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Population en baisse

Quand moins de monde rime avec plus de défis

13 octobre 2025, 13:30

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Quand moins de monde rime avec plus de défis

Selon les dernières données publiées par Statistics Mauritius, la population s’élevait à 1 243 741 habitants au 1er juillet 2025, soit 2 038 personnes de moins qu’un an plus tôt, correspondant à une croissance négative de –0,16 %. Cette baisse, faible mais continue, confirme que Maurice est entré dans le cercle restreint des pays dont la population diminue, alors que la croissance mondiale demeure positive. Mais que révèlent réellement ces chiffres ? Cette diminution est-elle due au vieillissement, à l’émigration ou à une natalité en recul ?

En analysant les données de plus près, on constate au contraire une légère reprise des naissances. En effet, 13 920 naissances sont prévues en 2025, soit un taux de natalité de 11,2 pour 1 000 habitants, en légère hausse par rapport à 2024 (10,3). Le nombre de décès attendus s’élève à 12 470, soit un taux de mortalité de 10,0 pour 1 000 habitants, similaire à celui de l’an dernier. Cependant, même si Maurice comptera en 2025 un peu plus de naissances que de décès, l’écart reste trop faible pour relancer la croissance démographique. Cette mince avance ne compense ni les effets du vieillissement ni l’émigration persistante.

Sur le plan migratoire, le constat demeure préoccupant : le rapport fait état d’un solde migratoire négatif de 1 593 personnes au premier semestre 2025, un chiffre identique à celui de l’année précédente. Autrement dit, plus de résidents quittent le pays qu’ils n’y reviennent ou s’y installent. Cette émigration touche surtout les jeunes actifs et les diplômés, attirés par de meilleures perspectives économiques à l’étranger. Le phénomène accentue le déficit de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs clés – notamment la santé, les technologies de l’information et la construction – et accélère l’érosion de la population active.

Bien que le rapport ne mentionne pas explicitement le vieillissement, plusieurs indicateurs – baisse du sex-ratio, stabilité d’un taux de mortalité élevé et faible croissance naturelle – en témoignent clairement. Selon les projections de l’Organisation mondiale de la santé (2024), si la tendance se poursuit, la proportion de personnes âgées de plus de 65 ans pourrait dépasser 35 % d’ici 2060. Un tel basculement poserait des défis majeurs : pénurie de main-d’œuvre, hausse des dépenses de santé, redéfinition du modèle social et surtout, financement des retraites, un sujet sensible au cœur du débat public.

Les démographes envisagent deux trajectoires possibles.

-Dans un scénario tendanciel, le déclin se poursuivrait, la population pouvant tomber sous le seuil de 1,1 million d’habitants d’ici 2060 si la fécondité reste faible et l’émigration continue.

-À l’inverse, un scénario d’adaptation miserait sur une relance de la natalité, une immigration sélective et des politiques familiales actives, permettant de stabiliser la population autour de 1,25 million d’habitants.

Si les autorités reconnaissent l’ampleur du défi, elles n’ont pas encore présenté de stratégie démographique nationale claire. Or, plusieurs pays comparables ont déjà adopté des mesures telles que le congé parental renforcé, les allocations familiales ou encore un Talent Attraction Scheme, destiné à attirer des professionnels étrangers et à faciliter le retour des Mauriciens expatriés. Une réflexion plus large sur la politique migratoire et le renouvellement des générations semble désormais inévitable. Reste à savoir si le gouvernement saura transformer ce défi démographique en levier de renouveau économique et social.

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