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Manière de voir
Des choix de société : IVG (mineures), maisons closes, soins palliatifs… rien de prévu ?
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Manière de voir
Des choix de société : IVG (mineures), maisons closes, soins palliatifs… rien de prévu ?
Il semble que le GM veuille s’attaquer à des réformes comme celle du système électoral. Le peuple s’attend à des réformes économiques qui assainiraient la situation précaire laissée en héritage et sa cohorte de casseroles (corruption). Il faut s’y atteler en début de mandat et ne pas louvoyer.
Il est cependant une réforme à laquelle aucun gouvernement n’ose s’y attaquer. Teign moter! Rien de concret à l’horizon pour des réformes sociétales, c’est-à-dire des choix de société. Des enjeux incandescents ?
⚫ Interruption de grossesse
Notre société change. Aujourd’hui, la vie sexuelle des adolescents commence à 15/16 ans, ce qui était inconcevable dans un passé encore récent. Les mœurs, quoi qu’on en pense, ont évolué. Malgré certaines précautions prises au niveau de l’éducation sexuelle, dans les coulisses on charcute.
C’est d’autant plus sur prenant que ces adolescents savent, malgré la loi, comment se procurer la pilule et encore plus facilement des préservatifs. Il n’est pas rare de voir dans des collèges, des élèves filles enceintes en classe. Quant aux garçons, ils ont parfois disparu dans la nature. Télénovela fait des victimes.
«Pâques avant Carême» est une expression devenue obsolète. Les institutions étatiques ou religieuses s’opposent à toute interruption volontaire de grossesse (IVG). C’est alors que se joue un drame récurrent avec le recours au backstreet abortion. Pa dir nou pa ti kone!
Celles qui ont les moyens via les parents sont rares puisqu’elles peuvent presque dans la discrétion se faire avorter à La Réunion où l’IVG est légale. La majorité doit soit accepter l’enfant ou alors aller consulter les «faiseuses d’ange», qui, sans expérience scientifique et avec des outils (artisanaux ?) procèdent avec cruauté sans anesthésie à des crevaisons de fœtus non sans danger pour la vie de l’adolescente. Marquée à vie.
Elle pourrait ne plus avoir d’enfant. Elle sort traumatisée par ce type d’avortement qui laissera des séquelles. La prochaine étape sera l’hospitalisation en raison des dégâts causés et des saignements. Ce business est florissant. Notre société machiste et rétrograde sur ce plan ne compte pas évoluer en faveur de ces filles qu’on va triturer dans l’arrièrecour, parfois avec la complicité d’un médecin scélérat en échange de quelques gros billets. Notre mentalité bouz fix perdurera tant que les autorités vont se planquer derrière religions et bonne société.
⚫ Maisons closes
Là également, notre société a beaucoup changé. Soyons clairs, tant qu’il y aura des hommes, il y aura des prostituées. Il faut enfoncer cette vérité dans nos crânes. Le «marché» des prostituées s’est diversifié. En haut de la pyramide, nous trouvons les prostituées de luxe qui accueillent des clients abonnés chez elles ou dans de belles chambres d’hôtel. Suivent les escort girls très jeunes qui font double emploi. On peut les exhiber dans la bonne société. Ça nourrit les ragots. Il y a ensuite celles malignes qui savent harponner les touristes (Flic-en-Flac). On continue à descendre avec celles qui sont des habituées des boîtes de nuit.
On ne compte plus les petits hôtels en ville avec chambres séparées par des rideaux sales. Prochaine destination les trottoirs à certaines heures où traînent aussi les marins et se tiennent pas très loin les proxénètes. Ah ! faut pas oublier les mama poul dans certaines banlieues. Elles ont des coqs dans l’ombre pour intervenir en cas de litige… sur le prix ou de mauvais payeurs qui ont trop bu. C’est fou à quel point certains aiment se faire… masser.
Ces femmes sont disponibles même pendant la journée parce qu’il faut bien nourrir la famille le soir venu. Les plus connues et visibles sont des jeunes filles malgaches prêtes à l’abattage sans répit. D’autres sont des ‘passeuses de drogue’ à leurs risques et périls mais la majorité n’est pas là pour chercher fortune. Elles nourrissent les familles nombreuses restées au pays. Vous seriez étonnés d’apprendre que certaines de nos grandes villes comme Quatre-Bornes proposent… de belles fleurs dans certains quartiers chics. Ça branle dans les bambous même, comme le suggérait dans le passé un film porno. L’obligation fait loi. Les proxénètes veillent au grain pour ne laisser qu’une faible pitance à ces jeunes travailleuses du sexe. Condition ou misère humaine ?
Rêvons. Et si l’on… ouvrait des maisons… closes comme à l’étranger. Cela pourrait au moins garantir un certain degré d’hygiène avec surveillance médicale régulière, des horaires fixes, un strict encadrement à mettre en place. Mais quel gouvernement accepterait d’ouvrir de telles structures ? Maurice hub de toutes les drogues mais aussi Eldorado pour des poules de luxe venues d’Europe de l’Est. L’accepterait-on ?
⚫ Soins palliatifs
Il est un mot quand on le prononce, l’euthanasie, toute la société se planque. Inconcevable dans notre pays ? Vous délirez. Vous voulez mettre fin à la vie de certains à tort et à travers. Ça serait la loi de la jungle !
Oublions les fantasmes et jouons à l’avocat du diable. Le sidéen qui souffre le martyre arrive au dernier stade de cette maladie et n’en peut plus. Il supplie les siens, l’autorité médicale de le délivrer en mettant fin à ses jours. La loi et la religion s’y opposent formellement. On sait qu’il va mourir mais on se livre à un acharnement thérapeutique sans espoir de le maintenir en vie. Encore un jour, encore une heure, encore quelques minutes. Qu’il souffre jusqu’à la fin alors qu’on pourrait abréger ses ultimes souffrances.
Nous avons choisi un cas extrême pour essayer de vous convaincre qu’il faille mettre un terme, comme tous et lui-même le demandent. S’il n’y a plus d’espoir, nous pourrions avoir recours à des soins palliatifs, pas curatifs. Il s’agit d’améliorer sa qualité de vie, de soulager la douleur, d’accompagner le malade dans ses souffrances physiques, psychiques et spirituelles. Aucune chance de rémission ? Aider une fin de vie grâce à une sédation profonde avant que le décès ne survienne.
Cela implique a priori un dialogue avec le médecin, les parents, le malade lui-même, qui aurait d’avance fait son choix. Le recours à ces soins palliatifs implique la présence de soignants qualifiés, des accompagnateurs de fin de vie. Assurer tant que faire se peut un confort de fin de vie. Voilà qui pourrait susciter de nobles vocations. Nul besoin de souligner qu’une telle initiative coûte très cher.
La clinique Ferrière s’est spécialisée dans cette pratique de soins palliatifs. Elle a obtenu jusqu’à présent des résultats probants. Peut-on imaginer que certains hôpitaux spécialisés ou cliniques (il n’en manque pas) pourraient former des soignants qualifiés dans ce domaine ? Notre société est-elle prête à s’engager dans cette voie très humaine pour aborder la mort avec une certaine sérénité ? Ce serait un vrai progrès sur le plan sociétal en y consacrant le temps nécessaire. Là encore, c’est une question de gros sous.
Ces propositions seraient-elles des vœux pieux ? Ça vaudrait la peine d’en discuter.
Mo lekor dimann nat!
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