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Compensation salariale

Inflation, CSG et rémunération : Les syndicats exigent une vraie négociation

26 novembre 2025, 13:00

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Inflation, CSG et rémunération : Les syndicats exigent une vraie négociation

Les discussions tripartites, qui débutent aujourd’hui, sur la compensation salariale 2026 s’annoncent cruciales. L’inquiétude monte ainsi au sein de la classe travailleuse. Parmi eux, trois syndicats – la National Trade Union Confederation (NTUC), la Confédération des travailleurs du secteur public et privé (CTSP) et la General Workers Federation (GWF) – entrent dans l’arène, chacun avec ses chiffres, son analyse mais avec un message commun :«le pays ne peut plus se permettre une compensation symbolique».

La NTUC a dévoilé ses calculs dans une note à ses membres le 19 novembre dernier. S’appuyant sur les données du Household Budget Survey, la confédération estime que la dépense moyenne mensuelle des ménages atteindra Rs 43 053 en 2025. En appliquant l’inflation estimée de 4,3 %, elle propose une compensation de Rs 1 851. Une deuxième méthode, fondée sur le seuil de pauvreté, mène à un autre chiffre : Rs 1 678. La NTUC fait la moyenne des deux approches et retient une proposition finale : Rs 1 764. Cette compensation, selon elle, permettrait tout juste de préserver le pouvoir d’achat des ménages, déjà fragilisé par la hausse continue des prix.

Pour la CTSP, la situation est encore plus critique. Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo rappellent que 70 % des travailleurs mauriciens perçoivent un salaire proche du minimum, dans un contexte où les dépenses d’un ménage type pourraient atteindre Rs 45 030 en décembre 2025. Sur cette base, la CTSP calcule : un Living Wage individuel de Rs 32 165, une compensation de Rs 1 222, et un salaire minimum révisé à Rs 22 515. Mais, consciente de l’impact sur les petites entreprises, elle avance un chiffre plus modéré mais ferme : Rs 855 de compensation.

Contexte explosif : prix en hausse, paies stagnantes

Le point de tension majeur reste toutefois la politique gouvernementale pour la CSG Allowance, progressivement supprimée jusqu’en 2028. Pour les travailleurs gagnant moins de Rs 30 000, toute compensation est automatiquement absorbée par la réduction équivalente de la CSG. Résultat : une perte réelle de Rs 1 555 depuis 2024, affirme la CTSP. «Cette situation appauvrit les travailleurs les plus vulnérables. Le gouvernement doit cesser de déduire la compensation de la CSG», martèle-t-elle.

Du côté de la GWF, le ton est tout aussi prudent, mais déterminé. Son négociateur militant,Ashvin Gudday, insiste sur la nécessité d’un dialogue tripartite authentique : «Les tripartites réunissent le patronat, le gouvernement et les syndicats, selon une convention ratifiée auprès de l’OIT. En principe, chacun apporte ses chiffres et le ministre tranche. Mais avant d’avancer un chiffre, nous analysons plusieurs facteurs – inflation, panier de la ménagère, coût réel de la vie.» Le syndicaliste met en garde contre les discussions expéditives. Selon lui, la situation exige une négociation de fond, notamment du ministère du Travail.

Ashvin Gudday souligne aussi que la politique gouvernementale – Rs 2 milliards injectées pour stabiliser les prix – n’a produit aucun effet tangible sur la vie quotidienne. «La cherté de la vie est toujours là. Les médicaments coûtent plus cher, l’alimentation aussi. Et la suppression progressive de la CSG pénalise encore davantage ceux qui travaillent.» La GWF dit attendre les chiffres définitifs qui seront présentés lors de la réunion de mercredi avec le ministre. Toutefois, elle avance déjà une estimation : une compensation de Rs 1 200 pour préserver la dignité des travailleurs.

Toutes les organisations syndicales s’accordent sur un constat : les familles n’arrivent plus à suivre la cadence. Entre l’alimentation, les frais de santé, le transport, l’éducation et les loyers, les dépenses essentielles absorbent une part croissante du revenu. Les Rs 2 milliards injectées dans le Stabilizing Fund n’ont pas permis de freiner la hausse des prix, selon la CTSP et la GWF. Le gouvernement est critiqué pour avoir utilisé ces fonds comme soutien au secteur privé plutôt que comme outil de régulation en important des produits pour réduire les prix.

Dans ce contexte, la compensation salariale devient plus qu’un mécanisme technique ; c’est un enjeu social majeur susceptible d’influencer la stabilité du pays. Pour les syndicats, le moment est venu d’obtenir un ajustement qui reflète véritablement le coût de la vie. Pour le gouvernement, l’enjeu sera d’éviter une crise sociale tout en ménageant l’équilibre économique. Une chose est sûre : l’attente est immense et la compensation salariale 2025 pourrait bien devenir l’un des dossiers les plus explosifs de l’année.

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