Publicité

Champion du Monde de Formule Electrique 2024 avec Porsche

Pascal Wehrlein : «Venir à Maurice, c’est comme si je retournais à la maison»

2 octobre 2025, 09:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Pascal Wehrlein : «Venir à Maurice, c’est comme si je retournais à la maison»

■ Le champion posant en compagnie de sa famille mauricienne. (Photos : Krishna Pather)

Le pilote allemand, né de mère mauricienne, était de passage chez nous, le temps d’une soirée caritative dans les locaux de Porsche à Phoenix. Entre deux signatures d’autographes, il s’est livré sur sa carrière jusqu’à présent.

La dernière fois que nous avions rencontré Pascal Wehrlein, c’était le 1er janvier 2020 dans les locaux déserts – normal pour un 1er janvier – du Coworking à Port-Louis. Vêtu simplement d’un short et d’un t-shirt à l’époque, il représentait l’insouciance du jeune pilote qu’il était, à la découverte de la Formule Electrique (dit Formule E) sous les couleurs de l’équipe indienne de Mahindra Racing. Mais déjà, il nous confia qu’il savait ce qu’il voulait dans la vie, c’est-à-dire, gagner des courses. Il se donnait trois ans pour réussir…

Septembre 2025, c’est à bord d’une Porsche Cayenne qu’il débarque dans les locaux rénovés de Porsche à Maurice, à Phoenix. Cette fois, le pilote de 31 ans est accompagné de sa partenaire, de sa fille de deux ans, de sa maman ainsi que de ses tantes, oncles et cousins. Habillé élégamment, cette fois, il est accueil- li par Dean Ah Chuen, le CEO du Centre Porsche Ile Maurice et CEO d’ABC Automobile ainsi que des privilégiés triés sur le volet pour une soirée où il sera la star. Détail qui vaut son pesant d’or: il est désormais champion du monde avec le TAG Heuer Porsche Formula E Team et est devenu le père d’une petite Soleya.

Saison 2025 - 2026

«2025 était une saison difficile», fait-il remarquer, d’emblée. «On a commencé délicatement à Sao Paulo pour la première course, donc ce n’était pas un début idéal», dit-il. Mais il remporte la course de Miami, alternant entre les premières places et les moins bonnes. «Avec les changements qu’on a eus la saison dernière, c’était un gros challenge car mes adversaires se sont améliorés», avoue-t-il. Dans un championnat remporté finalement par le Britannique Oliver Rowland, il finit à une honorable troisième place au classement général mais son équipe, TAG Heuer Porsche Formula E Team, gagne le titre de meilleure équipe devant les monoplaces de Jaguar et Nissan. «Quelque part c’était une saison positive», lance-t-il.

«Ce qui importe quand on fait la course, c’est de devenir champion. Tout ce qui se passe après, devient une déception si on ne finit pas champion. Donc, on s’attend à faire une bonne saison 2026», avance-t-il en parlant de la prochaine saison qui débute en décembre de cette année. A partir de ce mois-ci, il reprend déjà le chemin des locaux de Porsche pour mettre toutes les chances de son côté.

Untitled design.jpg ■ Pascal et sa compagne Sibel et leur fille Soleya.

«Il faudra améliorer nos faiblesses. On a remarqué que dans certains secteurs, la concurrence est meilleure. Donc on a établi un plan de travail pour faire des tests et rendre la voiture encore plus performante. Il y aura plus de courses cette année donc plus de déplacement pour nous. En fait, c’est ca, la partie la plus fatigante de la compétition. Nous sommes habitués à rouler des voitures, mais ce sont les répercussions physiques des décalages horaires qui sont les plus difficiles à gérer», avoue-t-il.

2026 verra effectivement l’intro- duction de deux nouvelles courses, contre 16 actuellement. «Pour la voiture, il y a toujours des changements, par rapport au circuit ou aux pneus plus tendres. On emmagasine toutes les données afin de nous améliorer. Et concernant le pilote, il y a l’aspect humain qu’il faut prendre en compte, comme l’erreur humaine. Par exemple, si un pilote refait le même circuit, il peut faire les choses différemment», explique-t-il. Par différemment, il veut dire en mieux ou en mal.

Nouveau statut

Cinq ans, depuis sa dernière visite à Maurice, Pascal Wehrlein est devenu une star dans le monde des sports mécaniques. «La dernière fois que j’étais venu ici, j’étais un peu plus jeune. Maintenant, je suis champion du monde et je suis devenu papa. Donc, on va dire que je suis à une autre étape de ma vie. A l’époque, j’avais déjà gagné en DTM (Ndlr : Le Deutsche Tourenwagen Masters - DTM - est un championnat allemand de voitures de tourisme. En 2015 il était le champion) mais je devais prouver qui j’étais en Formule E et donc cela passait par remporter des courses», se souvient-il

Des victoires qui l’ont mené au titre suprême dans son sport. «En décrochant le titre l’année dernière, c’est une des plus belles cases de ma vie que j’ai cochées. Et ça a une saveur particulière de l’avoir fait avec la marque allemande Porsche, étant moi-même, Allemand. Si cinq ans de cela, on m’avait donné le choix sur comment allait être mon futur, j’aurais choisi le parcours que j’ai réalisé jusqu’à présent», nous confie-t-il.

Puisqu’il n’y a pas que le sport dans la vie, Pascal Wehrlein est devenu papa d’une petite Soleya, le 15 février 2023. C’est une des raisons pour lesquelles il ne pouvait pas visiter Maurice, lui qui avait pour habitude de venir tous les ans. Sa compagne, Sibel, était enceinte et sa fille était trop petite pour les voyages. «Devenir papa est la meilleure chose qui puisse arriver dans la vie. Aucun accomplissement dans ma carrière ne peut se mesurer aux émotions que je ressens en étant un père et voir ma fille grandir», dit-il avec la lueur dans les yeux.

Untitled design (1).png

Pour l’anecdote, lors de la dernière course en 2024, celle qui l’a sacré champion du monde, sa fille alors âgée d’un an, a partagé ces moments d’euphorie dans le paddock. «Quand j’ai gagné le titre, elle était présente à Londres. Elle a partagé mon émotion et elle m’acclamait tout comme les gens de mon équipe. Je pense que c’est la première fois qu’elle comprenait le monde dans lequel j’évolue. Ce souvenir là est le meilleur souvenir de ma vie entière. Même maintenant, elle continue à m’applaudir quand elle voit mon casque ou ma voiture», se souvient-il.

Quid de la Formule 1 ?

En 2016, il avait fait ses débuts en Formule 1 avec Manor Racing. En 2017, Il rejoint Sauber pour une deuxième saison en F1. Son avenir en F1 était compromis en 2018 lorsque Sauber signa un certain… Charles Leclerc. C’est là qu’il se tourna vers d’autres opportunités dont la Formule E. Mais un retour en Formule 1 est-il envisageable ? En 2020, il nous disait qu’il préfère concourir pour le titre dans un championnat moins connu, plutôt que pour les places entre 6ᵉ et 15ᵉ dans un championnat connu.

«La Formule 1 me semble loin dans ma tête car je n’avais que 21 ans. Pour être honnête je ne suis pas la Formule 1 aussi souvent que je le faisais, avant. Je pense que je ne pourrais pas être dans une meilleure situation professionnelle que je le suis maintenant. C’est un beau parcours que celui que j’ai eu avec Porsche depuis que je les ai rejoints en 2020. Au début, on se battait pour un podium et maintenant on est devenu l’équipe à battre. S’il y a une équipe à vaincre, dorénavant, pour devenir champion c’est Porsche. Et qui plus est, je suis un grand admirateur de Porsche», reconnaît-il.

Cependant, la F1 est la quintessence du sport mécanique et la Formule E n’est pas aussi populaire. «Un grand pas qui a été franchi récemment, avec la création d’une chaîne de télévision spécialement dédiée à la Formule E sur Amazon. On y suit des courses, mais aussi ce qui se passe en coulisses. Cela va toucher plus de monde afin d’avoir plus de popularité et d’audience. Il ne faut pas oublier que la Formule E n’a que onze ans et au fil des années, avec les développements, sa notoriété va augmenter», pense Pascal Wehrlein.

Et pourquoi changer s’il y trouve son compte ? «Tant que j’accomplis de belles choses, ils vont me soutenir et me pousser plus loin. Comme par exemple, l’équipe me permet aussi de concourir pour les 24 heures du Mans. Avec Porsche, on roule pour gagner, pas pour des places d’honneur. Je n’échangerais pas la position que j’ai actuellement pour d’autres opportunités qui pourraient apparaître. Je réalise que j’ai de la chance d’avoir une voiture qui peut concourir pour le titre. J’attends également avec impatience, la nouvelle génération de voitures», renchérit-il.

Débuts aux 24h du Mans

C’est dans une Porsche 963 aux côtés de Felipe Nasr et Nick Tandy dans la catégorie des «hypercars» où quinze équipages étaient en lice que Pascal Wehrlein a fait ses débuts au Mans. «Porsche accorde autant d’importance aux 24 heures du Mans que la Formule E. Je ne sais pas si je vais être dans l’équipe l’année prochaine, mais en termes de sensations je dirais que c’est comparable aux courses de DTM. C’est pour cela que l’adaptation aux voitures du Mans a été plus facile pour moi», soutient-il.

Il se souvient de cette course comme si c’était hier : «Ce circuit du Mans a un cachet particulier, spécialement la nuit. En fait, il n’y a pas de lumière sur le circuit. Ce sont uniquement les phares qui nous éclairent. Et rouler à 350 km/h à travers la forêt où on voit les branches des arbres suspendus sur le circuit, cela sort tout droit de l’imaginaire.»

C’est une course à laquelle, il a toujours voulu participer. «A chaque tour de circuit, il y avait de l’action car il faut savoir qu’il y a plusieurs catégories de voitures, donc, certaines plus rapides que d’autres. Et puis, c’était la première fois que je partageais la voiture avec deux autres coéquipiers donc c’était une belle expérience», laisse-t-il entendre.

Maurice, sa vitamine !

C’est donc après cinq ans qu’il refoule le sol mauricien. «Venir à Maurice, c’est comme si je retournais à la maison», lance-til avec le sourire plein les yeux. Avec sa maman Chantal et les frères de celleci, il «recharge ses batteries». Pour un pilote de voiture électrique, cela tombe bien ! «C’est vrai que j’ai plusieurs maisons à travers le monde, parce que j’ai grandi en Allemagne, puis j’ai bougé en Suisse où je suis en train de construire ma vie de famille avec ma compagne et ma fille. Mais quand je retourne ici, c’est spécial parce que j’y ai plusieurs membres de la famille. Ce n’est pas comme si ce sont uniquement des vacances. Après deux semaines passées ici, je me sens revigoré, après les moments spéciaux de rires et de joies en famille», conclut-il.

Chiche ! La batterie est chargée à bloc. Nous suivrons tous le parcours de ce pilote qui a du sang mauricien dans les veines…


Vente aux enchères : Rs 1 million récoltées pour «Enn Rev Enn Sourir» grâce à Pascal Wehrlein

L’Organisation Non-Gouvernementale «Enn Rev Enn Sourir» pourra apporter un sourire sur le visage des enfants grâce au million de roupies récoltées la semaine dernière dans les locaux de Porsche Maurice. Une vente aux enchères a effectivement été organisée et trois items offerts par le champion du monde de Formule électrique, Pascal Wehrlein, ont fait des heureux. Les voitures en miniature ont trouvé preneurs à Rs 25 000. Un billet pour les loges VIP au Grand-EPrix de Monaco et accès aux stands a été le plus disputé parmi ceux présents. Le veinard pourra profiter de cette opportunité après avoir dépensé Rs 150 000.

image.png ■ Le casque du champion du monde de Formule E, Pascal Wehrlein, a été mis aux enchères. Il a été vendu à Rs 450 000.

Mais le haut fait de cette vente aux enchères a été le casque de champion du monde. Comme l’a fait remarquer le pilote allemand d’origine mauricienne, le casque tient une place spéciale dans le cœur de chaque pilote parce qu’il est dessiné selon leurs désirs. Sur celui de Pascal Wehrlein, on peut y voir le drapeau allemand et celui de Maurice, ses deux patries. On pouvait encore sentir les effluves de nombreuses heures d’effort. Ce casque unique a été vendu à Rs 450 000 après que les enchères ont débuté à Rs 100 000.

La mission de l’ONG «Enn Rev Enn Sourir» est de «veiller à ce que tous les enfants aient la chance de bénéficier du meilleur traitement possible et que leur situation financière ne soit pas un obstacle pour sauver leur vie.» Comme Pascal Wehrlein apporte son soutien à de nombreuses associations caritatives, il a voulu apporter sa contribution financière, lui aussi. Ainsi, à la somme de Rs 625 000 récoltées par la vente des items présentés ce soir-là, il a rajouté Rs 375 000 pour arrondir la contribution finale à Rs 1 million.

image.png

Publicité