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Éducation

Post-NCE : une cuvée stable, des progrès visibles et des défis persistants

4 décembre 2025, 12:15

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Post-NCE : une cuvée stable, des progrès visibles et des défis persistants

Les résultats du National Certificate of Education (NCE) 2025 ont livré un bilan contrasté mais encourageant pour l’ensemble de la République. Cette année, 15047 candidats se sont présentés aux examens à Maurice, Rodrigues et Agaléga, confirmant la stabilité du système malgré les défis récents. À Maurice uniquement,6789 garçonsont pris part aux épreuves, enregistrant un taux de réussite de 67,85 %, en hausse par rapport aux 66,02 %de l’an dernier. Les 7443 filles, traditionnellement en tête, affichent un taux de 74,18 %, légèrement supérieur aux 74,02 %de 2024.

Pour Yugeshwur Kisto, président de la Government Secondary School Teachers’ Union (GSSTU), ces chiffres témoignent d’une performance «honorable», compte tenu du contexte dans lequel ces élèves ont évolué depuis la pandémie. «Le taux de réussite global de 70,43 % pour la République démontre une résilience certaine du système éducatif.» Avec 10598 élèves ayant obtenu leur NCE avec le NQF Level 2, ces résultats «reflètent l’engagement de nos jeunes et le travail soutenu des enseignants».

Plusieurs éléments positifs méritent d’être mis en avant. Le taux de réussite mauricien de 71,16 % montre que la majorité des élèves franchissent cette étape décisive de leur scolarité. Les performances des filles, à 74,18 %, demeurent particulièrement solides, tandis que les garçons maintiennent un niveau jugé «acceptable». Au total, 10127 élèves à Mauriceont obtenu leur certification, une «masse critique» de jeunes prêts à poursuivre leur formation ou à entrer sur le marché du travail.

«Si les résultats globaux restent encourageants, certaines zones d’ombre subsistent. Le taux d’absentéisme – 393 absents sur 14625 inscrits à Maurice – reste relativement bas, mais représente tout de même 2,7 % d’élèves qui n’ont pas pu se présenter aux épreuves. Pour le syndicat, c’est un signal d’alerte : il faut comprendre les raisons de ces absences, souvent liées à des situations sociales fragiles.»

Beaucoup plus préoccupant : les performances duGrade 9+, programme censé offrir une seconde chance aux élèves n’ayant pas réussi leur NCE. Avec un taux de réussite de 5,6 %, le dispositif est clairement en difficulté. «Nous devons revoir l’approche pédagogique pour ce public particulier», insiste Yugeshwur Kisto, appelant à un accompagnement plus spécialisé.

Capitaliser sur les acquis, corriger les faiblesses

Pour Yugeshwur Kisto, l’heure n’est pas à la révolution, mais à l’ajustement stratégique. La GSSTU formule plusieurs recommandations, dont encourager le partage des bonnes pratiques entre collèges performants et collèges en difficulté. Également comprendre l’écart persistant entre garçons et filles, et adapter les méthodes pédagogiques pour mieux accompagner les élèves les plus vulnérables. Et valoriser le travail des enseignants, dont le dévouement quotidien reste l’un des piliers silencieux du système éducatif. Le syndicat félicite l’ensemble des élèves – qu’ils aient réussi ou non – estimant que «chaque parcours mérite d’être reconnu».

Du côté de l’Union des recteurs et des assistants-recteurs, le président Vikash Ramdonee reconnaît lui aussi une «légère amélioration» mais refuse tout triomphalisme. «Il ne faut pas minimiser les presque 30 % d’échec.» Le ministère doit désormais identifier les régions et les établissements les plus affectés et mettre en place des stratégies ciblées pour redresser la situation. «Un pourcent de progrès ne suffit pas : il faut changer la donne.»

Il pointe également des manques d’enseignants dans certaines matières, un facteur ayant pu affecter les performances. «Il faut envoyer des signaux, proposer des formations, revoir des stratégies.»

Interrogé sur les tendances par matières, Vikash Ramdonee se réjouit du succès du Kreol Morisien, qui affiche des résultats nettement meilleurs que les langues orientales. «Il y a une constance remarquable dans cette matière. Peut-être faut-il envisager une standardisation de ces papiers nationaux et partager la recette avec d’autres matières.»

À l’inverse, les mathématiques demeurent l’un des points les plus sensibles du système. Le syndicat estime qu’il faut repenser la méthode d’enseignement. « Nous devons trouver un juste milieu entre le primaire et le secondaire.» Il appelle ainsi le Mauritius Institute of Education (MIE) et le Mauritius Examinations Syndicate (MES) à organiser des ateliers réunissant enseignants du primaire et du secondaire afin de bâtir une approche cohérente et adaptée.

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