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Alerte environnementale

Vagues extrêmes et inondations : La côte en danger

7 décembre 2025, 13:00

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Vagues extrêmes et inondations : La côte en danger

L’augmentation du niveau de la mer suite au réchauffement climatique est le facteur principal des futures submersions côtières.

La publication, en novembre, de l’étude nationale Coastal Risks in Mauritius and Rodrigues – menée par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) et lancée en 2022 avec le soutien financier de l’Agence Française de Développement (AFD) – apporte un éclairage précis sur les menaces qui pèsent sur les zones littorales des deux îles. Les chercheurs y ont simulé les effets combinés des cyclones, des houles, des surcotes et de l’élévation du niveau de la mer pour les périodes actuelles, 2050 et 2100.

L’étude repose sur des bases de données cycloniques distinctes pour chaque île, intégrant plus d’un millier d’événements extrêmes, allant de la tempête tropicale modérée au cyclone très intense. Des simulations régionales de vagues ont permis de définir les caractéristiques des événements centennaux et de modéliser les zones les plus vulnérables, y compris des sites précis tels qu’Anse la Raie, Flic-en-Flac ou encore Port Mathurin.

Les résultats indiquent que la hauteur significative des vagues en mer pourrait atteindre 10 à 11 mètres au sud des deux îles, et jusqu’à 15 à 16 mètres sur les côtes les plus exposées. Dans les zones où un large plateau insulaire protégé par les récifs coralliens amortit la houle – notamment au nord, à l’est et au sud-ouest de Maurice – les vagues se brisent loin du rivage, mais la combinaison houle-vent-surcote génère des niveaux d’eau suffisamment élevés pour provoquer des inondations par submersion.

Actuellement, les niveaux d’eau côtiers dépassent déjà 2,5 mètres dans certains secteurs et pourraient atteindre 3,5 mètres d’ici 2100. Les zones inondables sont aujourd’hui concentrées autour des embouchures de rivières et des plaines côtières basses, recouvertes de marais ou de forêts, notamment à Pointe d’Esny, Vieux Grand Port, Poste Lafayette, Poste de Flacq, Roches Noires et Poudre d’Or. Vers 2100, de nouveaux secteurs urbains, tels que Grand Baie et Mahébourg, pourraient également être submergés.

Sur la côte ouest de Maurice, où le plateau insulaire est plus étroit, les risques d’inondation restent limités aujourd’hui et jusqu’en 2050, mais pourraient devenir significatifs d’ici la fin du siècle, notamment à Port-Louis et Flic-en-Flac, où le centre-ville serait exposé à un débordement direct.

À Rodrigues, les vagues se brisent sur la barrière de corail et les niveaux d’eau les plus élevés se situent au sud de l’île, atteignant jusqu’à 3,6 mètres en 2100, affectant notamment Anse Mourouk, Grand Baie et Port Mathurin.

L’étude souligne que, parmi tous les effets du changement climatique, l’élévation du niveau de la mer constitue le facteur principal des futures submersions côtières, particulièrement à long terme. Les résultats mettent en évidence l’urgence de renforcer la résilience des zones littorales et d’anticiper les impacts pour protéger populations et infrastructures.

Bien que présentée en mai aux parties prenantes, la publication publique du rapport n’a eu lieu qu’en novembre, alors que plusieurs organisations, dont l’ONG Eco-Sud, réclamaient un accès plus transparent aux données.

Après la publication du rapport en novembre, l’ONG Eco-Sud attire l’attention sur les conclusions de l’étude, mettant en avant l’intérêt des cartes qui permettent de visualiser les risques auxquels sont exposées de nombreuses zones littorales du pays. Elle souligne que la région de Poste de Flacq est particulièrement vulnérable, exposée à des risques bien identifiés, notamment l’érosion du littoral, la submersion marine et les effets conjugués du changement climatique et de l’élévation du niveau de la mer.

Les projections pour 2050 et 2100 indiquent que ces menaces, bien que souvent perçues comme lointaines, pourraient se matérialiser dès les prochaines décennies, rendant leur anticipation urgente.

Dans cette optique, l’ONG Eco-Sud appelle aux citoyens, pêcheurs et décideurs publics à se munir de ces données pour soutenir des décisions audacieuses et adaptées aux risques liés au changement climatique. Elle déconseille le recours à des infrastructures lourdes et recommande d’envisager une approche basée sur un recul stratégique du trait de côte, qui permettrait de réduire la pression sur les écosystèmes, de renforcer la résilience de la biodiversité et d’améliorer la capacité d’adaptation aux impacts climatiques sur le long terme.

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