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Wakashio
Le DPP déclenche une première enquête sur les responsabilités locales
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Wakashio
Le DPP déclenche une première enquête sur les responsabilités locales
Il aura fallu attendre cinq ans après l’échouement…
Aurons-nous finalement des réponses sur le naufrage du vraquier japonais MV Wakashio, survenu le 25 juillet 2020 au large de Pointe-d’Esny ? Cinq ans après la catastrophe, le Directeur des poursuites publiques (DPP), Me Rashid Ahmine, a ordonné l’ouverture d’une enquête policière visant ceux qui étaient chargés de surveiller le navire avant son échouement.
Dans un communiqué émis vendredi, le bureau du DPP confirme avoir reçu, le 11 août, la version intégrale du rapport de la Court of Investigation. Après analyse, l’institution estime qu’il existe des éléments suffisants pour ouvrir une investigation. Le commissaire de police a été prié de lancer l’enquête sans délai et de tenir le DPP informé de son avancement. Il s’agit de la première fois qu’une enquête policière vise les responsabilités locales, alors qu’en 2023 seuls quelques extraits du rapport avaient été transmis, sans suite judiciaire.
Jusqu’ici, seule la responsabilité de l’équipage du Wakashio avait été établie. Le capitaine Sunil Kumar Nandeshwar et son second avaient été condamnés en 2021 à 20 mois de prison pour négligence avant d’être rapatriés.
Mais le rapport complet pointe désormais d’éventuelles défaillances institutionnelles, notamment au niveau de la National Coast Guard (NCG) et d’autres instances chargées de la sécurité maritime. Selon les informations disponibles, des officiers en poste ce jour-là devraient être entendus en premier.
L’échouement avait provoqué le déversement de plus de 1 000 tonnes de fioul lourd, souillant lagon, récifs et mangroves. Des centaines de pêcheurs avaient perdu leur principale source de revenus. Le Japan P&I Club, assureur du navire, avait déboursé des compensations de plus de Rs 135 millions, mais ces montants ont laissé un goût amer et des procédures judiciaires restent en suspens.
La catastrophe avait aussi déclenché une mobilisation témoignant de la solidarité mauricienne. Des milliers de citoyens s’étaient improvisés volontaires pour protéger le littoral avec des boudins artisanaux, fabriqués à partir de tissus et de cheveux. Cette solidarité avait rapidement laissé place à des manifestations, notamment celle du 29 août 2020 à Port-Louis, dénonçant la gestion de la crise et un manque de transparence des autorités.
Pour la première fois, la police est donc officiellement appelée à enquêter sur les manquements des instances locales. Le dossier devrait être confié au Central Crime Investigation Department.
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