Publicité

En concert

Ladysmith Black Mambazo: Joie de vivre et résilience d’Afrique du Sud

10 novembre 2025, 17:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Ladysmith Black Mambazo: Joie de vivre et résilience d’Afrique du Sud

En première partie : prestations de The Select Singers, l’Island Voices et le Children’s Rainbow Choir.

Sur scène, neuf silhouettes en mouvement. Chemises rouges, chaussettes assorties. Neuf voix masculines qui s’élèvent, s’entrelacent, s’accordent avec une précision mathématique, quasi mystique. C’était samedi soir, lors de l’unique concert de Ladysmith Black Mambazo au centre de conférences à Pailles. Une production d’Immedia.

Avant tout, un hommage : celui rendu à Joseph Shabalala, fondateur de Ladysmith Black Mambazo, disparu, mais omniprésent. Fondé en 1960, le groupe a traversé le temps en chérissant son héritage : porter la voix des travailleurs. Leurs douleurs, leurs amours. Leur vie difficile dans un pays éprouvé. Jusqu’à devenir le porte-drapeau d’un peuple, d’un pays, l’Afrique du Sud.
lexp - 2025-11-10T194344.528.jpg En première partie : prestations de The Select Singers, l’Island Voices et le Children’s Rainbow Choir.

Samedi soir, deux des frères Shabalala ont perpétué cette aventure familiale et musicale, se relayant sur le devant de la scène avec ferveur et un brin de moquerie fraternelle. Ce n’est pas tous les soirs qu’un groupe ayant gagné cinq Grammy Awards au cours de sa carrière, se produit à Pailles. Il semble dommage que ce concert n’a pas fait salle comble.
lexp - 2025-11-10T194441.474.jpg

Qu’à cela ne tienne, l’envoûtement a opéré. Il y avait dans l’harmonie de ces voix masculines quelque chose de l’ordre de l’incantation. Un souffle qui emplissait l’espace. À la seule force de leurs voix, les chanteurs nous ont emportés dans leur monde. Pas besoin d’instruments : leurs timbres, parfaitement alignés, ont fait office de grand orchestre. Leurs chants s’accompagnant de gestes: des sauts, des pas synchronisés, des coups de pied vifs dont la rapidité d’exécution, comme sans effort, force l’admiration. Il y avait comme une ombre qui planait. Celle de vaillants guerriers, forts et agiles.

Et puis il y a la langue. Le zoulou, avec ses consonnes claquantes, ses clics qu’on guette comme un secret murmuré. On tend l’oreille, captivé par cette musicalité étrangement familière. Peu à peu, les voix deviennent paysages : on croit entendre le vent dans les herbes hautes, le bruissement des arbres, les sifflements d’oiseaux. La voix de basse semble sortir des entrailles de la terre africaine, comme pour rappeler d’où viennent cette musique et la destination où elle nous entraîne. Ladysmith Black Mambazo ne donne pas seulement un concert : il offre une traversée, un voyage vers l’âme d’un peuple.

Publicité