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Le cœur des Mauriciens touché de plus en plus tôt
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Le cœur des Mauriciens touché de plus en plus tôt
«Lorsqu’un malade est sur la table d’angiographie, il est déjà trop tard.» La formule, lancée par le cardiologue Nilesh Mohabeer, résume l’urgence du combat contre les maladies cardiovasculaires. Prévenir reste la clé, rappellent les experts, alors que le pays se dote pour la première fois d’un registre national sur les maladies cardiaques.
Sous le thème «Ne ratez aucun battement», ce lundi 29 septembre, l'hôpital Dr. A. G. Jeetoo a célébré la Journée mondiale du cœur, marquée par le lancement d'un nouveau registre cardiaque. Les chiffres donnent la mesure de l’urgence. Près d’un tiers des décès enregistrés en 2023 étaient liés à des maladies cardiovasculaires, dont 60 % à des affections cardiaques. Le registre révèle aussi que près de la moitié des patients ayant subi un infarctus sont diabétiques tandis que plus de la moitié souffrent d’hypertension.
Plus inquiétant encore : l’âge du premier infarctus est en chute libre, passant de 72 ans en 2012 à environ 68 ans aujourd’hui, avec des cas recensés dès l’âge de 30 ans. Même si les chiffres sont bas, constater que l’abaissement de l’âge des patients avec des problèmes cardiaques, est alarmant ! «Ces chiffres sont un véritable signal d’alarme. Les maladies cardiaques ne sont plus uniquement une condition du troisième âge, elles frappent désormais les Mauriciens en pleine vie active», a souligné Anil Kumar Bachoo, ministre de la Santé. Les spécialistes présents ont dressé le même constat.
Le cardiologue Nilesh Mohabeer a insisté sur le rôle clé du registre : centraliser les données pour mieux cibler les campagnes de prévention et identifier les facteurs de risque. «L’âge du premier infarctus a reculé de 25 ans en 15 ans. Cela démontre à quel point nous devons renforcer le dépistage et la prévention», a-t-il insisté.
De son côté, Dr Oomesh Shamloll, responsable du service de cardiologie à l’hôpital Jeetoo, a rappelé l’importance de documenter chaque cas pour améliorer la prise en charge, saluant les équipes qui ont permis à l’unité d’obtenir une distinction internationale. La représentante de l’Organisation mondiale de la santé, Anne-Marie Ancia, a, quant à elle, replacé la problématique dans un cadre global : plus de 20 millions de personnes meurent chaque année dans le monde des suites de maladies cardiovasculaires, dont 3 600 Mauriciens. «Au-delà des pertes humaines, les décès prématurés privent le pays de citoyens en âge productif et exercent une pression énorme sur le système de santé», a-t-elle déclaré. Elle a plaidé pour une stratégie nationale intégrée, axée sur la prévention, la lutte contre le diabète, l’hypertension et l’obésité, ainsi que sur des politiques multisectorielles capables de transformer l’environnement alimentaire et social.
Le ministre Bachoo a saisi l’occasion pour annoncer une série d’initiatives, notamment des campagnes de dépistage dans les centres de santé, la mise en œuvre de programmes d’activités physiques gratuits dans la communauté et une sensibilisation renforcée à travers les médias publics. «Protéger son cœur commence par des choix quotidiens : bien manger, bouger, éviter le tabac, limiter l’alcool et gérer le stress. Chaque Mauricien a le pouvoir d’agir», a rappelé Anil Kumar Bachoo, lançant un appel à la responsabilité individuelle et collective.
Le registre cardiaque constitue désormais une base scientifique solide pour orienter les politiques de santé et répondre à un enjeu devenu majeur : préserver le cœur des Mauriciens, et ne pas manquer un battement.
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