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Psoriasis
Une maladie visible mais encore mal comprise
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Psoriasis
Une maladie visible mais encore mal comprise
La dermatologue Sillani Caulloo-Permala précise que le psoriasis n’est pas contagieux.
Rougeurs, démangeaisons, plaques épaisses… dès les premiers signes, le psoriasis attire l’attention. Pourtant, derrière ces symptômes visibles se cache une maladie complexe, souvent mal comprise. La dermatologue Sillani Caulloo-Permala explique qu’il s’agit d’un dérèglement du système immunitaire qui accélère le renouvellement des cellules de la peau, provoquant des lésions persistantes et alternant poussées et rémissions tout au long de la vie. La question a d’ailleurs été mise en avant lors de la Journée mondiale du psoriasis, célébrée le 29 octobre, pour rappeler que cette affection ne se limite pas à un simple problème de peau.
Le psoriasis peut se manifester de plusieurs façons. Elle précise que la forme la plus fréquente, le psoriasis en plaques, touche environ 80 % des patients et apparaît sur les coudes, les genoux ou le bas du dos. Le psoriasis en gouttes, souvent déclenché après une infection ou un traumatisme, se traduit par de petites taches rouges sur le torse et les membres.
Par ailleurs, certaines formes plus rares, comme le psoriasis érythrodermique ou pustuleux, peuvent recouvrir presque tout le corps et s’accompagner de symptômes graves, comme la fièvre. La spécialiste ajoute que le cuir chevelu, les plis cutanés ou les ongles sont souvent confondus avec d’autres affections.
Plusieurs facteurs peuvent déclencher ou aggraver la maladie. Selon elle, le stress, qu’il soit familial, social ou professionnel, figure parmi les principaux. En outre, infections, traumatismes cutanés, interventions chirurgicales, certains médicaments, tabac, alcool ou climat peuvent également provoquer des poussées. La génétique joue aussi un rôle important dans la susceptibilité à la maladie.
Le psoriasis ne touche pas que la peau. Elle indique que, dans certains cas, il s’accompagne d’une atteinte articulaire, appelée arthrite psoriasique, qui apparaît souvent après les symptômes cutanés et nécessite un suivi conjoint par dermatologue et rhumatologue. De plus, des études montrent des liens avec certaines maladies métaboliques, cardiovasculaires ou auto-immunes, exposant les patients à un risque accru de diabète, d’hypertension ou de troubles cardiaques.
L’impact psychologique est réel. La spécialiste souligne que les plaques visibles attirent souvent le regard des autres et, de ce fait, peuvent provoquer anxiété, isolement et, dans les formes étendues, dépression. Elle rappelle aussi que la stigmatisation reste un défi : le psoriasis n’est pas contagieux, mais les préjugés persistent. Ainsi, sensibiliser le public, former les employeurs et accompagner psychologiquement les patients sont essentiels pour leur permettre de mieux vivre avec la maladie.
Aucun traitement ne guérit le psoriasis, mais plusieurs options permettent de le contrôler. Elle explique que les soins locaux hydratent la peau et réduisent l’inflammation, tandis que les immunomodulateurs, les rétinoïdes ou les biothérapies sont réservés aux formes sévères et adaptés à l’âge, au type de psoriasis et aux maladies associées.
La spécialiste insiste sur le rôle du mode de vie : limiter alcool et tabac, manger équilibré, faire de l’exercice, dormir suffisamment et gérer le stress par la méditation ou le yoga contribuent à réduire les poussées. Il est également important de consulter rapidement un spécialiste dès l’apparition de lésions suspectes, car un traitement inadapté ou l’automédication peuvent aggraver la situation.
Enfin, elle conclut que vivre avec le psoriasis demande une approche complète, médicale, sociale et éducative, pour améliorer le quotidien des patients et réduire la stigmatisation autour de cette maladie.
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