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Barbe à papa : ce nuage qui sucre les papilles
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Barbe à papa : ce nuage qui sucre les papilles
Légère, colorée et presque irréelle, la barbe à papa fascine petits et grands depuis des générations. Derrière ce nuage sucré se cache une fabrication simple, mais presque magique. La barbe à papa est fabriquée à l’aide d’un disque rotatif chauffé. Le sucre est d’abord liquéfié, puis projeté à travers de minuscules trous. En refroidissant rapidement au contact de l’air, il se transforme en fins filaments, semblables à du coton, formant cette douceur aérienne que l’on reconnaît entre toutes. Le processus demande patience et savoir-faire, mais le résultat est toujours le même : de légers nuages de sucre coloré qui rappellent l’enfance et éveillent la nostalgie.
Cette gourmandise a été inventée en 1897 par un dentiste américain, avant que la première machine électrique ne soit commercialisée en 1904. Depuis plus d’un siècle, elle fait le bonheur des enfants comme des adultes à travers le monde. À Maurice, les premières machines étaient manuelles. Aujourd’hui, elles sont électriques, mais le pr incipe reste inchangé : transformer du sucre en une douceur filante et colorée.
À Maurice, elle porte un nom bien particulier : kalamindas, qui fait partie intégrante de la culture locale. Il évoque fêtes foraines, souvenirs d’enfance et ces petits plaisirs simples qui marquent les esprits. C’est dans cet univers sucré et chargé de nostalgie que s’inscrit l’histoire d’Arshad Choychun, figure incontournable de la barbe à papa à Grand-Baie. «C’est mon papa qui a commencé, ensuite, j’ai lancé le pop-corn et, peu de temps après, la barbe à papa», raconte-t-il.
À ses débuts, il installe son stand devant les fêtes foraines. Les enfants s’attroupent autour, fascinés par la transformation du sucre en nuages colorés. Très vite, une question revient sans cesse : «Comment faites-vous ça ?» C’est ainsi qu’est née l’idée de se lancer avec sa propre machine à barbe à papa. «C’est normal d’être un peu gêné quand on commence. On apprend sur le tas. Mais avec le temps, on prend de l’expérience et tout devient plus facile», confie-t-il.
La barbe à papa est simplement du sucre blanc et du colorant. À Grand-Baie, le choix est fait d’utiliser uniquement ce qu’il faut pour obtenir des couleurs et des goûts inspirés de fruits. Chaque couleur correspond à une saveur précise : rouge → fraise ; bleu → myrtille ; jaune → banane ; vert → pomme. «Chaque barbe à papa a un goût spécifique», précise Arshad, qui reconnaît toutefois que certains enfants trouvent le goût sucré très prononcé. «C’est vrai qu’il y a beaucoup de sucre. Mais c’est ce qui rend la barbe à papa douce et délicieuse. C’est la magie de ce petit plaisir.»
La fabrication repose sur un disque rotatif chauffé. «Autrefois, on utilisait aussi cette méthode pour faire des caramels ou des sucres filés. Moi, je me servais d’une fourchette pour former la barbe à papa et la déposer dans le bol», se souvient Arshad. Avec le temps, les machines ont évolué, mais le geste reste précis. Chaque mouvement compte pour obtenir cette texture légère et filamenteuse de la barbe à papa. «Quand on sert la barbe à papa, on se souvient de l’enfance. C’est un moment de joie partagé avec les enfants et les clients», souligne-t-il. Alors, la prochaine fois que vous en dégusterez une, souvenez-vous que vous goûtez à plus d’un siècle de tradition sucrée.
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