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Marchands ambulants interdits

L’État resserre les rangs, les commerçants restent sceptiques

31 octobre 2025, 12:00

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L’État resserre les rangs, les commerçants restent sceptiques

■ Des marchands ambulants installés dans les rues de Port-Louis, défiant les règlements en vigueur et alimentant les inquiétudes des commerçants établis à l’approche des fêtes de fin d’année.Photo: Tony Fine.

Un comité inter-ministériel s’est réuni hier pour aborder un dossier aussi ancien que sensible : celui des marchands ambulants. Alors que la période des fêtes approche, la question du commerce illégal dans les rues revient sur le devant de la scène, attisant la colère des commerçants établis et la méfiance des autorités.

La veille, le ministère des Collectivités locales a publié un communiqué rappelant que la vente ambulante non autorisée est strictement illégale.Des inspecteurs municipaux et ceux des conseils de district, y liton, sont actuellement «déployés sur le terrain afin de veiller au strict respect des règlements». Le ministère appelle ainsi les colporteurs à «mettre fin à leurs activités illégales», sous peine de «poursuites légales, conformément aux lois et règlements en vigueur».

Mais sur le terrain, le discours gouvernemental peine à convaincre. «Ce sont des paroles en l’air», déplore un commerçant de Mahébourg. Selon lui, la prolifération des marchands ambulants est devenue incontrôlable. «Quand votre base d’opération est à Rose-Belle, vous ne pouvez pas venir travailler à Port-Louis, Flacq ou Rose-Hill. Mais aujourd’hui, c’est exactement ce qui se passe. Venez un lundi à la foire de Mahébourg et vous verrez combien opèrent illégalement, parfois venus de tous les coins de l’île», affirme-t-il, visiblement exaspéré.

Ce commerçant dit avoir tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises, sans résultat. «On pensait qu’avec le nouveau gouvernement, les choses changeraient, mais nous sommes déçus : rien n’a évolué.»

Même constat du côté du Front commun des commerçants de l’île Maurice. Son président,Raj Appadu, appelle les autorités municipales à plus de fermeté. «Le lord-maire et la mairie de Port-Louis, pour ne citer qu’eux, doivent assumer leurs responsabilités, surtout à l’approche des fêtes. On se souvient de ce qui s’est passé l’année dernière après les élections générales : les rues avaient été littéralement envahies.»

Selon lui, la situation risque de se reproduire cette année encore, d’autant que certains marchands ambulants réclament du soutien auprès de députés ou de ministres de leur région. «Il faut mettre de l’ordre et faire appliquer la loi. Le mot “hawker” n’existe même pas dans la législation mauricienne», insiste-t-il.

À cette crainte s’ajoute un phénomène saisonnier : l’arrivée, chaque fin d’année, de nouveaux vendeurs temporaires. «On retrouve des fonctionnaires, des employés du secteur parapublic ou encore des personnes exerçant déjà un autre métier, qui viennent grossir les rangs des marchands ambulants pour arrondir leurs fins de mois», ajoute Raj Appadu.

La réunion de ce jeudi, qui a rassemblé plusieurs ministres, junior ministers, représentants municipaux, conseils de district et membres de la police, vise justement à coordonner les actions sur le terrain. L’objectif affiché : restaurer l’ordre et garantir une application uniforme de la loi dans toutes les régions.

Reste à savoir si cette mobilisation institutionnelle se traduira, cette fois, par des résultats tangibles – et non par de simples promesses en période de fêtes.

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