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Criminalité en hausse
L’insécurité gagne du terrain, la peur s’installe
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Criminalité en hausse
L’insécurité gagne du terrain, la peur s’installe
En l’espace d’une semaine, la population a été confrontée à une série d’actes de violence qui a profondément marqué les esprits. Ces événements ravivent les inquiétudes face à une criminalité croissante et à la fragilité de la sécurité publique.
Le meurtre de Mark Yeung Shi Yin, 74 ans, a particulièrement bouleversé les habitants. Propriétaire de Mark’s Aquarium, il a été retrouvé poignardé à neuf reprises, dont quatre fois au cou, à son domicile dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 octobre. La police indique que le crime aurait été commis par son fils aîné, Allan Yeung Shi Yin, 42 ans, arrêté avec trois complices présumés par la Divisional Crime Intelligence Unit (DCIU) de Port-Louis Nord.
Peu après, le samedi 4 octobre, un couple d’entrepreneurs de la rue Raoul Rivet, à Port-Louis, a été attaqué dans son garage. Trois hommes encagoulés, armés de sabres et de couteaux, les ont contraints à remettre argent et bijoux.
Dans la foulée, à MareLongue, des randonneurs ont été pris pour cible par des hommes armés d’une hache, d’un sabre et d’un couteau. Trois jours plus tard, le mardi 7 octobre, deux retraités britanniques ont été attaqués au Dauguet, à Tranquebar, et dépouillés de sacs contenant des objets d’une valeur de Rs 70 000 et environ Rs 4 000 en liquide. Ces lieux, habituellement prisés pour des balades en pleine nature, sont devenus le cadre de violences ciblées.
Parallèlement, même sur leur lieu de travail, policiers, médecins et fonctionnaires sont confrontés à l’agressivité. Le 9 octobre à Flacq, plusieurs interventions ont dégénéré : des fonctionnaires ont été insultés, bousculés et parfois frappés alors qu’ils accomplissaient leur mission. Ces incidents illustrent le manque de respect envers ceux qui assurent le service public.
Au-delà de ces faits divers, la crainte gagne les foyers. «On évite de sortir tard. Les parents s’inquiètent dès que leurs enfants rentrent un peu plus tard que prévu. La confiance s’effrite», raconte Heidi Mudhoo, habitante de Beau-Bassin.
Les statistiques disent le contraire
Les chiffres officiels donnent pourtant un tableau contrasté. Entre 2023 et 2024, le nombre total d’infractions – hors contraventions – a diminué, passant de 58 794 à 53 331, soit un recul d’environ 9 %. Cette baisse touche surtout les atteintes aux biens. Pour 2023, les statistiques indiquaient 14 519 vols, 765 braquages, 688 cas de violences sexuelles et 26 homicides intentionnels, soit un taux de 2,1 pour 100 000 habitants.
Pourtant, selon le rapport annuel 2023/2024 de la police, le volume global des crimes aurait augmenté de 12,6 %. Cette progression concerne surtout les infractions contre les personnes (+6,5 %), tandis que les atteintes aux biens affichent une hausse de 5,8 %. Le taux de criminalité global passerait ainsi de 3,94 % à 4,44 %.
Le peuple tire la sonnette d’alarme
Face à cette situation, la population réclame davantage de fermeté. «Les meurtriers doivent purger leur peine jusqu’au bout. Ce n’est pas une question de vengeance, mais de justice et de sécurité publique», souligne Stacy Fanfan, 32 ans, mère de deux enfants. Un ancien policier confirme : «La population a le sentiment que la justice est trop clémente. Cela mine la confiance envers les institutions et encourage la récidive.» Les autorités assurent vouloir renforcer les sanctions et agir sur la prévention.
En conséquence, dans les rues, la peur se lit sur les visages. Les habitants ver- rouillent leurs portes plus tôt, multiplient les caméras et s’interrogent sur l’avenir. «On ne vit plus, on survit. On se lève chaque jour en espérant ne pas faire partie du prochain fait divers», confie un retraité de Quatre-Bornes. La hausse des agressions pousse certains jeunes à quitter le pays, à la recherche d’un environnement plus sûr.
Ainsi, même les activités quotidiennes changent : les enfants ne sortent plus seuls et doivent être accompagnés. «Dans les années 1990, de tels cas étaient rares aux informations. Aujourd’hui, l’image du pays se détériore progressivement, ce qui pourrait avoir des répercussions économiques. Même les touristes hésitent à venir», conclut le retraité.
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