Publicité

Construction

Après l’enquête du ministère, les employés de la BCEG reprennent le travail

12 octobre 2025, 09:30

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Après l’enquête du ministère, les employés de la BCEG reprennent le travail

■ Les travailleurs de la BCEG se sont rendus à la CTSP pour se faire entendre, et le ministère du Travail les a entendus. (Photo: CTSP)

Le ministère du Travail a décidé d’agir sans tarder. À la suite d’une plainte déposée le 7 octobre concernant les conditions de quelque 600 travailleurs migrants employés par la Beijing Construction Engineering Group Ltd (BCEG), une enquête d’urgence a été ouverte pour faire toute la lumière sur la régularité des permis de travail et les conditions d’hébergement des employés.

Les premières vérifications ont permis d’identifier 277 permis de travail expirés et 297 autres en attente de renouvellement. Face à cette situation alarmante, le ministère a immédiatement entrepris des démarches pour accélérer le traitement des dossiers, en étroite collaboration avec la BCEG. À ce jour, 200 renouvellements ont déjà été approuvés, tandis que les frais administratifs restants sont en cours de règlement par l’entreprise.

Constats contrastés sur le terrain

Une équipe du ministère et d’officiers du National Occupational Safety and Health Department (NOSHD), a également effectué une visite dans deux principaux dortoirs logeant les travailleurs : Tribeca et Verdant Garden. À Tribeca, où résident environ 200 travailleurs népalais et 58 Bangladais, les officiers ont jugé les installations sanitaires et l’accès à l’eau potable conformes. Toutefois, le permis d’hébergement d’un des blocs avait expiré depuis février. Le ministère a immédiatement enclenché les démarches pour régulariser la situation, tout en précisant que des actions légales pourraient être engagées contre l’entreprise en cas de manquement répété.

La situation s’est avérée plus préoccupante à Verdant Garden, où vivent près de 600 travailleurs népalais. Les officiers ont constaté que seuls deux points d’eau potable étaient disponibles pour l’ensemble des résidents, une insuffisance jugée critique. De plus, l’eau pompée d’une rivière voisine, utilisée pour les besoins domestiques, a été considérée potentiellement nocive. Le dossier a été référé au ministère de la Santé pour un suivi urgent.

Par ailleurs, l’absence d’un registre de distribution des équipements de sécurité a été notée et fait désormais l’objet d’un suivi renforcé. Après plusieurs interventions et échanges entre les autorités et l’entreprise, la situation s’est progressivement stabilisée. Les travailleurs de Verdant Garden ont repris le service vendredi, mettant fin à leur mouvement de refus temporaire de travailler. Le processus de renouvellement des permis suit actuellement son cours sous la supervision du ministère du Travail. Pour rappel, c’est la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) qui a porté l’affaire sur la place publique mardi dernier. Des centaines de travailleurs s’étaient rendus au bureau de la CTSP, à RoseHill, pour témoigner de leur situation. Selon eux, certains travaillent depuis plus de 18 mois sans permis valide, une situation qualifiée «d’inacceptable» par le syndicat.

Manifestation pour dénoncer les abus

Jeudi, la CTSP a également tenu une manifestation pacifique devant les locaux du ministère du Travail afin d’exiger des mesures concrètes. Son président, Reeaz Chuttoo, a dénoncé un cas particulièrement alarmant : celui d’un travailleur népalais blessé à l’œil le 28 septembre alors qu’il manipulait une perceuse sans équipement de protection. «Cet homme a perdu un œil et n’aura droit à aucune compensation, car son permis de travail est expiré. Son employeur n’a même pas signalé l’accident au ministère du Travail. Aujourd’hui, il est en situation illégale et risque la déportation», a-t-il déclaré, appelant les autorités à agir rapidement pour que justice soit rendue.

Face à l’émotion suscitée par cette affaire, le ministère du Travail a tenu à rassurer. Il affirme sa détermination à garantir la sécurité, la dignité et les droits de tous les travailleurs migrants à Maurice. «En agissant avec rigueur, transparence et humanité, nous réaffirmons notre engagement à assurer des conditions de travail conformes aux lois et standards en vigueur», soutient le ministère.

Cette affaire met en lumière les défis persistants liés à la gestion de la main-d’œuvre étrangère à Maurice, un secteur vital pour l’économie, mais souvent entaché par des pratiques abusives. Le ministère semble cette fois décidé à resserrer la vis.

Publicité