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Déchets, transports et océans

Les leviers pour atteindre 40 % de réduction d’émissions

8 octobre 2025, 15:30

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Les leviers pour atteindre 40 % de réduction d’émissions

De la gestion durable de l’eau à la protection des écosystèmes côtiers, en passant par une agriculture résiliente et le développement des énergies renouvelables,

À quelques semaines de la Conférence des parties 2025 (COP 2025), prévue du 10 au 21 novembre à Bélem, au Brésil, la troisième Contribution déterminée nationale (NDC 3.0) a été transmise au secrétariat de la Conventioncadre des Nations unies sur les changements climatiques. Ce document définit les mesures que Maurice entend mettre en œuvre pour réduire ses émissions et renforcer sa capacité à s’adapter aux effets du changement climatique.

Le plan, avalisé par le Conseil des ministres, a été élaboré par le ministère de l’Environnement, de la gestion des déchets solides et du changement climatique, avec la participation des ministères, des autorités locales, du secteur privé, de la société civile et du grand public. L’objectif principal est de réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre de l’ensemble de l’économie d’ici 2035.

Le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, rappelle que la lutte contre le changement climatique représente «le plus grand défi de notre temps». Selon lui, en tant que petit État insulaire en développement, l’île connaît déjà les effets de ce phénomène : recul des plages, périodes de sécheresse et crues soudaines. «La soumission de notre plan climat NDC 3.0 traduit la responsabilité que nous assumons en tant que gouvernement, en tant que nation face à l’urgence climatique. Cette feuille de route repose sur des actions précises et fixe une trajectoire claire pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre», dit-il.

Le ministre Bhagwan a également évoqué ses initiatives passées, comme l’introduction de l’essence sans plomb et la réduction du taux de soufre dans le diesel. Il a souligné l’importance de poursuivre ces efforts, en collaboration avec toutes les parties prenantes, pour renforcer la résilience des communautés et des écosystèmes.

Pour concrétiser cette vision et atteindre les objectifs fixés, la NDC 3.0 s’articule autour de plusieurs axes stratégiques. La production d’électricité devra intégrer 60 % d’énergies renouvelables, grâce au développement du solaire, de l’éolien, de la biomasse issue de la canne à sucre et de l’énergie thermique des mers. Aujourd’hui, les énergies renouvelables représentent environ 18 % de la production électrique, ce qui souligne les défis liés aux investissements, à la capacité du réseau et à la disponibilité des espaces nécessaires.

La décarbonation ne se limite pas à la production d’électricité : elle concerne aussi l’industrie et les transports. L’industrie manufacturière, les ports et l’aviation devront recourir à des solutions bas-carbone. Dans le domaine des transports publics, la transition vers des autobus électriques est prévue tandis que le réseau du métro express sera alimenté par l’énergie photovoltaïque. Les forêts et les mangroves, en tant que puits de carbone, constituent également des leviers essentiels, grâce à l’afforestation et à la protection de la biodiversité.

La NDC 3.0 prévoit aussi des mesures pour les déchets et l’économie circulaire. L’objectif est de réduire de 70 % les déchets transférés à Mare-Chicose, de diminuer de 10 % les déchets municipaux et de limiter de 50 % le gaspillage alimentaire d’ici 2033. Ces actions s’accompagnent de pratiques circulaires dans l’agriculture, la construction, les biens de consommation et la mobilité.

L’économie océanique figure parmi les priorités. Un programme de carbone bleu sera lancé avec le secteur privé et la société civile afin d’intégrer le carbone bleu dans les rapports nationaux d’ici 2030 et de restaurer les écosystèmes marins dégradés. Un pôle d’innovation est prévu pour 2028 afin d’accompagner ces initiatives. Au-delà des engagements, la NDC 3.0 souligne la vulnérabilité de Maurice face au changement climatique. L’élévation du niveau de la mer, l’érosion côtière, la perte de biodiversité, l’intensification des cyclones et la hausse des températures, pouvant atteindre 2,5 °C d’ici 2100, représentent de sérieux risques. Les précipitations devraient diminuer de 13 % d’ici 2050, entraînant des sécheresses plus fréquentes et des journées de chaleur extrême, avec des impacts sur l’agriculture, la pêche, le tourisme, la santé et les infrastructures.

L’adaptation est donc au cœur de la NDC 3.0. La gestion de l’eau, des systèmes alimentaires, des écosystèmes et de la santé publique doit être repensée. Parmi les mesures prévues figurent le dessalement, la protection des aquifères, une utilisation plus efficace de l’eau et le renforcement du stockage. L’agriculture s’orientera vers des semences résilientes au climat, l’irrigation intelligente, la biosécurité et l’agroforesterie. Les pratiques de pêche et le tourisme devront également évoluer tandis que la protection côtière sera renforcée sur 33 sites prioritaires grâce à des infrastructures et à des solutions fondées sur la nature telles que la restauration des mangroves et des récifs coralliens.

Pour financer la mise en œuvre de cette stratégie, il faudra près de 5,7 milliards de dollars américains d’ici 2035. Des partenaires internationaux comme la GIZ, Adelphi ou le Commonwealth Secretariat, qui ont déjà participé à l’élaboration du plan, accompagneront le pays pour atteindre ses objectifs climatiques.

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