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Secrétaire du «Mauritius Paralympic Committee»
Hewlett Nelson : «On ne peut compter que sur un budget annuel de Rs 392 000 du gouvernement»
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Secrétaire du «Mauritius Paralympic Committee»
Hewlett Nelson : «On ne peut compter que sur un budget annuel de Rs 392 000 du gouvernement»
Hewlett Nelson, secrétaire du «Mauritius Paralympic Committee».
L’année 2025 aura été celle de tous les défis pour le «Mauritius Paralympic Committee» (MPC). Si le public mauricien s’est émerveillé devant les prouesses de nos para-athlètes lors des Championnats du monde de para-athlétisme à New Delhi, dans les coulisses, la quête de reconnaissance et de moyens se poursuit pour le mouvement paralympique. Hewlett Nelson revient sur les nombreux défis auxquels fait face le MPC.
?Cette année encore, nos para-athlètes mauriciens ont maintenu leur rang en brillant lors des Championnats du monde à New Delhi. Sur le plan sportif, êtes-vous satisfaite des performances réalisées ?
Nous sommes amplement satisfaits des performances de nos para-athlètes à tous les niveaux. Nous avons obtenu notre première médaille aux Jeux paralympiques en 2024, où Maurice était représenté dans pas moins d’une dizaine de finales paralympiques. Douze de nos athlètes d’élite figurent actuellement parmi les meilleurs mondiaux. On ne peut pas demander plus pour une petite île, surtout avec le peu de moyens dont nous disposons. Cela dit, je dois avouer que nous nous attendions à encore mieux. Ce n’est que partie remise.
?À seulement quelques semaines du coup d’envoi de ces Championnats, il fallait encore lever des fonds pour pouvoir envoyer les membres restants de la délégation mauricienne. Pensez-vous que les choses auraient pu mieux se passer au niveau des instances dirigeantes ?
Effectivement, nous avons dû suer sang et eau pour réunir la somme nécessaire au déplacement de la délégation. Vous me donnez d’ailleurs l’occasion de préciser que nous avons toujours une ardoise de près de Rs 200 000 à combler pour boucler le budget. Oui, les choses auraient pu se passer autrement si les autorités mauriciennes comprenaient, une fois pour toutes, que c’est le MPC qui est responsable des athlètes de haut niveau. Nous n’arrivons toujours pas à comprendre pourquoi nous ne pouvons compter que sur un budget annuel de Rs 392 000 du gouvernement.
?Qu’avez-vous ressenti en voyant que, via la plateforme SmallStepMatters, plusieurs athlètes engagés se sont lancés dans des défis sportifs afin de collecter des fonds pour l’équipement des handisportifs ?
Je ne cesserai jamais de remercier SmallStepMatters pour son soutien indéfectible dans cette quête de reconnaissance. C’est une véritable bataille que de trouver le financement nécessaire pour soutenir nos activités et assurer la participation de nos athlètes aux compétitions internationales.
?Avec tout cet engouement autour des performances de nos para-athlètes, le regard de la population a-t-il changé vis-àvis des personnes en situation de handicap ?
Je répondrai par un grand oui. Il y a quelques jours, j’étais au Plaza, à l’arrivée du semi-marathon organisé par le ministère des Sports, et j’ai vu un public enthousiaste et admiratif devant les performances de nos para-sportifs. Il y a une dizaine d’années, on ressentait surtout de la compassion, voire du chagrin, en voyant une «personne paralysée» ou «autrement capable» pratiquer du sport. Aujourd’hui, les performances de Noemi, Anaïs, Yovanni, Brandy, entre autres, ont profondément changé le regard des gens.
?Lors de sa visite plus tôt cette année, le président de l’«International Paralympic Committee» (IPC), Andrew Parsons, a indiqué qu’une restructuration avait été enclenchée et que, très prochainement, chaque discipline serait représentée par une fédération. Le MPC a-t-il déjà commencé à emboîter le pas ?
Nous nous préparons depuis quelque temps à ces importantes restructurations préconisées par l’IPC. Nous sommes prêts à restructurer le mouvement handisport local. Cependant, je dois avouer que nous rencontrons encore de la résistance à certains niveaux de l’administration sportive locale. À ce titre, nous avons travaillé pendant plusieurs mois sur la mise en place d’une fédération de paraathlétisme. Nous sommes toutefois toujours dans l’attente de la reconnaissance du ministère. Ce dossier fera partie de nos priorités pour l’année prochaine.
?Nous sommes à l’aube d’une nouvelle année. Quels seront les projets et les défis qui vous attendent ?
Notre défi majeur pour 2026 sera de qualifier un maximum d’athlètes pour les prochains Jeux paralympiques et d’assurer une participation massive aux Jeux du Commonwealth. Nous mettrons également l’accent sur la deuxième génération, qui compte actuellement une dizaine d’athlètes s’entraînant avec l’équipe A. Il est impératif de trouver davantage de moyens pour mieux les encadrer. Une demande a été formulée en ce sens auprès du ministère de la Jeunesse et des Sports, et nous attendons une réponse positive.
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