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Taxe touristique

Location saisonnière : les opérateurs redoutent de devoir payer à la place des touristes

26 septembre 2025, 17:00

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Location saisonnière : les opérateurs redoutent de devoir payer à la place des touristes

Photo d'illustration.

À partir du 1ᵉʳ octobre, tout touriste séjournant à Maurice âgé de plus de 12 ans devra s’acquitter d’une taxe touristique de EUR 3 par nuitée, selon les modifications de la Tourism Authority Act. Cette mesure budgétaire 2025-2026 vise à soutenir le tourisme durable, et à financer les infrastructures, l’efficacité énergétique et la protection du patrimoine de l’île. Comme la taxe sera prélevée directement par les hôtels, résidences touristiques, maisons d’hôtes et domaines, puis reversée chaque mois à la Mauritius Revenue Authority (MRA), tous les établissements existants doivent s’enregistrer auprès de la MRA pour se conformer à la procédure.

Les opérateurs de location saisonnière soulèvent des préoccupations face au manque d’accompagnement dans la mise en place de cette mesure. Mathieu Appassamy, président de l’Association des acteurs de la location saisonnière à Maurice (AALSIM) – représentant les opérateurs de locations de vacances entre autres opérateurs Airbnb, Property Managers, services de conciergerie, agences indépendantes –, explique qu’en pratique, cette taxe, censée incomber aux touristes, transfère son fardeau administratif et sa responsabilité financière sur les managers et opérateurs. «La grande majorité de ces acteurs sont des indépendants ou des microentreprises aux ressources limitées. De nombreuses zones d’ombre persistent, notamment quant au rôle des plateformes internationales, aux procédures de déclaration, ainsi qu’en cas d’annulation ou de modification de séjour.»

Mathieu Appassamy ajoute que «sans mécanisme de recours clair, les opérateurs redoutent que cette exigence soit perçue comme une ‘arnaque de dernière minute’, nuisant gravement à l’expérience client. Il est donc essentiel que les autorités communiquent officiellement et directement auprès des visiteurs».

Un autre enjeu soulevé par l’AALSIM concerne la régularisation. «Avec près de 90 % des opérateurs évoluant encore sans permis, l’application de cette taxe risque de creuser davantage le déséquilibre concurrentiel dans l’industrie. La priorité devrait être de régulariser et d’intégrer cette majorité d’acteurs légitimes afin d’assurer un véritable level playing field.»

Entre-temps, l’AALSIM a recommandé à ses membres et au secteur – y compris ceux opérant encore dans l’informel – de se conformer aux exigences de la MRA. «Nous poursuivons activement nos échanges avec les institutions concernées afin d’améliorer le cadre d’application et de permettre une mise en œuvre équitable et constructive de cette réforme», avance Mathieu Appassamy.

Par ailleurs, l’AALSIM ouvrira un bureau d’accompagnement et organisera une rencontre entre ses membres dans les prochaines semaines. Cet événement permettra de favoriser l’échange entre les acteurs, de partager les meilleures pratiques et de définir ensemble les priorités de la profession.

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