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Enquête de la FCC et des autorités américaines
Comment des fonds vénézuéliens ont transité par Maurice…
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Enquête de la FCC et des autorités américaines
Comment des fonds vénézuéliens ont transité par Maurice…
Nicolás Maduro, a été capturé le 3 janvier à Caracas, puis exfiltré aux États-Unis, et actuellement au centre de détention de Brooklyn.
Une enquête financière d’envergure internationale met en lumière le rôle présumé d’une structure offshore basée à Maurice dans un vaste système de blanchiment de fonds liés à la corruption au Venezuela. Menée avec l’appui des autorités américaines, l’investigation a conduit la Financial Crimes Commission (FCC) à obtenir une ordonnance de saisie portant sur environ 3,5 millions d’euros, soupçonnés d’être liés à des opérations illicites transnationales.
Coup double
Parallèlement, la Financial Services Commission a procédé à la suspension de la licence de la management company concernée en février 2021, évoquant de graves manquements présumés aux obligations de conformité, de gouvernance et de lutte contre le blanchiment d’argent. Cette double action marque un tournant significatif dans le traitement de cette affaire, aux ramifications géopolitiques majeures. Selon les éléments recueillis, la société basée à Maurice aurait servi de véhicule financier pour dissimuler et faire transiter des fonds issus de détournements massifs de ressources publiques au Venezuela, principalement en provenance de la compagnie pétrolière d’État, PDVSA.
L’enquête suggère que cette structure offshore aurait permis de masquer l’origine des fonds et de faciliter leur circulation à travers différentes juridictions, en exploitant des failles dans les mécanismes traditionnels de surveillance financière. Les investigations se concentrent sur deux cellules subsidiaires, soupçonnées d’être impliquées dans le recyclage des fonds illicites. La première serait liée à Mariana Lemoine, identifiée comme bénéficiaire effectif (beneficial owner). Selon les enquêteurs, celle-ci entretiendrait des connexions directes avec l’entourage familial du président vénézuélien Nicolás Maduro, capturé le 3 janvier à Caracas, puis exfiltré aux États-Unis, et sous bonne garde depuis au centre de détention de Brooklyn.
Des flux financiers jugés suspects auraient été retracés, notamment des transferts en provenance de la PDVSA, laissant supposer que cette cellule aurait servi à faire transiter des fonds issus de détournements opérés au sein du secteur pétrolier public. Ces mouvements soulèvent de sérieuses interrogations quant à l’utilisation de structures offshore pour dissimuler l’origine des fonds et contourner les mécanismes internationaux de contrôle financier.
La deuxième cellule serait, elle, contrôlée par Mario Vallera, un Vénézuélien, identifié dans d’autres affaires sensibles comme l’homme de paille de deux des gendres de Maduro. L’enquête fait état de retraits importants et récurrents, effectués via plusieurs entités commerciales dont il serait le propriétaire ou le contrôleur de gestion.
Structures offshore et sociétés écran
Les autorités soupçonnent l’existence d’un réseau structuré de sociétés écran, utilisées pour fragmenter les transactions, brouiller les pistes et faciliter le blanchiment de fonds illicites. Ce type de montage financier est souvent employé pour rendre les flux d’argent difficiles à tracer et compliquer le travail des autorités de régulation.
Selon les informations, l’ensemble de ce montage financier s’inscrirait dans un schéma d’appropriation frauduleuse estimé à environ 1,2 milliard de dollars américains. Ce système impliquerait des commissions occultes et des pots-de-vin versés à des responsables et intermédiaires proches du régime Maduro.
Les fonds auraient ensuite été transférés à l’international via des juridictions réputées financièrement attractives, avant d’être réinjectés dans l’économie légale sous couvert d’investissements ou de structures corporatives complexes.
La structure au centre de cette affaire est identifiée. Il s’agit de la Global Business Company Worldwide Wealth Management PCC, installé à Port-Louis depuis avril 2022. La société est en liquidation, en vertu de l’Insolvency Act 2009. Nous avons sollicité M. Parmanund Bhojoo, nommé le 19 août 2024 pour gérer cette procédure. En vain : il a indiqué être actuellement en congé.
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