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Asie-Pacifique

Le Pakistan et l'Afghanistan se mettent d'accord sur un «cessez-le-feu immédiat»

19 octobre 2025, 07:55

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Le Pakistan et l'Afghanistan se mettent d'accord sur un «cessez-le-feu immédiat»

Des Afghans tentent de retourner dans leur pays, après que le Pakistan a fermé les passages frontaliers avec l’Afghanistan suite à des échanges de tirs dans la province du Balochistan, Pakistan, le 18 octobre 2025.

Le Pakistan et l'Afghanistan se sont mis d'accord dimanche sur un «cessez-le-feu immédiat» après des pourparlers samedi au Qatar pour tenter de ramener durablement le calme à leur frontière, après une confrontation ayant fait des dizaines de morts, a annoncé Doha.

Au cours de ces négociations, «les deux parties se sont mises d'accord sur un cessez-le-feu immédiat et l'instauration de mécanismes pour consolider une paix durable et la stabilité», affirme dans un communiqué publié sur X le ministère qatari des Affaires étrangères, saluant «une étape importante qui va contribuer à mettre fin aux tensions à la frontière» entre les deux pays. Les modalités de cet accord n’ont pas été dévoilées mais «des réunions de suivi auront lieu dans les prochains jours» entre responsables afghans et pakistanais pour s’assurer de sa mise en œuvre.

Après avoir assisté aux pourparlers à Doha, le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a confirmé sur X qu’un accord de cessez-le-feu avait été conclu et a déclaré que les deux parties se réuniraient à nouveau à Istanbul le 25 octobre. «Nous exprimons notre profonde gratitude aux deux pays frères, le Qatar et la Turquie», qui ont joué le rôle de médiateur, a-t-il ajouté.

«Reprendre le contrôle»

Kaboul a accusé vendredi soir son voisin d’avoir rompu la trêve après des frappes ayant tué au moins dix civils, dont deux enfants et trois joueurs de cricket, dans la province de Paktika (est). Des sources de sécurité pakistanaises ont confirmé des «frappes aériennes de précision sur le sol afghan», visant une organisation armée. Le gouvernement taliban «se réserve le droit de répondre», a assuré son porte-parole, Zabihullah Mujahid, «mais par respect pour l’équipe de négociateurs», les forces afghanes doivent «s’abstenir de toutes nouvelles actions».

La trêve a tenu deux jours, après des affrontements ayant débordé jusqu’à Kaboul, théâtre d’explosions, et ayant fait des dizaines de morts. Depuis les raids pakistanais de vendredi soir, le calme est revenu à la frontière. Samedi, des centaines de personnes ont participé aux funérailles des civils tués dans le district d’Urgun à Paktika. L’escalade militaire s’inscrit dans des tensions bilatérales récurrentes, alimentées par des questions migratoires et sécuritaires. Islamabad, confronté à une résurgence d’attaques contre ses forces de sécurité, accuse inlassablement son voisin afghan «d’abriter» des groupes «terroristes», en tête desquels les talibans pakistanais (TTP), ce que Kaboul dément.

Kaboul doit «reprendre le contrôle» sur les combattants qui utilisent son sol «pour perpétrer des attaques odieuses au Pakistan», a redit samedi le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, Syed Asim Munir. «Nous n’avons jamais amené, ni soutenu, le TTP ici», a de son côté affirmé le vice-ministre afghan de l’Intérieur, Mohammed Nabi Omari, lors d’une cérémonie publique à Khost, autre région frontalière.

La confrontation a débuté la semaine dernière après des explosions dans la capitale afghane que les autorités talibanes avaient imputées au voisin pakistanais. En représailles, elles avaient déclenché à la frontière une offensive, à laquelle Islamabad avait promis une «réponse musclée».

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