Publicité
Écoles à besoins spéciaux
Salaires en retard, écoles en péril : La CTSP tire la sonnette d’alarme
Par
Partager cet article
Écoles à besoins spéciaux
Salaires en retard, écoles en péril : La CTSP tire la sonnette d’alarme
■ Reeaz Chuttoo, président de la CTSP.
C’est devenu presqu’une bataille mensuelle. Une fois encore, la Confédération des travailleurs des secteurs privé et public (CTSP) tire la sonnette d’alarme au sujet des écoles relevant du Special Education Needs (SEN). Leur personnel, notamment les employés du Special Support Services, attend toujours d’être rémunéré. Son président,Reeaz Chuttoo, a rencontré jeudi la directrice de la Special Education Needs Authority (SENA), ainsi qu’un représentant duministère de l’Éducation, lors d’une réunion tenue au ministère du Travail. Mais, l’absence remarquée des représentants de la National Social Inclusion Foundation (NSIF) a irrité le syndicaliste, qui déplore un manque flagrant de coordination entre les différentes instances concernées.
Du côté du ministère de la Sécurité sociale, on assure que le dossier avance et que toutes les parties concernées – enfants, éducateurs et responsables d’établissements – finiront par obtenir ce qui leur est dû. «Depuis que ce gouvernement est en place, chaque mois, c’est le même scénario. Les employés du Special Support Services, comprenant des éducateurs sportifs, jardiniers et autres personnels de soutien, ne perçoivent pas leur salaire à temps. Cela fait maintenant quatre mois que certains n’ont rien touché», s’insurge-t-il.
Le syndicaliste affirme avoir appris que certaines écoles ont déjà été payées par la NSIF, alors que d’autres attendent toujours. «La SENA, sous l’ancien directeur, avait donné son feu vert pour le paiement. Pourquoi alors une politique de deux poids deux mesures ?», s’interroge-t-il.
Il explique qu’un changement de personnel au sein duministère de l’Éducationaurait contribué à bloquer le processus : «Une responsable a été transférée et depuis, le dossier est resté en suspens. On a l’impression que personne ne se soucie du fait que des gens travaillent sans salaire.»
Pire encore, lors de la réunion de jeudi, les informations obtenues ne sont guère rassurantes. «On nous a laissé entendre que si les écoles ont recruté le personnel, elles doivent se débrouiller pour payer les salaires. Mais, certaines institutions sont entièrement gratuites et n’ont pas de fonds. Elles risquent de licencier du personnel, et ce sont les enfants qui en souffriront», alerte-t-il.
Une situation qui pourrait mener certaines écoles à mettre la clé sous la porte. Selon lui, la Mauritius Mental Health Association, spécialisée dans les troubles mentaux, a déjà commencé à licencier. «Un enseignant qui utilisait l’art comme moyen d’expression pour les enfants a été congédié. Pourtant, cette activité est essentielle à leur équilibre», souligne Reeaz Chuttoo.
La SENA, dit-il, a pourtant fourni au ministère du Travail un document prouvant qu’elle a donné son approbation pour le décaissement des fonds. «Mais, la NSIF tarde toujours, alors qu’elle a déjà payé certaines écoles», ajoute-t-il.
Contacté, le ministère de l’Éducation confirme que le sujet a bien été abordé en début de semaine avec le ministre,Mahend Gungapersad, et qu’une nouvelle rencontre est prévue prochainement. De son côté, le NSIF, qui relève du ministère de la Sécurité sociale, assure travailler activement sur le dossier afin qu’aucun bénéficiaire ne soit lésé. Le ministère précise néanmoins que les paiements intérimaires pour les mois de juillet à octobre ont déjà été effectués et que le reste suivra sous peu.
Publicité
Publicité
Les plus récents