depuis l’affaire Ravatomanga. Qui sont-ils et que leur reprochet-on exactement ? Le peuple a le droit de savoir. Mais tôt ou tard, Paul Bérenger pou eklat baraz de l’alliance gouvernementale.
Les observateurs politiques et autres politiciens parlent du feuilleton habituel de «On and Off». Vous en pensez quoi ?
Moi je pense que la vraie question, c’est comment est-ce qu’on a pu nous faire croire qu’un gouvernement 60-0 mené par Navin Ramgoolam et Paul Bérenger aurait pu fonctionner.
Vous avez dit plus tôt que le pays a piétiné à cause de cette instabilité. Pensez-vous que l’année 2026 sera différente ?
Faites le constat vous-même. Nous avons démarré 2026 comme nous avons terminé 2025, avec des accidents fatals sur nos routes, des agressions violentes qui ont coûté la vie à des innocents. Prenez le cas de cette personne âgée dont l’agression mortelle en pleine rue a été filmée. On n’en parle plus ! Comment l’agresseur a-t-il pu quitter le pays ? Qu’est-il advenu des individus impliqués dans cette agression à Bain-des-dames ? La violence gratuite est devenue monnaie courante. La situation du law and order dans le pays est pire que jamais et que fait le gouvernement ? On coupe les allocations des policiers. Pendant ce temps, sur le plan économique, les devises continuent de grimper malgré les milliards injectés par la Banque de Maurice et les prix des denrées de base et des médicaments explosent malgré les millions de subsides. Et que font nos dirigeants ? Ils se chamaillent entre eux en public au lieu de se retrousser les manches et de remettre le pays sur les rails. Nous revivons l’époque 1983, quand les instances d’un parti politique voulaient contrôler les affaires du pays. Cela ne peut être le cas. Et je ne pense pas que le comité central d’un parti doit dicter les décisions prises au sein d’un conseil de ministres.
Reconnaissez-vous encore le MMM dont vous avez fait partie ?
Vous pouvez poser cette question à n’importe quel ancien membre du parti, et même certains qui sont toujours membres, et ils vous diront tous la même chose. Ces soi-disant instances, bureau politique, comité central, assemblée des délégués, c’est une mascarade pour faire croire que la démocratie existe au sein du parti. En réalité, c’est Bérenger qui décide de tout à la fin.
Selon vous, finalement, Paul Bérenger partira, partira pas ?
Je pense que je parle pour la majorité de la population quand je vais dire ceci : Où sont les promesses faites ? Le transport et l’internet gratuits ? Quand le gouvernement va-t-il s’occuper de la hausse du coût de la vie ? Que vont-ils faire face à l’insécurité grandissante qui prévaut dans le pays ? Quand est-ce que Navin Ramgoolam va vraiment sévir contre les canards boiteux au sein de son conseil des ministres ? C’est ça la priorité. Le peuple est fatigué des zigzags de Bérenger.
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