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Santé masculine

L’importance du contrôle régulier de la prostate

13 octobre 2025, 16:00

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L’importance du contrôle régulier de la prostate

Le Dr Jean-François Biset, chirurgien urologue.

La prostate, petite glande essentielle à la reproduction masculine, peut devenir le siège de pathologies fréquentes après 50 ans, comme l’hypertrophie bénigne ou le cancer. Ces affections restent souvent silencieuses au début, mais un dépistage précoce et un suivi régulier permettent de prévenir les complications et de mieux protéger la santé masculine.

Située sous la vessie, la prostate joue un rôle clé dans la reproduction. Elle produit le liquide spermatique, qui nourrit les spermatozoïdes et facilite leur progression vers l’ovule. Au fil des années, cette glande peut toutefois développer différentes affections nécessitant une surveillance particulière.

Selon le Dr Jean-François Biset, les deux pathologies les plus fréquentes après 50 ans sont l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) et le cancer. L’HBP correspond à une augmentation progressive du volume de la prostate, entraînant des troubles urinaires tels que des envies fréquentes, de jour comme de nuit, des urgences soudaines ou un jet faible. Dans certains cas, des complications peuvent survenir : infections urinaires, calculs, blocage complet des urines ou insuffisance rénale. Le cancer de la prostate, lui, reste silencieux dans ses premières années et ne provoque des symptômes que lorsque la maladie se propage aux organes voisins ou à distance, notamment aux os. La prostate peut également être touchée par des infections indépendantes de ces deux affections.

Ces risques soulignent l’importance du dépistage. Le Dr Biset explique que celui-ci dépend de l’âge, des antécédents familiaux et de l’origine ethnique. Pour les hommes sans antécédent particulier, un premier contrôle est conseillé vers 50 ans. Pour ceux d’origine africaine ou ayant des antécédents familiaux de cancer de la prostate, le dépistage devrait commencer entre 45 et 50 ans. Le bilan comprend une prise de sang pour doser le PSA (Prostate-specific antigen), un examen clinique avec toucher rectal et, si nécessaire, une échographie pour estimer le volume de la glande. Ces examens permettent d’adapter le suivi futur.

Le Dr Biset insiste également sur les facteurs de risque modifiables. Outre l’origine ethnique et les antécédents familiaux, l’obésité peut favoriser des formes agressives du cancer. Une hygiène de vie adaptée, incluant une alimentation riche en lycopènes, phytoestrogènes et antioxydants, tout en limitant la consommation excessive de protéines animales grillées, contribue à réduire ces risques. Le suivi médical régulier reste indispensable, en particulier pour les hommes présentant un profil à risque.

Pour l’HBP, différentes options de traitement existent. Les médicaments peuvent améliorer la vidange vésicale et réduire l’hyperactivité de la vessie. En cas de complications ou si ces mesures ne suffisent pas, des interventions mini-invasives peuvent être envisagées, comme le laser, l’injection de vapeur d’eau, la résection endoscopique ou l’embolisation.

Le Dr Biset rappelle que la surveillance régulière et la détection précoce sont les meilleurs moyens de préserver la santé de la prostate et de prévenir les complications graves.

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