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Reportage

Le Nouvel An se fête les pieds dans le sable

1 janvier 2026, 08:29

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Le Nouvel An se fête les pieds dans le sable

Photos: Aurélio Prudence.

À l’aube de la nouvelle année 2026, les Mauriciens sont nombreux à avoir choisi la plage pour tourner la page de l’ancienne et accueillir la suivante. Sous les tentes improvisées, dans les campements familiaux ou même dans les hôtels avoisinants, un même mot d’ordre domine : être ensemble. À Maurice, pour beaucoup, le passage à la nouvelle année ne se conçoit pas autrement. Les traditions ont la peau dure, et pour certains, rien ne remplace une nuit sous la tente, les pieds dans le sable et le cœur entouré des siens.

Peu importe les caprices de la météo. La pluie, le vent ou les nuages n’ont pas eu raison de la détermination de ces familles venues s’installer dès les derniers jours de décembre. «Tant qu’on est ensemble, le reste passe au second plan», confie l’un d’eux, tout sourire. Depuis quelques jours, la plage d’Albion vibre au rythme des retrouvailles. Le son des djembés et de la ravanne résonne, se mêlant aux éclats de rire. Une odeur de friture flotte dans l’air, rappelant que le partage passe aussi par la cuisine. Le soleil, revenu après un début de semaine pluvieux, a fini par rassurer les plus inquiets, ceux qui craignaient de devoir annuler ou reporter ce moment si attendu.

La plage, un refuge

À Albion, Mélanie () a planté sa tente dès le 30 décembre. Originaire de Camp Créole, elle ne jure que par ces instants en famille. «Passer le réveillon ensemble, c’est ce qui compte le plus. Et tout s’est très bien passé», souligne-t-elle, assise sur une natte, entourée des siens. Déjà, son regard se tourne vers l’avenir. Pour 2026, elle espère un vrai changement. «Il ne suffit pas que le calendrier change. Il faut aussi que les mentalités évoluent.» À ses côtés, son père Fabrice () l’écoute avec émotion. «Elle a beaucoup changé. Elle a traversé des moments difficiles, mais elle est restée debout.» Son vœu est simple : que ceux qui vivent des périodes sombres trouvent la force de persévérer.

Un peu plus loin, Connie César est occupée à nettoyer sa tente. Mère de quatre enfants et grand-mère de six petits-enfants, elle ne cache pas ses rêves. «J’aimerais devenir millionnaire», lance-t-elle en riant. Derrière l’humour, une réalité bien concrète : «C’est la seule façon pour moi de finir de payer ma maison.» Elle espère aussi que les autorités feront un geste sur le coût de la vie. «Il faut penser aux personnes à faibles revenus. Les prix des aliments sont trop élevés.» Rejoindre la famille pour ces quelques jours n’a pas été facile. «On a économisé chaque roupie pour pouvoir venir ici et se détendre un peu.»

Pour Jonathan, habitant de Mont Roches, la plage est également une échappatoire. «Ma maison a beaucoup souffert cette année. Elle coule de partout. Mais je ne pouvais pas rester seul chez moi.» Malgré un temps incertain, il a rejoint sa famille sur le sable. «Il faut bien s’amuser un peu, surtout en début d’année.» À ses côtés, la jeune Kélianna savoure l’instant, consciente pourtant que l’année qui commence sera exigeante. Elle fera bientôt ses premiers pas au collège. «Je sais que je vais devoir travailler dur. C’est avec de bons résultats qu’on peut espérer un bon travail plus tard», confie-t-elle, déjà déterminée.

Non loin de là, Sylvestre (*) surveille l’horizon. Il attend les autres membres de sa famille. «Nous sommes venus en éclaireurs. Les autres arrivent bientôt. Vous allez voir, il y aura plein de tentes ici.» Pour lui, ces rassemblements sont essentiels. «Les amis et la famille, c’est ce qu’il y a de plus important en cette période.» Le séjour pourrait même se prolonger. «On pensait partir dimanche, mais peut-être lundi aussi.»

Habituée des plages, Rolande Hoseny formule des vœux empreints de réalisme. «J’espère surtout que les jeunes Mauriciens pourront trouver du travail.» Elle souhaite également une année avec moins de drames sur les routes. «En cette période de fêtes, il faut redoubler de vigilance. Trop de familles pleurent leurs proches après des accidents.»

Sur le sable chaud, entre musique, rires et confidences, la plage devient bien plus qu’un lieu de détente. Elle se transforme en refuge, en espace de solidarité et d’espérance. Sous les tentes, chacun accueille la nouvelle année avec ses espoirs, ses blessures et ses rêves, convaincu que, malgré les difficultés, être ensemble reste la plus belle des richesses.

WhatsApp Image 2026-01-01 at 12.01.47 PM.jpg Sable blanc, mer turquoise et soleil éclatant : un trio gagnant pour entamer la nouvelle année sous le signe de la convivialité. © Aurélio Prudence

WhatsApp Image 2026-01-01 at 12.02.11 PM.jpg Dès le matin, on s’active autour des marmites et des glacières afin de préparer le repas qui rassemblera la famille en ce premier jour de l’an.

WhatsApp Image 2026-01-01 at 12.02.23 PM.jpg Rolande Hoseny formule un vœu simple mais essentiel : davantage de prudence sur les routes pour épargner des vies en 2026.

WhatsApp Image 2026-01-01 at 12.02.40 PM.jpg Pour de nombreuses familles, comme celle des César, accueillir la nouvelle année à la plage reste une tradition, un moment de partage et une parenthèse face aux difficultés du quotidien.

WhatsApp Image 2026-01-01 at 12.02.52 PM.jpg La jeune Kélianna attend avec impatience son entrée au collège, consciente des défis qui l’attendent.

WhatsApp Image 2026-01-01 at 12.03.02 PM.jpg Malgré les contraintes financières et les aléas de la météo, les Mauriciens se retrouvent sur le sable pour célébrer la nouvelle année en toute simplicité.

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