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Droit du travail

Six Bangladaises dénoncent des mois de lenteurs administratives et d’incertitudes

22 novembre 2025, 13:30

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Six Bangladaises dénoncent des mois de lenteurs administratives et d’incertitudes

■ Les six travailleuses bangladaises réclament désormais leur rapatriement : un cri de détresse relayé par la CTSP auprès des autorités.

Dans une lettre adressée au ministère du Travail, la Confédération des travailleurs du secteur privé et public (CTSP) expose une situation jugée «urgente et intolérable» concernant six travailleuses employées comme Machine Operators au sein d’une usine située dans la zone industrielle de Phoenix.

Originaires du Bangladesh, ces femmes vivent depuis des mois dans une spirale d’incertitudes administratives, de pressions financières et de non-respect flagrant de la législation du travail.

Selon la CTSP, leurs permis de travail ont expiré depuis environ sept mois. L’employeur affirme avoir soumis les demandes de renouvellement via le portail de l’Economic Development Board (EDB). Mais, à ce jour, aucune des travailleuses n’a reçu de document officiel attestant d’une prolongation. «Cette attente interminable les maintient dans une vulnérabilité extrême, avec la peur constante de se retrouver en situation irrégulière malgré le respect de leurs obligations», souligne la lettre.

À cette fragilité administrative s’ajoutent des pratiques financières préoccupantes. L’employeur aurait exigé de chaque travailleuse le paiement de Rs 700 pour le renouvellement du permis, puis une seconde somme de Rs 5 000, le tout sans reçu ni justification claire. Pour la CTSP, la demande de ces frais, normalement à la charge de l’employeur, pourraient constituer une infraction à l’Employment of Non-Citizens (Restriction) Act. Et la liste des griefs s’allonge : salaires versés en retard – souvent après le 10 du mois, en violation de la Workers’ Rights Act –, heures supplémentaires mal rémunérées, absence de registres horaires fiables, non-octroi de congés annuels et absence de compensation pour les jours accumulés. Autant de manquements qui, selon la CTSP, s’apparentent à des violations systématiques des droits fondamentaux des travailleurs.

Pire, les expatriées n’auraient pas bénéficié d’aides publiques, telles que l’allocation CSG Income Allowance. Une situation qui soulève de nouvelles interrogations : ont-elles été déclarées correctement ? L’employeur a-t-il rempli ses obligations envers les autorités ? La CTSP demande ainsi au ministère du Travail d’ordonner une inspection immédiate auprès de cette compagnie, d’engager un dialogue avec l’EDB et le Passport & Immigration Office pour clarifier le statut des permis, d’enquêter sur les collectes d’argent non justifiées et d’assurer la pleine application de la loi.

Dans un dernier échange avec le syndicat, les travailleuses ont confié que leur employeur les aurait menacées et tenté de leur faire porter la responsabilité de cette situation. «Pourquoi avoir contacté le ministère ?», leur aurait-il reproché, tout en promettant subitement de renouveler leurs permis. Un retournement perçu comme une tentative d’intimidation par les intéressées.

Aujourd’hui, rongées par la peur, l’épuisement et le découragement face à une situation sans issue, les six expatriées expriment un souhait clair : elles ne veulent plus retourner chez leur employeur et demandent à pouvoir rentrer au Bangladesh.

Entre procédures administratives opaques, abus présumés et détresse humaine, leur situation appelle une intervention rapide et décisive des autorités. Pour la CTSP, il y a urgence à protéger ces femmes «avant que l’irréparable ne se produise».

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