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Meurtre en France

Le combat d’une famille pour rapatrier leur fils tué de 16 coups de couteau

5 décembre 2025, 08:00

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Le combat d’une famille pour rapatrier leur fils tué de 16 coups de couteau

À Bain-des-Dames, la nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre. «Selven inn ale…» Une nouvelle envoyée de La France par un ami, a bouleversé sa famille modeste, mais soudée, qui n’imaginait pas perdre ainsi son cadet.

Mounesh Goburdhan, aussi connu comme Selven, 43 ans, maçon mauricien installé à Saint-Flour. Il rêvait de la vie française depuis des années et il avait été régularisé récemment. Il a été tué le samedi 29 novembre après 16 coups de couteau infligés par un voisin. Un ami qu’il accueillait souvent chez lui. Selon les autorités françaises, c’est le suspect lui-même, un homme de 59 ans, qui a alerté les pompiers. Lorsque les secours sont arrivés dans l’appartement, ils ont découvert Selven sans vie dans son lit. L’agression se serait produite tôt dans la matinée au cours d’une dispute. Le quinquagénaire a ensuite été interpellé en centre-ville.

Selven était le cadet d’une famille de trois enfants. Né et élevé à Bain-des-Dames, dans un foyer modeste où l’on partageait beaucoup d’amour, même quand l’argent venait à manquer. Enfant souriant, adolescent travailleur, adulte déterminé, le quadragénaire cumulait des travaux de maçonnerie et de tombalisme à Maurice avant d’entamer des procédures pour s’envoler vers l’Europe. Il avait choisi de partir travailler en France pour aider les siens et améliorer leur quotidien. Depuis des années, il rêvait de vivre en France légalement. En début d’année, il avait finalement eu ses papiers. Une nouvelle vie commençait pour lui.

Depuis plusieurs semaines, Selven parlait d’un seul projet. Celui de rentrer à Maurice pour les vacances. Il avait déjà préparé ses valises. Dans son appartement de SaintFlour, tout indiquait un départ imminent. Il devait prendre l’avion jeudi soir et arriver vendredi pour l’anniversaire de son petit frère. Il comptait rentrer en France en février, juste après avoir participé au Cavadee. Ce retour, qu’ils attendaient tous avec émotion, a été brutalement remplacé par une tragédie qui a plongé tout Bain-des-Dames dans le deuil.

L’annonce de sa mort est d’abord arrivée par un ami en France. Dès le lendemain, les proches à Maurice ont entamé les démarches – mais très vite, ils ont été confrontés à un véritable parcours du combattant. Dimanche, ils ont commencé à contacter les autorités, sans succès. Lundi, ils se sont rendus à l’ambassade de France à Moka : «Pran kontak ek lanbasad Moris laba Lafrans», leur a-t-on répondu. Aux Casernes centrales, on les a renvoyés vers le ministère des Affaires étrangères. Là, un fonctionnaire les a reçus, a promis de chercher l’acte de décès et de les rappeler.

Mais jusqu’à l’heure, personne n’aurait repris contact avec eux, explique Paul, son frère cadet. C’est finalement en France qu’ils sont parvenus à trouver une aide concrète. Ils ont réussi à joindre les autorités locales et obtenu un interlocuteur chargé de faire le lien avec eux. Grâce à cette démarche, ils ont enfin pu obtenir l’acte de décès. Mais la famille déplore le fait que jusqu’à maintenant, ils n’ont pas eu de soutien des autorités mauriciennes ni un appel de l’autorité française pour les informer de la situation.

À Maurice, les proches de Selven affrontent un double choc : la perte de leur enfant et la course contre la montre pour rapatrier son corps. Les pompes funèbres contactées en France ont réclamé des montants exorbitants, hors de portée pour cette famille modeste. Finalement, une société funéraire mauricienne leur a proposé une prise en charge complète, mais le coût reste très élevé : Rs 250 000.

La famille tente aujourd’hui de réunir cette somme pour offrir à Selven un dernier hommage digne. «Nou le zis fer so lamor kot so dimounn parmi bann ki ti kontan li», confie son père, Raja. À Bain-desDames, la maison familiale ne désemplit pas. Chacun vient soutenir la mère éplorée, les deux frères qui tentent de rester forts et tous ceux qui attendent une seule chose : que Selven revienne chez lui. Là où il aurait dû rentrer… vivant.

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