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Polémique du jet privé malgache

«Les militaires couraient après notre avion…»

16 octobre 2025, 07:00

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«Les militaires couraient après notre avion…»

Samedi. Chaos à Madagascar. Le peuple est révolté depuis des jours. Le gouvernement vacille. Les militaires s’apprêtent à prendre le pouvoir. Des proches du régime apprennent que leur vie et celle de leurs familles sont menacées, dont un ancien Premier ministre et un influent homme d’affaires, la deuxième fortune du pays, qui a la chance d’avoir une entreprise d’aviation et des jets.

Samedi. Dans l’univers paisible d’un tournoi de golf à Maurice, sponsorisé par Jet Prime Ltd. Un partenaire mauricien et ami de l’homme d’affaires malgache et de sa famille s’inquiète. Il vient d’apprendre que ces personnes sont en danger. Tout peut dégénérer d’un instant à l’autre dans la Grande île. Il en fait part à Gilbert Noël, membre du board de Jet Prime. Le personnel de cette entreprise sur place est informé et explique les procédures à suivre pour venir à Maurice dans ces conditions. Vite, les démarches sont enclenchées. Les Malgaches préparent leur départ pour les heures qui suivent.

Ivato, fin d’après-midi. Plus rien ne fonctionne. L’aéroport est fermé. Juste en stand-by. L’avion, les pilotes de Sodiat Aviation sont prêts. Les passagers arrivent, la peur aux trousses. Ne voulant pas risquer d’être bloqués et qu’on leur fasse du mal, ils n’osent rien entreprendre de leur pays et signalent leur départ aux autorités une fois sur place seulement. Chargent leurs bagages. Dans la précipitation, un sac qui se trouvait dans une des voitures, avec des vitres de ce 4x4, se retrouve embarqué. Ces familles craignent les militaires. Les voyant arriver, elles précipitent leur départ et décollent. «Une troupe de militaires courait après l’avion pendant que nous roulions sur la piste», confie un des passagers. La demande d’autorisation est envoyée à l’aviation civile mauricienne trois minutes avant le décollage. 21 h 57 de Maurice pour être plus précis. «Il n’y en aura qu’une», le reste ce sera des conversations en vol. L’avion devait décoller d’Ivato à 22 heures (de Maurice) et atterrir à 23 h30. «Il n’y a pas eu de demande médicale et le plan de vol a été Plaisance dès le départ, pas La Réunion.» Sodiat Aviation a l’habitude des vols privés. «Ce n’est pas 48 heures à l’avance mais 24 heures pour ceux qui ont un visa. Mais nous avons demandé de l’aide car nous étions dans un cas d’extrême urgence.» Ils ont peur de se faire descendre dans les airs aussi s’ils allument le transpondeur.

Au-dessus de l’océan Indien. Samedi soir. Échanges radio entre la tour de contrôle à Maurice et le cockpit. L’aviation dit qu’il n’y a pas de demande et pas de plan de vol. Puis, les pilotes demandent de vérifier une deuxième fois, auprès de Jet Prime. Là, la demande est confirmée mais pas l’autorisation. La Réunion est informée car elle se trouve sur la route. C’est un aéroport de dégagement en cas de problème. L’avion est mis en circuit d’attente à ce niveau, en attendant d’avoir l’autorisation. La tour de contrôle de Maurice demande de combien de carburant l’avion dispose : «de trois heures. Il n’a jamais été question d’urgence». 45 minutes après, l’autorisation est accordée.

Attaches mauriciennes

Aéroport de Maurice, dans la nuit de samedi à dimanche. Les six passagers débarquent du jet, passent par le circuit normal, l’immigration, fournissent passeports, preuves d’adresse à Maurice etc. Ont un visa touriste pour 15 jours. Bagages scannés. «Toutes les procédures légales ont été suivies.» Le sac avec les vitres, logo de la marque de la voiture dessus, est remis dans l’avion, car les passagers n’en ont pas besoin. Gilbert Noël, qui était à Avalon, en profite pour passer les voir, après son dîner du gala de golf, à leur sortie. Ce n’était d’ailleurs pas le seul avion géré par Jet Prime ce soir-là, au moins cinq s’y trouvaient.

«Il y a une seule vérité, c’est qu’on s’y est pris tard… mais c’était des circonstances exceptionnelles.»

Pourquoi ces personnes se sontelles rendues à Maurice ? Si l’ancien Premier ministre malgache, Christian Ntsay, et son épouse sont repartis le lundi, la famille Ravatomanga, elle, est restée car elle a des attaches à Maurice. La fille vit à Belle-Vue Harel avec son mari et ses enfants, scolarisés ici et dont l’un est même né à Maurice. Mamy Ravatomanga vient (venait) tous les mois en jet privé voir ses petits-enfants, avait auparavant un permis de résidence, sans que cela n’ait jamais alerté personne. Un de ses fils a également des liens d’affaires avec des entrepreneurs mauriciens, dans l’informatique notamment, et se rend à Maurice plusieurs fois par an. Le choix était logique. doc.png

Note verbale du ministère malgache, mais le même jour, l’armée a pris le pouvoir et recherche maintenant Maminiaina Ravatomanga

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