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Affaire Reward Money
Un mémo explosif de l’ex-CP Dip adressé à la SBM
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Affaire Reward Money
Un mémo explosif de l’ex-CP Dip adressé à la SBM
? Les instructions qui ont permis à l’ASP Seewoo et l’ACP Gangadin de faire des retraits bancaires quotidiens de Rs 1 M
Dans le scandale financier qui secoue la police, la Financial Crimes Commission (FCC) enquête sur des instructions présumées de l’ancien commissaire de police (CP), Anil Kumar Dip, adressées à la banque pour que des retraits quotidiens de montants élevés destinés aux informateurs, qui auraient été encaissées par quelques policiers sur leurs comptes personnels, contournant les limites légales et les règles internes bancaires.
Le mémo présumé de l’ancien CP Dip
La FCC est en possession de mémos présumés de l’ancien CP Anil Kumar Dip, adressés à la banque pour que des fonds du Reward Money soient décaissés et versés sur les comptes d’officiers tels que l’ASP Rajcoomar Seewoo, alors posté à la Special Intelligence Cell de la SSU et actuellement affecté à l’Eastern Division. Il a été arrêté sous une charge provisoire de blanchiment d’argent en vertu des articles 36(1)(b) et 38 de la FCC Act. De septembre 2024 à ce jour, Rs 34,75 M ont été versées sur son compte bancaire comme Reward Money, destiné aux informateurs. La FCC soupçonne que la totalité de cette somme réclamée n’a pas été remise aux informateurs. Des retraits d’un Rs 1 M ont été effectués de son compte en novembre 2024 pendant plusieurs jours.
En même temps, le compte de l’ACP Dunraz Gangadin a été utilisé pour des retraits en espèces totalisant Rs 14 millions entre le 18 octobre et le 7 novembre 2024, à raison de Rs 1 M par jour. Ces montants dépassent largement les plafonds fixés par la loi et la banque. La Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act (FIAMLA) impose un plafond de Rs 500 000 par retrait, tandis que la SBM le limite à Rs 350 000 pour ses clients ordinaires. Les témoins clés appelés à s’expliquer sur ces transactions sont les officiers de la banque, l’ex-Manager Financial Operation de la police et le DCP Jhugroo qui sont des éléments essentiels à l’enquête.
Une enquête en cours et des implications pour la hiérarchie
La FCC tente de retracer le chemin des Rs 198 millions de Reward Money et de déterminer si le système a été détourné pour des profits personnels au détriment des informateurs. Des questions cruciales se posent : Comment des montants aussi importants ont-ils pu passer inaperçus pendant plusieurs années ? Les prochains visés pourraient inclure des membres de l’Internal Control Unit et de l’administration de la police, afin de comprendre comment ces pratiques ont pu perdurer et quelles failles ont été exploitées.
Traditionnellement, les fonds étaient remis à un DCP de l’Anti-Drug and Smuggling Unit sous forme de chèque à son nom, puis redistribués en liquide aux informateurs. Sous le CP Dip, la méthode aurait été modifiée et il aurait demandé au Manager Finance Operations (MFO) que les sommes soient déposées directement sur les comptes des policiers concernés, notamment l’ACP Gangadin, l’ASP Seewoo et les sergents Hossen et Seeboruth. Cette pratique soulève de sérieux doutes sur la transparence et le contrôle interne du système. La FCC s’interroge également sur l’amendement des Standing Orders du 31 décembre 2021, qui aurait facilité ces transactions directes, et cherche à comprendre le pourquoi de cette modification.
Paiements sous contrôle mais opaques Sous le mandat de l’ex-CP Dip, le Standing Order 122, qui encadre les paiements de récompense, a été modifié à deux reprises, notamment en décembre 2021, permettant le versement de fonds avant même le jugement des affaires. Entre 2022 et 2024, ces modifications ont facilité des décaissements massifs dépassant Rs 198 millions et jugés irréguliers par la FCC. Les fonds concernaient notamment la Special Striking Team, la Special Intelligence Cell et la Force Crime Intelligence Unit, toutes relevant directement de la responsabilité de l’ex CP Dip.
Selon le Standing Order 122, l’officier recevant les fonds doit certifier sur un bon spécifique : «I certify that the informer has been paid by me.» Ce bon est ensuite transmis au MFO. Aucune preuve de signature ou de reçu de l’informateur n’est jointe, rendant le processus difficile à suivre et susceptible d’abus. Toutefois, l’ex-CP Dip a affirmé que toutes les procédures ont été respectées et que l’Internal Control Unit, supervisée par le DCP Administration, n’avait relevé aucune irrégularité.
Les risques de cette modification
La modification du Standing Order 122 a introduit une opacité systémique. Elle a permis de décider et d’agir dans l’ombre, sans possibilité de suivi réel des transactions. L’utilisation et la distribution des fonds ne sont plus facilement contrôlées, ouvrant la porte à des abus ou détournements. En pratique, le processus opérationnel est devenu secret, privant les autorités de tout mécanisme de vérification transparent.
Cette affaire met en lumière des failles dans le système de contrôle interne de la police et soulève des questions sur la transparence dans l’attribution des récompenses. Elle démontre comment la modification d’un simple Standing Order peut avoir des conséquences majeures, compromettant la confiance dans la gestion des fonds publics et la supervision des unités policières.
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