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Pensions : experts contre certitudes faciles

30 septembre 2025, 09:00

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Pensions : experts contre certitudes faciles

■ En 2001, la Banque mondiale préconisait déjà le passage de la pension de 60 à 65 ans…

Le nom de ce comité, «Commission of Experts», nommé comme promis par le gouvernement, vendredi, dit tout. C’est un comité d’experts au mandat très large, chargé notamment de revoir la pension universelle, le tandem NPF/CSG, les pensions déficitaires des corps paraétatiques ainsi que les pensions des élus et autres dignitaires. Certains syndicalistes ont protesté, souhaitant en faire partie, même si leur «expertise» n’est pas, a priori, évidente. Nous avons voulu en savoir davantage et avons interrogé le président de cette nouvelle commission, Ashok Prayag.

Fraîchement nommé à la présidence de cet important comité pour l’avenir des pensions et du pays, dites-nous comment vous entrevoyez votre mandat.

La commission des experts, que l’on peut aussi appeler la commission sur la réforme des pensions, a été mise sur pied par le gouvernement pour entreprendre une étude chiffrée approfondie de l’ensemble du système des pensions sponsorisées ou financées par l’État. Cette étude couvrira les aspects financiers du système actuel, en mettant l’accent sur sa soutenabilité à long terme, tout en tenant compte de l’équité entre les générations successives appelées à en bénéficier et à le financer, puisqu’en fin de compte l’État ne peut être financé que par les citoyenscontribuables.

De ce fait, la commission est composée de professionnels dans les domaines des sciences actuarielles – dont c’est le champ d’action spécialisé – mais aussi d’économistes et d’une statisticienne. Ainsi, au vu des attributions très larges de la commission, les critiques hâtives de certains représentants syndicaux sur sa composition sont erronées et malvenues.

Ceci dit, lors de ses travaux préliminaires, la commission entreprendra certainement des consultations très larges avec la société civile et les associations syndicales, qui auront ainsi amplement l’occasion de faire entendre leurs points de vue et de transmettre leurs propositions.

Si nous avons bien compris, votre commission d’experts regroupera et analysera les chiffres et les faits, tandis que le gouvernement – notamment à travers le «Steering Committee» gouvernemental nommé pour accompagner la commission – ainsi que le Cabinet ministériel, resteront chargés des décisions ?

C’est bien cela. Il appartiendra aux pouvoirs publics de décider des contours de tout système de pensions que l’État aura les moyens de financer, compte tenu de la trajectoire démographique du pays et de celle des finances publiques.

Avez-vous une idée du temps qu’il faudra à votre comité pour faire son rapport et s’il sera rendu public ?

Vu l’étendue du champ d’action de la commission, les études préalables et les consultations avec les parties prenantes à entreprendre, ainsi que la complexité des analyses, avant que la commission – composée de membres à temps partiel – ne puisse formuler ses recommandations, nous estimons, à ce stade, pouvoir remettre le rapport final dans un délai de 18 mois au plus tard. Toutefois, des rapports intérimaires au Steering Committee sont également prévus. Il appartiendra ensuite à ce comité de décider si le rapport final sera publié. Au niveau de la commission, nous n’y voyons aucun inconvénient.

Membres du comité des experts

Nureshkumar (Ashok) Prayag, Bernard Yen, Yvan Legris et Sattar Jackaria (actuaires), Azad Jeetun et Veerana Tandrayen-Ragoobur (économistes), ainsi que Li Fa (Aimé) Lan Kai Shuet (statisticienne).

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