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Allégations de négligence médicale à l’hôpital SAJ

La famille de Vijayaum Caleemootoo demande une enquête

20 septembre 2025, 14:00

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La famille de Vijayaum Caleemootoo demande une enquête

■ La septuagénaire dont la prise en charge soulève de vives interrogations.

Une famille dévastée dénonce ce qu’elle qualifie de «grave négligence médicale» à l’hôpital Sir Anerood Jugnauth de Pamplemousses, qu’elle estime avoir conduit au décès de Vijayaum Caleemootoo, 75 ans.

Dans une lettre adressée au ministère de la Santé, au Medical Council et au surintendant de l’établissement – restée jusqu’ici sans réponse – ses proches réclament une enquête approfondie et des explications sur une série de dysfonctionnements présumés.

Nous avons pu parler à son gendre, Jérôme Pilay Carpanen, qui relate un parcours hospitalier marqué, selon lui, par des erreurs de diagnostic, un manque de réactivité et des comportements troublants de la part du personnel médical.

Selon le gendre, la septuagénaire, qui n’avait pas d’antécédents d’hypertension chronique, s’est présentée au SAJ Hospital le 4 juillet 2024 au matin, en détresse, incapable de marcher seule et vomissant. Sa tension artérielle aurait alors atteint 230 mmHg. Malgré ce niveau critique, le médecin de service aurait diagnostiqué un problème gastro-intestinal, sans examen neurologique ni imagerie, et initié un traitement en conséquence. La patiente a été renvoyée chez elle après que sa pression eut été ramenée à 150 mmHg, alors qu’elle demeurait «faible et désorientée», indique la famille.

Dans l’après-midi, l’état de la vieille dame s’est aggravé. Réadmise avec une tension de 180 mmHg, elle présentait, selon ses proches, des signes évidents d’accident vasculaire cérébral (AVC), dont une déviation de la langue et des difficultés d’élocution. Les proches affirment que ces symptômes ont d’abord été minimisés par un médecin, qui aurait parlé de déshydratation. La patiente a reçu une perfusion, mais a perdu connaissance peu après. Ce n’est qu’à ce stade qu’un transfert a été organisé vers l’hôpital Dr A.G. Jeetoo, à Port-Louis, pour une imagerie par résonance magnétique (IRM) – un examen pourtant présenté comme disponible au SAJ Hospital.

L’IRM a confirmé un infarctus cérébral, mais la famille déplore un retard critique dans la prise en charge. Elle s’interroge sur l’indisponibilité de l’IRM sur place, alors que le site officiel du gouvernement vante les capacités de pointe de l’hôpital, inauguré en 2024 avec des financements de plusieurs fonds internationaux pour offrir des services «avancés»

Comportements «inappropriés»

La lettre dénonce également des comportements jugés «inappropriés» de certains membres du personnel, des propos déplacés tenus au chevet de la patiente inconsciente, ainsi que la disparition inexpliquée d’un premier dossier médical, ce qui soulève des craintes de manipulation des documents. Selon la famille, un médecin aurait également tenu des propos choquants alors que la patiente était inconsciente : «Madam, madam, ki linn fini gagn somey, li pe ronfle, dan lakaz li pann dormi, isi ki linn finn dormi.»

La septuagénaire est décédée cinq jours plus tard, le 9 juillet 2025, à l’unité des soins intensifs. Son certificat de décès a été signé par le même médecin qui l’avait initialement autorisée à quitter l’hôpital, un élément que la famille juge problématique. Les proches réclament une vérification des qualifications des médecins impliqués et une enquête sur les procédures d’urgence, la communication avec les familles et la fiabilité des services annoncés.

Dans leur correspondance, les proches demandent au ministère de la Santé et au Medical Council de faire toute la lumière sur les circonstances de ce décès, de vérifier l’accréditation des médecins et de clarifier l’état réel des équipements. À ce jour, aucune des lettres envoyées aux autorités n’a reçu de réponse, déplore la famille, qui dit vouloir «éviter que d’autres patients ne subissent le même sort».

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