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Comité central

Fin du suspense au MMM : «Nou pe reste!»

18 janvier 2026, 04:00

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Fin du suspense au MMM : «Nou pe reste!»

Le DPM a détaillé trois tendances au sein du parti.

«Nou pe reste !» Scénario presque prévisible hier, le samedi 17 janvier, pour les mauves lors du comité central du Mouvement militant mauricien (MMM) au Plaza à Rose-Hill. Longtemps annoncé comme décisif, ce comité central s’est finalement tenu dans une atmosphère calme et maîtrisée à la mairie de Beau-Bassin/Rose-Hill. Depuis le début de la semaine, la perspective de cette réunion avait tenu en haleine la classe politique et les militants, après que Paul Bérenger a laissé planer l’idée d’une possible démission de l’alliance gouvernementale.

Dès midi, les membres sont arrivés progressivement, sans agitation. Des militants observaient les allées et venues, conscients que l’issue de la rencontre pouvait marquer un tournant politique majeur. À l’intérieur, l’ambiance est restée calme, presque studieuse, contrastant avec les tensions et les spéculations qui avaient marqué les jours précédents.

Ce comité central intervient dans un contexte de décrispation après des divergences au sommet de l’exécutif, notamment sur la gestion de dossiers clés. En début de semaine, Paul Bérenger avait exprimé son insatisfaction face à l’avancement de certains engagements de l’alliance et évoqué publiquement une possible rupture. Il avait alors précisé qu’il s’en remettrait au comité central, instance suprême du parti entre deux congrès, pour trancher.

S’exprimant lors d’un point de presse à l’issue de la réunion, le leader du MMM a dissipé les incertitudes : «J’ai recommandé au Comité central que nous restions au gouvernement», a-t-il déclaré, confirmant que le parti ne quittait pas, pour l’instant, l’alliance au pouvoir.

Paul Bérenger a expliqué qu’il existait trois grandes tendances au sein du parti. Une tendance pure et dure qui dit de quitter le gouvernement avec effet immédiat. Une autre prone de rester au gouvernement sous conditions. Selon Paul Bérenger, «une tendance estime que Navin Ramgoolam peut faire des efforts, que le parti travaille, que des progrès ont été réalisés cette semaine et qu’il faut rester pour obtenir des avancées concrètes».

La dernière tendance est pour le maintien sans réserve : «Une autre tendance est de rester au gouvernement quoi qu’il arrive, mais ce n’est pas la mienne.» Paul Bérenger a été clair : «Pena bokou ki pans koumsa me nou (MMM) pa koumsa nou.»

C’est la deuxième tendance qui a les faveurs de Paul Bérenger et qu’il a recommandé au comité central de suivre, estimant que les développements récents justifiaient de poursuivre la participation du MMM au sein de l’exécutif, tout en restant vigilant.

Des engagements obtenus auprès du PM

Le Premier ministre adjoint a indiqué qu’il avait rencontré le chef du gouvernement, Navin Ramgoolam, à trois reprises au cours de la semaine. Selon lui, ces échanges ont été «fructueux» et ont permis d’obtenir des garanties importantes. Il a notamment affirmé avoir reçu un engagement ferme concernant la présentation du projet de loi sur la réforme électorale ainsi que celui portant sur la National Serious Crimes Agency lors de la rentrée parlementaire prévue en mars.

Paul Bérenger a toutefois précisé que ces avancées ne constituaient pas une fin en soi. Le MMM, a-t-il insisté, continuera de suivre de près l’évolution des dossiers et l’application concrète des engagements annoncés, tout en maintenant la pression politique nécessaire.

«Gang des 5 pena nanye pou fer avek Lakwizinn»

Parmi les points de crispation récents figurait la question du portefeuille des Finances. Le leader du MMM avait suggéré que ce ministère stratégique soit confié à un ministre à plein temps, estimant que la situation économique du pays exigeait une attention exclusive. Il avait expliqué que cette proposition visait à permettre au Premier ministre de se concentrer davantage sur d’autres priorités, telles que la sécurité, la lutte contre le trafic de drogue et la politique étrangère.

Navin Ramgoolam a toutefois exprimé son souhait de conserver ce portefeuille. Paul Bérenger a tenu à souligner qu’il n’était personnellement pas intéressé par le ministère des Finances, affirmant que cette question restait secondaire par rapport aux enjeux nationaux.

Questionné sur sa récente déclaration concernant le «Gang des 5», Paul Bérenger semblait dans un premier temps ne pas vouloir aborder la question répondant qu’il en a déjà discuté avec le Premier ministre. Il a aussi rappelé qu’auparavant, certaines décisions se prenaient «dans la cuisine», à l’abri des regards, alors qu’aujourd’hui, selon lui, les débats se font de manière plus ouverte et institutionnelle. «Ansien lakwizinn ti ena enn cuisinière laba. Bann cuisinier ti pe zis gete si manze fini kwi. Gang des 5, ki enn term deza dan piblik, pena nanye pou fer avek lakwizinn». Une manière pour le leader mauve de marquer la différence avec l’ère du MSM, qu’il a accusé d’avoir gouverné dans l’opacité avec des arrangements internes.

Cap maintenu, vigilance affirmée

Au terme de ce comité central, Paul Bérenger s’est dit satisfait de la qualité des échanges et des clarifications apportées. Il a appelé les militants et les cadres du parti à «travailler jour et nuit» dans les semaines à venir, en vue de la rentrée parlementaire et au-delà.

C’est ainsi que s’achève cet énième épisode du feuilleton Bérenger Partira, Partira pas et on vous donne rendez-vous pour une nouvelle saison prochainement. À suivre…

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