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Géopolitique l Les sphères d’influence

États-Unis, Russie, Chine : Partager le monde en trois… à trois

9 janvier 2026, 17:00

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États-Unis, Russie, Chine : Partager le monde en trois… à trois

Il ne faut pas toujours prendre pour de l’argent comptant la cascade d’informations qui est déversée sur nous. Certaines doivent être prises au premier degré, mais d’autres avec des pincettes au second degré. Remettre les choses dans une juste perspective. De la circonspection.

Passons au crible les toutes dernières qui ont fait la «une» sur le plan international. Tout semble opposer USA, Russie et Chine, mais ne poursuivent-ils pas le même objectif ?

?Trump triomphe au Venezuela

Nous avons tous vu comment les États-Unis ont capturé Maduro, ex-chauffeur d’autobus devenu dictateur autocrate, en plein centre de Caracas avec sa femme, sans coup férir, en trente minutes. Une formidable armada américaine (bateaux de guerre, 150 avions, des hélicoptères) avait encerclé le Venezuela.

Personne ne s’attendait à cette violation de la règle internationale sur la souveraineté d’un pays. Même le Congrès américain n’avait pas été tenu au courant. Bref, en toute illégalité. Et le timing était parfait puisque les trois États alliés à Maduro avaient d’autres chats à fouetter. La Russie est prise dans le bourbier ukrainien où les morts se comptent par dizaines de milliers, l’Iran affronte des émeutiers protestant contre l’inflation, la chute de la devise locale et le régime des mollahs, la Chine se livre à des exercices d’encerclement par mer et par air de Taïwan.

Sans faire aucune victime, Maduro et sa femme ont été pris en otages pour être jugés en tant que narcotrafiquants, terroristes et dictateurs. Personne ne peut contester la dure dictature de Maduro allant même jusqu’à galvauder les résultats des dernières élections. Ils n’ont d’ailleurs jamais été publiés et Maduro est resté au pouvoir. Dictateur oui, mais narcotrafiquant, ça se discute, bien que lui et sa clique se soient enrichis grâce à la drogue. Contrairement à ce qu’affirme Trump, le Venezuela n’est pas responsable de l’entrée de la cocaïne aux USA comme la Colombie ou le Pérou. Le poison qui tue des milliers de jeunes Américains est le fentanyl dont les ingrédients proviennent de la Chine. Ces derniers sont ensuite traités au Mexique avant d’envahir les États-Unis. Le Venezuela n’était qu’un point de passage. Un son de cloche qui change les données du problème.

Ajoutons que les radars chinois ont été incapables de détecter les avions F-22 des Américains dans le ciel vénézuélien. Les Américains se sont heurtés à une faible opposition. Trump lui-même a tout vu en direct dans sa luxueuse villa de Mar-a-Lago à Miami comme un épisode d’une série télévisée, selon ses propres dires. Les chefs d’État d’Amérique du Sud qui lui sont favorables, comme l’Argentine, ont applaudi.

Toute cette superproduction à la Rambo relève de la stratégie américaine définie par le président Monroe au début du XIXe siècle. Elle consiste à mettre le grappin sur les deux Amériques. C’est en suivant cette ligne, contrairement à Obama ou Biden, que Trump a proposé au Canada de s’intégrer aux États-Unis et souhaite s’approprier le Groenland (richesses en sous-sol) au détriment de ses habitants et du Danemark qui, légalement, supervise ce pays.

?L’enjeu du pétrole

L’objectif de cette prise d’otages est à peine caché : mettre la main sur le pétrole du Venezuela, pays qui renferme les plus grandes réserves au monde. Les USA produisent du pétrole qui se transforme difficilement en diesel. Or, les énormes camions américains sont énergivores en diesel et le pétrole vénézuélien se transforme en diesel beaucoup plus facilement.

En même temps, c’est un croche-pied à la Chine qui importe 70 % du pétrole vénézuélien malgré l’embargo à bas prix. Trump n’a pas caché qu’il allait pousser les «majors» pétrolières américaines à investir massivement pour exploiter ce pétrole et accumuler de gros profits. Et quid des Vénézuéliens dont le niveau de vie est au plus bas ? Gagner du terrain et encaisser des milliards, ça ne vous rappelle rien ?

?La Russie impérialiste

Bien qu’opposés idéologiquement, c’est exactement la même stratégie qu’adoptent la Russie et la Chine. Poutine rêve de reconstituer l’URSS d’antan avant la chute du mur de Berlin et du communisme en Europe de l’Est. Il aimerait bien reconquérir ces pays satellites passés à l’Ouest et ne pas se contenter seulement de la Russie.

C’est la raison pour laquelle il escomptait, sur son «opération spéciale», s’accaparer l’Ukraine en quelques jours. Mais ce pays, sous Zelensky, se défend farouchement, même sans grands moyens. Au bout de trois années de guerre et de dizaines de milliers de morts (c’est le dernier souci de Poutine), la Russie n’a conquis que 5 600 km², soit à peine 1 % de la superficie ukrainienne. C’est peut-être son Vietnam à lui.

Il est sidérant de constater que Trump, qui vise le prix Nobel de la paix, ménage grandement Poutine qui ne respecte pas tous les cessez-le-feu négociés. Constatant que Zelensky tente d’amadouer Trump qui le déteste, voilà qu’on apprend subitement que 91 drones armés ont essayé de tuer Poutine dans une de ses riches résidences pourtant étroitement surveillées. La ficelle est tellement grosse que tout le monde en rigole. Aucun radar espion n’a repéré de drone sur les lieux, aucun bruit dans le voisinage et aucun débris. Mais Poutine insiste…

Son objectif, comme celui de Trump vis-à-vis de l’Amérique latine et centrale, est d’envahir toute l’Ukraine et de s’attaquer ensuite aux États baltes qui appartenaient à l’URSS. Des drones espions russes (il dément) survolent déjà d’autres pays voisins comme le Danemark ou la Roumanie. La Pologne, après son lourd passé historique, a fait construire un mur pour barrer la route au… tsar.

?L’Europe hors jeu et la Chine domine

Cette Europe de l’Ouest est lâchée par les États-Unis qui ne garantissent plus de parapluie en cas d’attaque. Ils s’intéressent à l’avènement de la zone Asie-Pacifique. L’Europe a trop compté sur l’Otan. Elle se retrouve désarmée et emberlificotée dans les normes imposées par l’Union européenne. Plusieurs États des 27 reviennent à leur souveraineté comme l’Italie de Giorgia Meloni ou l’Allemagne qui reprend son rôle de leader au détriment de la France surendettée sous Macron. Ce dernier est confronté à une fin de règne difficile avec l’insécurité, la montée de l’antisémitisme, une immigration pas assez réglementée. Ce sont les partis populistes dans cette Europe qui ont le vent en poupe, tout comme l’ancienne extrême droite de Le Pen/Bardella en France. Maurice risque d’en faire les frais.

La Chine, de son côté, rattrape et même dépasse son retard dans les domaines industriel, économique et même technologique. Pour les experts, elle dominera la deuxième moitié de notre siècle. Comme les USA et la Russie, elle veut gagner du terrain. Au vu de tous, elle répète ses exercices d’encerclement par mer et dans l’air de Taïwan qu’elle considère comme partie intégrante de la Chine. Ses visées sont audacieuses, d’où la peur du Japon qui, subitement, se réarme malgré ses promesses après Hiroshima. Il en va de même pour la Corée du Sud.

Les contraires se rejoignent pour gagner du terrain, asseoir leurs suprématies sur leurs zones d’influence et se faire un maximum de pognon. Vu ?

Agram bagram!

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