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Messe du tourisme

L’accueil, ADN mauricien : le message du père Kenny

2 octobre 2025, 13:43

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L’accueil, ADN mauricien : le message du père Kenny

La messe du tourisme s’est tenue ce jeudi 2 octobre à l’hôtel Long Beach, à Belle-Mare. Photo crédit : La Vie Catholique

C’est dans le cadre du Jubilé que la traditionnelle messe annuelle dédiée au monde du tourisme s’est tenue à l’hôtel Long Beach, à Belle-Mare, ce jeudi 2 octobre. Depuis 1987, ce rendez-vous initié par la Commission diocésaine de la Pastorale du tourisme rassemble professionnels, responsables et croyants pour rendre grâce et réfléchir ensemble sur l’avenir de ce secteur vital.

Cette année, la célébration était présidée par le père Georgy Kenny, nouvel aumônier de la commission, qui a livré une homélie marquante, centrée sur le thème : «Pour un tourisme à visage humain.»

Le père Kenny a d’abord rappelé le chemin parcouru depuis l’indépendance. Grâce au courage, à la créativité et à l’audace des pionniers, le tourisme est devenu un moteur économique majeur pour Maurice, mettant l’île sur la carte mondiale et créant des milliers d’emplois. «Le tourisme a permis de révéler nos richesses culturelles et religieuses, et de faire de l’authenticité notre force», a-t-il souligné.

L’Église, elle aussi, a pris part à ce développement en créant dès 1987 la Commission diocésaine et en publiant en 1991 une lettre pastorale de Mgr Jean Margéot : Le tourisme, une chance à ne pas perdre.

Les leçons de la crise sanitaire

Revenant sur la pandémie de Covid-19, le prêtre a évoqué la résilience d’un secteur brutalement stoppé par la fermeture des frontières. «Aujourd’hui, nous ne pouvons que nous réjouir de la reprise», a-t-il affirmé, tout en appelant à repenser le tourisme pour qu’il demeure une véritable chance pour l’île.

Au cœur de son homélie, le père Kenny a insisté sur la dimension humaine du tourisme. Il a rendu hommage aux quelque 2 000 travailleurs étrangers employés dans le secteur : «Leur présence est une richesse. À nous de les accueillir avec respect et de valoriser leur contribution.»

Citant Jean-Paul II, il a rappelé que travailler signifie avant tout «travailler avec et pour les autres». Pour lui, un tourisme à visage humain est celui qui respecte la dignité de chaque personne, fait du travail un lieu d’épanouissement et encourage la solidarité. Autre enjeu central : l’écologie. Le père Kenny a salué les efforts déjà entrepris par plusieurs groupes hôteliers dans le développement durable ‒ réduction de la consommation d’énergie, recours aux produits locaux, meilleure gestion des déchets. Mais il a aussi rappelé l’avertissement lancé dès 2011 par Mgr Maurice Piat dans sa lettre pastorale Développer un nouvel art de vivre écologique. «Le patrimoine naturel est au cœur de notre industrie touristique. Le dégrader, c’est fragiliser notre avenir», a-t-il insisté.

Un tourisme d’intégration sociale

«Le touriste ne vient pas seulement pour les plages, mais pour rencontrer un peuple et une culture», a rappelé le père Kenny. Il a mis en garde contre la montée de la violence, qui menace l’image d’hospitalité de l’île.

Préserver la qualité de l’accueil passe par la formation des jeunes. Si certains choisissent de travailler à l’étranger, il a encouragé à renforcer l’École hôtelière et les initiatives qui valorisent les talents locaux, en partenariat entre le public et le privé. Enfin, il a salué le projet Partaz Kiltir Moris porté par la Commission diocésaine, qui soutient la création de micro-entreprises locales et favorise la rencontre entre habitants et visiteurs. «Le tourisme doit être un lieu d’intégration sociale, une occasion de partager notre culture et notre vivre-ensemble.»

Concluant son homélie, le père Georgy Kenny a lancé un appel vibrant : «Que nos actions reflètent nos valeurs de solidarité et de bienveillance. Que chaque rencontre avec le visiteur devienne une occasion de témoigner de notre humanité.» Pour lui, marcher ensemble dans l’espérance, c’est bâtir un tourisme respectueux de l’homme, de la nature et de Dieu, un tourisme qui honore la beauté de la création et qui demeure fidèle à l’ADN mauricien : l’accueil.

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