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Protection de l’enfance
Des «loopholes» selon le rapport 2024-2025 de l’«Ombudsperson»
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Protection de l’enfance
Des «loopholes» selon le rapport 2024-2025 de l’«Ombudsperson»
Le rapport annuel 2024-2025 du Bureau de l’Ombudsperson for Children, lancé mardi 7 octobre à Quatre-Bornes, met en lumière plusieurs failles persistantes dans le système de la protection de l’enfance. Aneeta Ghoorah (photo), l’Ombudsperson, appelle à plus de synergie entre les institutions et à une révision urgente de certaines lois qui laissent encore trop d’enfants sans encadrement.
«Il y a un gros souci au niveau des enfants de 3 à 5 ans qui ont des handicaps», a-t-elle souligné. «L’Early Childhood Act s’arrête à 3 ans et la Special Education Needs Authority (SENA) ne prend le relais qu’à partir de 5 ans. Que font les parents entre-temps ?»
Cette lacune légale, ditelle, prive plusieurs familles d’un accompagnement essentiel. Le ministère de l’Égalité des genres et de la famille travaillerait actuellement sur une solution, mais l’Ombudsperson insiste : «Je vais veiller à ce que ça se fasse vite.»
Le rapport recense 333 cas traités par le bureau, soit une légère baisse par rapport à l’année précédente, mais «chaque cas compte, car derrière les chiffres, il y a un enfant». Elle maintient aussi qu’il y a des cas qui ne sont pas reportés. Parmi les problèmes récurrents : le harcèlement scolaire, les contenus inappropriés en ligne et les violences domestiques. «La protection des enfants n’est pas seulement la responsabilité des institutions, mais de chaque Mauricien», a plaidé Aneeta Ghoorah, rappelant que le respect, la discipline et la résilience s’inculquent à la maison.
? Appel à la collaboration interinstitutionnelle
L’un des constats centraux du rapport demeure le manque de coordination entre les différentes instances : «On a tendance à travailler chacun dans son coin. Et, quand il n’y a pas de synergie, le problème reste entier.» Les recommandations du bureau ont été transmises aux ministères concernés, au Directeur des poursuites publiques, au State Law Office et au Parlement. L’objectif : assurer un suivi concret et éviter que «les rapports restent dans les tiroirs».
Aneeta Ghoorah insiste notamment sur la mise en place d’un one-stop shop, une structure unique permettant d’éviter que les enfants victimes de violences sexuelles ne répètent plusieurs fois leur témoignage. «C’est une mesure simple, humaine et urgente à mettre en place.»
L’Ombudsperson a aussi évoqué l’évolution des mentalités sur des sujets encore sensibles à Maurice, comme les droits des enfants LGBTQ+ et intersexes. «Il y a eu une évolution, il faut le reconnaître. Mais, il reste du travail.» Elle a annoncé une future collaboration avec un avocat mauricien basé à Paris, afin de renforcer la réflexion autour de ces droits.
Concernant le harcèlement et la santé mentale, elle appelle à revoir les politiques anti-bullying dans les écoles, estimant qu’elles ne sont plus adaptées à la réalité actuelle : «Avant, c’était des batailles dans la cour. Aujourd’hui, on parle de cyberharcèlement et de santé mentale fragile.»
? Des lois à revoir
Le rapport souligne également certaines lacunes dans le Children’s Act de 2022 ou autres types de lois qui devraient bientôt être étudiées par un comité. «Il y a des articles mal formulés ou incomplets. Il faut revoir le texte pour combler les failles», a précisé Aneeta Ghoorah.
Elle conclut sur une note combative : «Je suis une battante. Je mènerai la bataille pour que les parents et les enfants obtiennent justice.»
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