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Financial Crimes Commission
Le mot de la semaine… dernière : «intégrité»
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Financial Crimes Commission
Le mot de la semaine… dernière : «intégrité»
■ De g. à dr. : Johanne Hague, Thulisile Madonsela et Rashid Ahmine, lors de la conversation ouverte au public, à Réduit, le 9 décembre. © Rishi Etwaroo
La Fighting Corruption and other Financial Crimes – Advancing Social Justice. C’est avec ce thème de conversation ouverte au public que la Financial Crimes Commission (FCC) a marqué la Journée internationale contre la corruption du 9 décembre par une conversation publique à son siège au Réduit Triangle. Pour donner le ton d’une semaine nationale de sensibilisation, un slogan volontairement percutant : «Koripsion ? Non, mersi !»
En présence du président de la République, Dharam Gokhool, du Directeur des poursuites publiques (DPP), Rashid Ahmine, et de l’invitée d’honneur, la professeure sud-africaine Thulisile Madonsela, le directeur général par intérim de la FCC, Titrudeo Dawoodarry a ouvert la cérémonie en rappelant l’ampleur des défis auxquels la FCC est confrontée : 2500 enquêtes actives pour un montant estimé à Rs 32 milliards, incluant des avoirs évalués à Rs 9,9 milliards, alors que les ressources humaines de l’institution demeurent limitées. Pour lui, la lutte anticorruption doit être reconstruite sur un socle plus large que l’investigation punitive : «Éduquer les plus jeunes est essentiel si l’on veut vraiment briser le cycle», a-t-il insisté.
Un débat public animé par l’avocate fiscaliste Johanne Hague a suivi, réunissant la professeure Madonsela et le DPP Ahmine. À une question sur la perception selon laquelle les grands fraudeurs parviennent à se défendre grâce aux meilleures équipes juridiques, le Directeur des poursuites publiques a tenu à corriger : «C’est une perception. Ce qui compte réellement, c’est la solidité des preuves. Ce sont les éléments fournis par l’enquête qui déterminent l’issue d’un procès.»
Thulisile Madonsela, Public Protector en Afrique du Sud et figure internationale de la lutte anticorruption, a pour sa part rappelé le lien organique entre corruption et injustice sociale. «La corruption n’est pas seulement un délit. C’est d’abord une injustice sociale. Le corrompu reçoit ce qu’il ne mérite pas, tandis que l’honnête citoyen perd ce qui lui revient.» Elle a évoqué les opportunités perdues, les services publics affaiblis et le sentiment d’exclusion qui découlent de ces dérives : «Quand les plus puissants peuvent contourner la justice et que ceux qui n’ont pas les moyens perdent leurs batailles en cour, le système cesse d’être juste.»
Elle a par ailleurs souligné la nécessité de placer les bonnes personnes aux bons postes et d’utiliser des outils technologiques modernes, citant l’intelligence artificielle ou la blockchain, pour renforcer la transparence. «Il ne suffit pas de réformer le système, encore faut-il y mettre des personnes intègres, compétentes et surtout respectées. Si ceux qui nomment ne respectent pas les institutions, rien ne fonctionne.»
C’est dans ce contexte que l’intervention du président de la République a particulièrement retenu l’attention. «Les petits poissons passent dans les mailles du filet, mais où sont les grands requins ?», a lancé Dharam Gokhool. Selon l’ancien ministre aujourd’hui chef de l’État, cette frustration populaire «menace directement la confiance du public dans nos institutions». Pour lui, les réformes annoncées (création d’une National Crime Agency, cadre légal pour le financement des partis et introduction d’un Ethics and Integrity Commissioner) doivent s’accompagner d’une application «sans peur ni faveur» pour avoir un impact réel. «Quand l’intégrité progresse, la légitimité du gouvernement se renforce. Quand la corruption prospère, l’injustice et les inégalités s’aggravent.»
Les interventions ont fait écho à celles de Laura Jaymungul, directrice de Transparency Mauritius, qui alerte sur l’évolution des pratiques. Selon elle, les petites formes de corruption autrefois banalisées disparaissent progressivement pour laisser place à des crimes financiers d’une tout autre ampleur. Elle regrette l’absence d’une stratégie nationale cohérente et plaide pour un enseignement civique structuré dès le plus jeune âge afin «de transformer durablement les mentalités».
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