Publicité

Décryptage

Les Unes qui ont marqué 2025

20 décembre 2025, 09:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

L’émission spéciale Décryptage propose une relecture critique des événements majeurs de 2025 à travers les Unes de l’express. Pendant près d’une heure, le journaliste Stewelderson Casimir s’est entretenu avec le directeur des publications, Nad Sivaramen, autour des choix éditoriaux et des enjeux politiques, économiques et diplomatiques qui ont marqué 2025.

Tout au long de l’émission, Nad Sivaramen est revenu sur le rôle fondamental de Décryptage, rappelant que l’exercice ne se voulait ni militant ni éditorialisant : «Nous sommes là pour expliquer aux gens, qu’il faut qu’on prenne un sujet, qu’il faut qu’on le fasse à la une».

Cette démarche s’inscrit également dans une volonté de transmission. Le directeur des publications a mis en avant la place accordée aux jeunes journalistes au sein de l’émission et de la rédaction : «Nous voulions laisser les jeunes s’exprimer, parce que l’avenir c’est pour les jeunes». Il a également rappelé l’importance de l’encadrement.

La question des Unes a occupé une place centrale dans les échanges. Nad Sivaramen a insisté sur le caractère collectif des décisions éditoriales: «L’express, c’est un travail d’équipe. La Une n’est jamais le fait d’une seule personne».

11.jpg ■ Nad Sivaramen et Stewelderson Casimir ont decrypté les actualités qui ont dominé 2025.

Sur le dossier sensible des Chagos, il a appelé à la prudence en tenant compte du contexte international : «Donald Trump n’a pas dit son dernier mot et cultive des liens avec les conservateurs britanniques sur ce dossier. La partie se joue sans nous à Londres, mais avec un nouveau gouvernement virtuel de Chagossiens...»

«Les images marquent les esprits…»

Abordant les arrestations politiques qui ont marqué l’année, Nad Sivaramen a reconnu leur impact sur l’opinion publique : «Les images marquent les esprits, on ne peut pas le nier», évoquant notamment l’arrestation de l’ex-Premier ministre, Pravind Jugnauth. Abordant les enquêtes de la Financial Crimes Commission (FCC), il a mis en garde contre l’impact sur l’image du pays : «Arrêter un Premier ministre, un ministre des Finances et un gouverneur de la Banque centrale peut poser un problème d’image pour un centre financier international.»

La visite du Premier ministre indien Narendra Modi à Maurice a également été analysée sous l’angle géostratégique : «L’Inde considère l’océan Indien comme stratégique. Maurice est une pièce maîtresse.» Nad Sivaramen, a rappelé que la venue de Modi n’était pas un hasard.

Concernant Agaléga, il a pointé le déficit d’informations sur ce dossier : «C’est resté très opaque et c’est cela qui alimente les interrogations. Quand il n’y a pas de transparence, le doute s’installe.»

22.jpg ■ L’équipe vidéo de «l’express» préparant le dernier numéro de «Décryptage» de cette année ; une émission qui a vu défiler le président de la République, une quinzaine de ministres, le leader de l’opposition et nombre de députés et divers acteurs de la société civile.

Sur la question de la souveraineté, le directeur des publications a mis en avant le rôle de contre-pouvoir de la presse et de la société civile : «C’est à la presse et à la société civile de faire pression pour que le gouvernement respecte ses engagements. La souveraineté ne se défend pas par la peur, mais par la vigilance».

Interrogé sur la réforme des pensions, Nad Sivaramen est revenu sur le malaise social provoqué par le relèvement progressif de l’âge de la retraite à 65 ans, un sujet qui a cristallisé une forte contestation tout au long de l’année. Il a souligné que cette mesure a suscité un mécontentement profond au sein de la population, dans un contexte où de nombreux citoyens ont l’impression de devoir consentir à des sacrifices supplémentaires alors que la situation économique reste tendue. Cette perception d’efforts mal répartis a contribué à nourrir un climat d’incompréhension et de frustration. Sur le fond, une lecture économique est néanmoins avancée, tenant compte du vieillissement de la population, de l’augmentation de l’espérance de vie et du taux d’inactivité, des facteurs qui pèsent sur la soutenabilité du système de pensions.

Nad Sivaramen estime que ces réalités démographiques rendent la réforme difficilement évitable à moyen et long termes. Toutefois, il pointe une faiblesse majeure dans la manière dont la mesure a été introduite et expliquée. L’absence d’un débat préalable clair et d’une pédagogie suffisante aurait fragilisé l’acceptation sociale de la réforme, d’autant qu’elle ne figurait pas explicitement parmi les engagements électoraux. Ce déficit de communication aurait accentué le fossé entre les décideurs et la population, transformant une mesure économique structurelle en un puissant facteur de contestation politique et sociale. Nad Sivaramen a aussi évoqué la complexité des rapports entre Navin Ramgoolam et Paul Bérenger, faits d’alliances fragiles, de divergences méthodologiques et de tensions internes, pesant lourdement sur la stabilité politique.

Publicité