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Environnement

Plages en danger : une mission d’échange pour préserver le littoral

16 décembre 2025, 09:00

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Plages en danger : une mission d’échange pour préserver le littoral

■ «Aucune entité ne peut relever seule les défis liés à la préservation du littoral», a maintenu le ministre Rajesh Bhagwan.

Alors que les plages de Maurice et de La Réunion subissent de fortes pressions, une mission d’échange technique s’est tenue du 8 au 12 décembre, réunissant des représentants de l’île sœur, des institutions locales et des organisations non gouvernementales (ONG). Organisée par l’ONG mru2025 et le Conservatoire du Littoral, elle avait pour objectif de partager expériences et bonnes pratiques afin de mieux préserver le littoral.

Un atelier intitulé «Un littoral pour tous : vers un projet de territoire partagé» s’est tenu le 11 décembre au Café du Vieux-Conseil, à Port-Louis, en présence du ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan. Lors de l’ouverture, le ministre a rappelé l’enjeu de la mission : observer les expériences des deux îles et co-concevoir des solutions réalistes répondant aux attentes des communautés. Selon lui, les plages reflètent l’identité et la richesse du pays, constituent un pilier de l’industrie touristique et servent de sanctuaire à la biodiversité.

Maurice compte 145 plages publiques et Rodrigues 12. Plusieurs dépassent leur capacité d’accueil, avec des parkings saturés et des infrastructures limitées. Des conflits surviennent entre ceux qui recherchent la tranquillité et ceux qui viennent s’y divertir. La multiplication des activités nautiques non encadrées accentue la fragilité de certaines zones. Malgré plus de Rs 350 millions investies chaque année par MauriFacilities dans l’entretien de certaines plages, les déchets, notamment alimentaires, attirent rongeurs et chiens errants. L’absence de systèmes d’assainissement conformes dans de nombreuses résidences contribue également à une pollution persistante.

Pour y remédier, le ministère envisage de regrouper l’ensemble des compétences liées au littoral au sein d’une entité unique, capable de planifier et de décider efficacement. Un National Beach Code of Conduct sera instauré, définissant les règles de bonne conduite autour de trois principes : le respect d’autrui, la convivialité et le maintien de la propreté. «Le laisser-faire n’est plus une option», a averti le ministre.

Il a également insisté sur l’importance de la participation citoyenne et de la collaboration avec les ONG : «Aucune entité, qu’il s’agisse du gouvernement, du secteur privé ou de la société civile, ne peut relever ces défis seule.» Parmi les actions concrètes, il a cité la réouverture de la plage de Pomponette après huit ans de litige : «L’accès à cette plage a enfin été restauré, un signal clair que notre littoral appartient à tous les Mauriciens.»

Ces initiatives s’inscrivent dans une démarche plus large de coopération et de planification à long terme. La mission, soutenue par le programme Resilience of Indian Ocean Coastal Zones, vise à formaliser un partenariat entre Maurice et le Conservatoire du Littoral afin d’appuyer la gestion intégrée des zones côtières. Elle ouvre également la réflexion sur la création d’un Sentier du Littoral mauricien, inspiré du modèle français, mais adapté au contexte local et fondé sur une approche participative.

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