Publicité
Portrait
Mark Yeung Shi Yin : la vie d’un homme aimé, brisée par la trahison
Par
Partager cet article
Portrait
Mark Yeung Shi Yin : la vie d’un homme aimé, brisée par la trahison
La tragédie qui a coûté la vie à Mark Yeung Shi Yin, propriétaire de Mark’s Aquarium à Baie-du-Tombeau, a profondément choqué tout un pays. Derrière l’homme d’affaires et l’enseignant respecté, se cachait une vie marquée par la passion, les épreuves familiales et des relations complexes. Mark s’était d’abord marié à une première femme, union de laquelle est né Cris Allan Yeung Shi Yin, aujourd’hui présumé commanditaire du meurtre de son propre père. Ce mariage s’est soldé par un divorce.
Plus tard, il refait sa vie aux côtés de Martine, décrite par les proches comme «une femme exemplaire», toujours au chevet de son mari. Ensemble, ils ont eu deux enfants : Kim, 18 ans, et un garçon âgé de 16 ans, qui a survécu au drame après avoir été retenu en otage avec son père. Toutefois, après des hauts et des bas, son épouse a demandé le divorce peu avant 2018. Depuis, Mark vivait seul, consacré à ses passions et à ses enfants.
Avant de se consacrer à l’aquariophilie, Mark avait une carrière solide dans l’éducation. Professeur de chimie au Collège Royal de Curepipe, surnommé affectueusement «le chimiste», il était connu pour sa jovialité, sa patience et sa passion pour la transmission du savoir. Sa véritable passion cependant se trouvait dans le monde aquatique. En mai 1990, il fonde Mark’s Aquarium, qui deviendra une institution à Maurice dans le domaine du fishkeeping. Plusieurs acteurs du secteur, comme Aqua Tic Showroom et Adil Petlovers, lui ont rendu hommage sur les réseaux sociaux, le décrivant comme une légende et un pionnier qui a marqué des générations d’amateurs.
Relation tendue
Malgré sa réussite professionnelle, Mark portait un lourd fardeau : la relation tendue avec son fils aîné. Depuis plusieurs années, les rapports entre eux étaient extrêmement conflictuels. Selon des proches, Allan aurait régulièrement volé de l’argent dans le commerce de son père et aurait même caché de la drogue dans la maison familiale. Sa descente dans l’univers de la dépendance a aggravé la rupture affective avec Mark. Aujourd’hui, les enquêteurs considèrent Cris Allan Yeung Shi Yin comme le commanditaire présumé du meurtre de son propre père, un aspect qui choque profondément la communauté. Un proche de la famille n’hésite pas à dire : «Allan, c’est un diable en personne. Il a trahi son père, alors que Mark n’avait jamais fait de mal à personne.»
Dans son quartier, Mark était reconnu comme un homme pacifique et dévoué. Le propriétaire de Twin’s Tattoo, son voisin depuis huit ans, raconte : «On n’a jamais eu le moindre conflit. C’était quelqu’un de très sympa, un véritable bosseur qui faisait tout pour ses enfants. C’était un vrai pacifique. Je n’aurais jamais cru qu’il aurait subi quelque chose d’aussi terrible un jour. Lorsque ce terrible événement est arrivé, j’étais le premier sur les lieux. Son fils m’a dit qu’ils avaient été cambriolés et que son père avait été tué. J’ai immédiatement averti les policiers et les pompiers.» Ce témoignage illustre l’estime et la considération dont Mark bénéficiait dans sa communauté.
Aujourd’hui, Mark laisse derrière lui une entreprise prospère, des collaborateurs fidèles et une communauté en deuil. Sa vie raconte l’histoire d’un homme passionné et généreux, mais aussi le drame d’une famille déchirée par la trahison. Son décès tragique rappelle combien la violence peut s’immiscer même dans les vies les plus ordinaires et respectées. Pourtant, les souvenirs de Mark – enseignant, entrepreneur, père et voisin aimant – restent gravés dans les cœurs de ceux qui l’ont connu. Il est et restera, pour beaucoup, une légende du fishkeeping et un modèle de vie dévouée à ses passions et à ses proches.
Meurtre de Mark Yeung
Quatre suspects, dont le fils de la victime, devant la Cour de Pamplemousses
L’affaire du meurtre de Mark Yeung Shi Yin, âgé de 74 ans, propriétaire de Mark’s Aquarium à Baie-du-Tombeau et domicilié à l’avenue des Roses au morcellement Swan, continue de secouer la communauté locale. Le drame s’est produit dans la nuit du jeudi 2 octobre, lorsqu’un incendie criminel a été signalé à son domicile. À l’arrivée des premiers intervenants, le corps calciné de la victime a été découvert. Un de ses fils, âgé de 16 ans, a survécu et a livré un témoignage crucial pour l’enquête.
Dès les premières heures, la Major Crime Investigation Team (MCIT), assistée de la DCIU Metro North, placée sous la supervision du DPS Aliphon, a ouvert une enquête approfondie pour déterminer les circonstances exactes du meurtre. Très rapidement, plusieurs suspects ont été identifiés. Vendredi 3 octobre, quatre individus ont comparu en cour de district de Pamplemousses sous une charge provisoire de meurtre : Allan Chris Yeung Shi Yin, fils du défunt et présumé commanditaire, Pascal Barry, Jordan Jonathan Dylan Aimé, âgé de 23 ans, et un mineur de 16 ans, encore scolarisé. La police a objecté à leur remise en liberté provisoire, invoquant un risque sérieux de compromission de l’enquête. Tous ont été reconduits en cellule à l’issue de l’audience.
Une des clés de l’enquête a été l’identification d’une voiture de location liée à Allan Chris Yeung Shi Yin. Les caméras Safe City ont permis de retracer ses déplacements et de confirmer un lien direct entre le fils de la victime et le lieu du crime. Cette voiture avait été louée auprès d’une société de location à Trou-aux-Biches quelques jours avant le drame. L’analyse des images a renforcé la thèse d’un plan prémédité, dans lequel Allan aurait joué un rôle central en orchestrant l’attaque.
Selon les enquêteurs, Allan Yeung Shi Yin, tombé dans une spirale de drogue depuis plusieurs mois, entretenait des relations conflictuelles avec son père. L’homme d’affaires, excédé par les vols répétés et les frasques de son fils, avait fini par couper les ponts avec lui, ce qui aurait pu alimenter les motivations.
Lors de son interrogatoire approfondi, Allan Chris Yeung Shi Yin a nié avoir porté les coups fatals à son père. Il a toutefois admis avoir conçu un plan sur plusieurs jours et dénoncé ses complices, décrivant le scénario de la nuit fatale. Selon ses déclarations, c’est Jordan Jonathan Dylan Aimé qui se serait acharné sur Mark Yeung et aurait porté les coups mortels. Allan Yeung Shi Yin a également mentionné l’implication de Pascal Barry et du mineur de 16 ans.
Pour sa part, Jordan Aimé nie être l’auteur des coups et accuse Allan Yeung Shi Yin, affirmant que ce dernier aurait frappé la victime lorsqu’elle s’est réveillée après avoir entendu un bruit suspect. Cette version ne correspond toutefois pas aux déclarations des autres suspects, ce qui laisse la police envisager l’implication possible d’un cinquième individu, toujours recherché. Les enquêteurs se concentrent actuellement sur cette piste afin de déterminer si une personne extérieure a participé au meurtre ou joué un rôle décisif dans l’attaque.
Témoignage de la mère de Pascal Barry
La mère de Pascal Barry, âgé de 18 ans et l’un des suspects, a livré un témoignage poignant à la presse. Elle soutient que son fils aurait été manipulé par Allan Chris Yeung Shi Yin. Elle raconte :
«Mon fils m’avait dit la veille qu’il devait partir travailler avec le fils de Mark à Mahébourg. Il avait l’habitude d’aller nettoyer des aquariums avec ce dernier. Le lendemain, mon fils n’était pas rentré. Lorsque j’ai appris ce qui était arrivé à Mark, j’ai appelé mon fils. Il a répondu qu’il était à Grand-Baie, mais je sentais dans sa voix que quelque chose clochait.»
Elle ajoute : «Il était très proche du fils de Mark. Vu que Mark était réputé pour être une bonne personne, je pensais qu’il en était de même. Mon fils a été influencé et s’est laissé berner par Allan.»
Ces déclarations viennent étayer la thèse selon laquelle Allan Yeung Shi Yin aurait eu un rôle moteur dans l’organisation de l’attaque, exploitant la proximité et la confiance de son entourage pour manipuler ses complices.
Le jeudi 2 octobre, après la mise à feu et la découverte du corps calciné de Mark Yeung, le mineur de 16 ans, survivant, a livré des détails essentiels sur la manière dont le cambriolage initialement prévu a dégénéré en meurtre. Selon les éléments de l’enquête, l’attaque n’était pas un simple cambriolage : elle aurait été planifiée pour causer un préjudice maximal à la victime, avec une exécution coordonnée entre les quatre suspects.
La DCIU Metro North et la MCIT ont travaillé en collaboration pour recueillir les preuves matérielles, y compris les images de surveillance, les relevés téléphoniques et les témoignages directs. Ces éléments ont permis d’établir un lien clair entre la planification et l’exécution du crime, confirmant la gravité et la préméditation de l’acte.
L’enquête se concentre également sur la dynamique familiale et sociale entourant la victime, notamment sur le rôle que les conflits familiaux et les influences extérieures ont pu jouer dans la planification du crime. La MCIT poursuit les interrogatoires et les analyses de preuves afin de reconstituer avec précision les événements de la nuit du 2 octobre.
Le meurtre de Mark Yeung a profondément choqué la communauté de Baie-du-Tombeau et plus largement l’ensemble de l’île. La victime, connue pour son activité commerciale et son engagement dans la vie locale, laisse derrière elle une famille meurtrie et un commerce affecté par le drame. Les autorités insistent sur l’importance de collaborer avec les enquêteurs et rappellent que tout renseignement sur l’éventuel cinquième suspect pourrait être crucial pour résoudre complètement l’affaire.
Publicité
Publicité
Les plus récents