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Crossbreed Supersoul
Un dernier concert pour dire «au revoir»
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Crossbreed Supersoul
Un dernier concert pour dire «au revoir»
(De g. à dr.) Laurent Blackburn, Roro Constantin et Vincent Brasse.
Le Café du vieux conseil ne sera pas demain soir une simple salle de concert. Il sera un lieu de mémoire, un écrin chargé de riffs, de souvenirs et de fraternité. Car à partir de 19 heures ce vendredi, le groupe Crossbreed Supersoul montera sur scène une dernière fois, pour offrir au public ce qu’il sait faire de mieux : du rock authentique, sincère, né de l’amitié et du partage.
Crossbreed Supersoul n’a jamais été une formule marketing. Dès sa création en 2004, il s’agissait d’un pacte entre cinq amis, cinq complices liés par une même passion dont Vincent Brasse (chant, guitare acoustique), Roro Constantin (lead guitare), Armand Gachet (basse), Laurent Blackburn (guitare, chœurs) et Guylain Blackburn (batterie).Très vite, l’évidence s’est imposée : leurs routes devaient se croiser. De cette rencontre est né un son hybride, un «crossbreed» de leurs influences, qui allait marquer le rock mauricien.
? L’ascension : quand l’île vibrait au rythme du rock
Les débuts se jouent dans les bars. Puis arrive le déclic. Richard Hein, producteur, repère leur énergie scénique et leur propose d’enregistrer en live. C’est le coup de projecteur qui les a propulsés et a donné naissance à l’album Live at BBC enregistré au Banana Beach Club. Rapidement, Crossbreed Supersoul s’impose avec des compositions originales. Be Mine, Letter to G, ou encore Didapdap qui résonnent dans les radios, dans les festivals et dans les cœurs.
À Maurice, à La Réunion, au Sakifo ou en tournée, le groupe s’impose comme une référence. Leurs concerts deviennent des rendezvous incontournables pour une jeunesse avide de sons puissants et de paroles vraies.
Comme toute aventure, la leur fut jalonnée d’imprévus : un passeport oublié avant un concert en Inde, des répétitions interminables, des tensions, des doutes. Mais jamais ces obstacles n’ont brisé leur unité. Au contraire, ils ont renforcé leur complicité. Car Crossbreed Supersoul, c’était surtout ça : un groupe de potes qui transformaient leurs histoires personnelles en chansons universelles. Didapdap, par exemple, est né d’une conversation intime et d’un mot jeté en l’air. Mais il est devenu un cri repris par une foule entière, un symbole de sincérité.
? «The Re-Union» : boucler la boucle
En 2020, les membres décident de mettre fin à l’aventure. Mais le vrai adieu n’avait jamais eu lieu. Quatre ans plus tard, grâce à l’initiative de Jimmy Veerapin du Café culture club, l’idée d’un concert de clôture renaît.
Vendredi soir, ils retrouveront leur public une dernière fois, dans une ambiance déjà chargée d’émotion. Manu Desroches, fidèle compagnon de route, ouvrira le bal en première partie. Puis, place aux adieux tant attendus : dix chansons choisies par les fans eux-mêmes, pour revivre les plus belles heures du groupe.
? Héritage d’une génération
Au-delà des notes et des refrains, Crossbreed Supersoul laisse un héritage immatériel : celui d’avoir montré que le rock avait toute sa place dans l’archipel mauricien. Ils ont inspiré d’autres groupes, donné confiance à des jeunes musiciens et prouvé qu’une bande d’amis pouvait soulever des foules par la seule force de leur sincérité.
«Nous avons grandi ensemble. Nous avons beaucoup ri, beaucoup pleuré. Il faut savoir s’arrêter, mais en beauté», confie Vincent Brasse. L’émotion sera forte, les larmes probablement inévitables. Mais ce concert n’est pas seulement une fin : c’est une célébration. La célébration de vingt ans d’amitié, de riffs enflammés et de refrains qui continueront de résonner bien après la dernière note.
Le public repartira avec plus qu’un souvenir : un morceau d’histoire. Car à Maurice, Crossbreed Supersoul restera pour toujours ce groupe de copains devenus frères, qui ont transformé leur passion en un souffle rock éternel.
Le rendez-vous est donné ce vendredi 26 septembre à 19 heures au Café du vieux conseil à Port-Louis. L’entrée est fixée à Rs 1 000.
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