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Affaire Ravatomanga

L’homme d’affaires admis à l’ICU de l’hôpital Jeetoo

7 novembre 2025, 08:00

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L’homme d’affaires admis à l’ICU de l’hôpital Jeetoo

(Photo : © Kiranchand Sookrah)

La comparution de Mamy Ravatomanga (photo) devant le magistrat Prashant Bissoon, hier, s’est transformée en une audience dense où procédure, constitutionnalité et urgence médicale ont fini par se télescoper. Hospitalisé depuis le 18 octobre, le Malgache a été admis à l’unité des soins intensifs (ICU) de l’hôpital Jeetoo, ce jeudi, à l’issue de l’audience.

Dès le début, hier Mᵉ Siddharta Hawoldar a présenté une motion en trois volets visant à radier la charge provisoire. Il a soutenu que l’arrestation du 24 octobre était illégale et contraire à l’article 5(1) de la Constitution, en raison de l’absence de «reasonable suspicion». Il a ajouté que depuis cette date, aucune preuve admissible ou crédible n’a été communiquée et que la FCC n’a réalisé «aucun progrès substantiel» pour justifier la charge. L’avocat a aussi mis en cause l’incompétence alléguée de la commission pour enquêter des infractions du Code pénal, les conflits d’intérêts lorsqu’elle enquête sur son propre personnel, ainsi que la légitimité du directeur général par intérim qui agirait, selon lui, ultra vires.

Le débat s’est ensuite déplacé vers l’état de santé du prévenu, hospitalisé depuis le 18 octobre et autorisé à comparaître ou être interrogé seulement quatre heures sous supervision médicale. Le magistrat a exigé la présence du cardiologue traitant, le médecin initial présent ne pouvant répondre à ses interrogations. Après une suspension, le Dr Yearoo est arrivé en cour. Il a décrit une ischémie cardiaque évolutive, un risque constant de spasme coronarien pouvant provoquer une occlusion «à tout moment», un traitement intensif et une situation «non-stabilisée», aggravée par le stress.

Malgré ces précisions, le magistrat Bissoon a ordonné que l’accusé soit placé en détention policière jusqu’au 13 novembre, au Moka Detention Centre. Cependant, à la levée de l’audience, Ravatomanga n’a pas été conduit en cellule : il a été transféré à l’hôpital Jeetoo, à Port-Louis, pour une évaluation complète. Des images le montrent entrer dans l’institution publique en fauteil roulant. Les médecins ont conclu qu’il nécessitait une période d’observation. Il a été admis à l’ICU de l’établissement hospitalier.

À l’heure où nous mettions sous presse, les avocats de Mamy Ravatomanga souhaitaient qu’il soit transféré à nouveau vers la Premium Care Clinic, où il était suivi depuis plusieurs jours, au lieu d’être admis à l’hôpital Jeetoo. Sa demande faisait toutefois face à une forte résistance, les autorités estimant qu’un déplacement ne pouvait avoir lieu avant un avis médical définitif de Jeetoo.

L’exécution de l’ordre de détention dépend désormais entièrement de ce rapport médical, tandis que les arguments sur la motion de radiation ont été fixés au 27 novembre.

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