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Changement climatique
La COP30 décisive pour les dix prochaines années
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Changement climatique
La COP30 décisive pour les dix prochaines années
Une cinquantaine de chefs d'État seulement ont répondu à l'invitation du président brésilien Lula, hôte de la COP30 à Bélem, Brésil
La 30ᵉ Conférence des Parties (COP30), qui débute ce lundi 10 novembre à Belém, au Brésil, marque le début d’une décennie décisive dans la lutte contre le changement climatique. Les dix prochaines années s’avèreront cruciales pour limiter le réchauffement planétaire et éviter des impacts irréversibles.
Ce rendez-vous, qui se poursuivra jusqu’au 21 novembre, intervient dans un contexte de tensions géopolitiques – guerres, différends commerciaux et visions divergentes sur l’avenir du système énergétique mondial – et de records de chaleur mondiaux, où la coopération internationale est indispensable. La planète a enregistré deux années consécutives de températures record et les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter.
Durant cet événement plusieurs questions majeures seront abordées, notamment la réduction des émissions de carbone, la protection des forêts tropicales, le financement de l’adaptation pour les pays vulnérables ainsi que le renforcement des systèmes d’alerte précoce face aux catastrophes climatiques. L’enjeu est d’autant plus important, car malgré les engagements pris ces dernières années, le monde reste sur une trajectoire de réchauffement supérieure à 2 °C d’ici la fin du siècle, bien audelà de la limite de 1,5 °C fixée par l’Accord de Paris en 2015.
Sans cet accord, le réchauffement aurait pu atteindre 3 à 3,5 °C. Aujourd’hui, la trajectoire se situe plutôt entre 2,3 et 2,5 °C, ce qui pourrait néanmoins avoir des conséquences dévastatrices pour des milliards de personnes. La COP30 se présente ainsi comme un moment clé pour transformer les engagements en actions concrètes – accélérer la réduction des émissions, particulièrement dans les secteurs les plus polluants, tels que l’énergie, les transports et l’industrie – afin d’éviter un dépassement trop important.
Comme lors des précédentes conférences, la COP30 mettra l’accent sur la protection des populations face aux effets du changement climatique, tels que les phénomènes météorologiques extrêmes et la montée du niveau de la mer. Les pays en développement auront besoin de plus de 310 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour s’adapter, mais ne disposent actuellement que d’une fraction de ce montant alors que chaque sou investi dans des systèmes d’alerte précoce peut permettre d’éviter jusqu’à 15 milliards de dollars de pertes.
Le financement climatique constitue ainsi un enjeu majeur. Dans ce contexte, avant que la COP30 ne démarre, l’Azerbaïdjan, hôte de la COP29, et le Brésil ont présenté une feuille de route visant à mobiliser 1,3 milliard de dollars par an pour soutenir les pays en développement d’ici 2035. Par ailleurs, les pays développés sont appelés à mettre en place des mécanismes capables de transformer les promesses de financement en flux concrets. La conférence devra également fixer un nouvel objectif mondial crédible pour le financement de l’adaptation, alors que l’engagement de Glasgow arrive à échéance cette année.
La COP30 se penchera également sur la manière de rendre la transition énergétique équitable et inclusive. Si le passage aux énergies renouvelables offre des avantages économiques majeurs, tels qu’une électricité moins coûteuse, la création d’emplois et la protection face aux fluctuations des marchés fossiles, il est crucial que les populations vulnérables et les travailleurs des secteurs à forte émission ne soient pas laissés pour compte. La conférence devrait adopter un mécanisme dédié, le Belém Action Mechanism for Just Transition, qui vise à intégrer la dimension sociale dans les plans nationaux et sectoriels.
Plusieurs initiatives innovantes pour lutter contre le changement climatique seraient aussi mises en œuvre. Le programme Beat the Heat, dirigé par le Brésil et la Cool Coalition du PNUE, apporte des solutions locales face aux vagues de chaleur, comme les toits réfléchissants, les espaces verts urbains et les systèmes d’alerte précoce. Le projet Bairro do Mutirão illustre l’usage de designs intelligents et de systèmes circulaires pour rafraîchir, protéger et connecter les communautés. Le Food Waste Breakthrough vise à réduire de moitié le gaspillage alimentaire et jusqu’à 7 % des émissions mondiales de méthane. De plus, la Tropical Forest Forever Facility finance la préservation des forêts tropicales grâce à des mécanismes combinant fonds publics et privés, protégeant ainsi la biodiversité et les communautés locales.
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