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Mamy Ravatomanga dans la presse
Le magnat malgache déchu croqué par «Le Monde»
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Mamy Ravatomanga dans la presse
Le magnat malgache déchu croqué par «Le Monde»
Le feuilleton Mamy Ravatomanga fait couler de l’encre au-delà de Maurice. Dans un article publié mercredi sur LeMonde.fr, rubrique Afrique, Laurence Caramel dresse un portrait du magnat malgache, né en 1968 à Morondava, sans études supérieures, dans le viseur de la justice mauricienne et du FBI pour blanchiment d’argent, notamment.
L’auteure de l’article en profite pour récapituler toute l’affaire, dont l’express vous tient régulièrement informés dans ces colonnes.
Ainsi, le quotidien français date le début de la débâcle de l’homme d’affaires malgache de 57 ans – surnommé «Pierre bleue» ou «Pablo» en raison de sa réputation sulfureuse – à son arrestation à Maurice le 24 octobre, après sa fuite d’Antananarivo le 12 octobre, deux jours avant que le régime ne s’effondre sous la pression d’un soulèvement populaire.
Le Monde souligne que les autorités mauriciennes n’ont pas apprécié l’atterrissage en force de son jet privé dans la nuit du 12 octobre, donnant du pays l’image d’un hub de la délinquance économique régionale. Image «dont le pays cherche à se débarrasser».
?Enquête pour blanchiment : Maurice en première ligne
Sont mentionnés dans l’article les ressorts de l’enquête ouverte par la FCC sur la base de «renseignements crédibles indiquant que M.Ravatomanga avait transféré une forte somme d’argent de Madagascar à Maurice avec l’intention de déplacer ces mêmes fonds vers une autre juridiction et de quitter le territoire».
Le gel des avoirs de ses comptes mauriciens – 7,3 milliards de roupies (138 millions d’euros) –, les arrestations connexes de David Jean Christian Thomas et Junaid Fakim, le rappel des sphères d’influence de SODIAT et l’itinéraire de Mamy, de tribunaux en établissements de santé divers en passant par la case détention, sont passés en revue par le média français, qui précise que «le suspect, entré dans une clinique privée quelques jours après son arrivée sur l’île, impos[ant] son rythme aux agents de la FCC» et que l’état de santé du magnat «ne facilite pas l’avancée de cette enquête au retentissement international».
Car l’enquête a rapidement pris une dimension internationale : le FBI s’y est associé en raison de multiples soupçons, notamment le rôle de Ravatomanga dans la livraison controversée de cinq Boeing 777 à la compagnie iranienne Mahan Air, en violation de l’embargo américain.
?Trafics et acquisitions immobilières suspectes
Le Monde rappelle que Ravatomanga est aussi cité dans une série de dossiers sensibles déjà documentés par la justice française et les ONG anticorruption :
Pêle-mêle, le trafic de bois de rose vers la Chine en 2012 impliquant Sodiatrans et Mainland Mining Ltd ; les acquisitions immobilières suspectes en France, notamment à Levallois-Perret, ancien fief de Patrick Balkany ; l’entente monopolistique sur l’exportation des litchis vers la France, dénoncée par Transparency International Madagascar ; et le détournement de subventions publiques dans le cadre de la réhabilitation du réseau ferroviaire malgache (Madarail).
?Un réseau tentaculaire
Laurence Caramel cite des témoins selon lesquels Ravatomanga a longtemps contrôlé des pans entiers de l’État malgache : justice, police, douanes, impôts. «Tel une hydre, il a placé ses hommes, ce qui le rendait intouchable», lui confie l’un d’eux.
Le portrait de Le Monde retrace «l’irrépressible ascension» du patron du groupe Sodiat, conglomérat actif dans le transport, l’immobilier, l’import-export, l’audiovisuel, le tourisme, la santé et l’aviation civile. Grâce à ses relais politiques, il a décroché des contrats stratégiques dans le transport de carburant, posant les bases d’une fortune qui ne cessera de croître. À partir de 2009, après la chute de Marc Ravalomanana orchestrée avec le soutien d’Andry Rajoelina – aujourd’hui en exil à Dubaï–, Ravatomanga devient le conseiller occulte du nouveau pouvoir de transition, puis son financier incontournable.
?De la toute-puissance à l’humiliation publique
Laurence Caramel raconte que «la population avait été habituée à ne le voir se déplacer qu’entouré de ses gardes du corps dans un 4×4 blindé, costumes parfaitement coupés, avec l’air de celui qui n’a plus rien à prouver. Le voilà en homme diminué sur les clichés volés des photographes, allongé sur le brancard d’une ambulance, tête enfoncée dans une casquette sombre, masque chirurgical lui barrant le visage».
La chute est brutale et c’en est fini de la discrétion avec laquelle opérait l’homme fort, qui recevait ministres et hauts fonctionnaires dans son bureau privé au 9e étage de la Villa Pradon, ou au «club du golf», enclave de luxe où se réunissait son cercle rapproché.
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