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Vers un réchauffement des relations

Les diplomates américains en mission à Caracas

11 janvier 2026, 06:10

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Les diplomates américains en mission à Caracas

■ La présidente par intérim Delcy Rodriguez (au centre) marche à l’Assemblée nationale, à Caracas, au Venezuela, le 5 janvier 2026. © Marcelo Garcia/Miraflores Palace, via Reuters

Des diplomates américains ont effectué une visite à Caracas le vendredi 9 janvier, marquant une étape significative dans les efforts pour rétablir les relations diplomatiques entre les États-Unis et le Venezuela, suspendues depuis 2019. Cette initiative survient moins d’une semaine après la capture de Nicolás Maduro par des troupes américaines, une situation qui témoigne de la complexité et des tensions persistantes entre les deux pays.

Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yvan Gil, a confirmé que le gouvernement de la présidente par intérim Delcy Rodriguez avait pris la décision d’engager un processus exploratoire pour rétablir les relations diplomatiques. Cette annonce a été suivie de la confirmation de la présence des diplomates américains à Caracas, un geste qui survient après que Donald Trump a affirmé avoir annulé une nouvelle attaque contre le Venezuela, citant la «coopération» du régime de Maduro.

Le président américain a salué la libération de plusieurs opposants comme un geste «très important et intelligent» de la part du gouvernement vénézuélien, précisant que les États-Unis et le Venezuela collaboraient désormais pour la reconstruction de l’industrie pétrolière. «Les États-Unis et le Venezuela travaillent bien ensemble», a-t-il ajouté, tout en recevant à la Maison Blanche plusieurs dirigeants d’entreprises pétrolières pour discuter de futurs investissements.

Cependant, Delcy Rodriguez a fermement réaffirmé la souveraineté du Venezuela, en insistant sur le fait que son pays n’était ni «subordonné ni soumis» à Washington. Elle a également souligné la «loyauté» du Venezuela envers Nicolás Maduro. Parallèlement, le gouvernement vénézuélien a poursuivi sa coopération avec la Russie, recevant l’ambassadeur Sergey Melik-Bagdasarov pour discuter de programmes de collaboration continue.

Malgré ce rapprochement diplomatique, les États-Unis maintiennent une pression économique sur le Venezuela. Le 9 janvier, ils ont annoncé avoir saisi un pétrolier en mer, le cinquième en quelques semaines, alors que le blocus sur les exportations de pétrole vénézuélien reste une tactique clé de Washington.

Sur le plan politique, les libérations récentes de prisonniers politiques ont fait l’objet d’une attention particulière. L’opposant Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil en Espagne, a exprimé sa satisfaction suite à la libération d’Enrique Marquez, un critique de Maduro. Ce dernier avait mené une campagne judiciaire contre la réélection de Maduro en 2024, jugée frauduleuse par l’opposition. Cependant, le nombre exact de libérations reste flou, avec des ONG estimant entre huit et onze libérations effectives, alors que le Venezuela compte encore des centaines de prisonniers politiques.

En parallèle, Donald Trump a intensifié la pression sur le narcotrafic, menaçant de mener des «frappes au sol» contre les cartels de drogue. Cette menace s’inscrit dans un contexte de coopération croissante avec le Mexique et la Colombie pour lutter contre le narcotrafic. Les États-Unis ont récemment détruit plusieurs embarcations suspectées de transporter de la drogue, tuant plus de 100 personnes dans le processus.

Gustavo Petro, le président colombien, a aussi exprimé son soutien à l’idée d’une action commune contre les cartels, soulignant que la lutte contre le narcotrafic était utilisée par certains comme justification pour une «agression» contre les pays d’Amérique latine. La collaboration entre les États-Unis, la Colombie et le Venezuela semble désormais essentielle pour contrer ce fléau.

Ce rétablissement partiel des relations entre les États-Unis et le Venezuela pourrait marquer un tournant dans la dynamique géopolitique de la région. Cependant, des défis demeurent, notamment autour du respect des droits humains et de la transparence des actions gouvernementales, tant à Caracas qu’à Washington.

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