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Dénouement dans quelques heures pour Rama Sithanen

20 septembre 2025, 05:00

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Dénouement dans quelques heures pour Rama Sithanen

Le gouverneur de la Banque de Maurice est-il sur le point de quitter la BoM Tower ? Dans l’entourage du bureau du Premier ministre, on affirme qu’une décision est imminente. De nouveaux éléments seraient venus fragiliser la position de Rama Sithanen. Selon nos informations, les deux hommes se sont entretenus hier soir et le Premier ministre lui aurait demandé de «step down».

Le gouverneur de la Banque de Maurice a demandé à être jugé sur ses résultats depuis sa nomination en novembre 2024.

Il a mis en avant quatre indicateurs clés :

1. Taux de change. La roupie, qui se dépréciait fortement face au dollar américain, s’est appréciée d’environ 6 % depuis le début de l’année. Plus de 75 % des importations mauriciennes se font en dollars, ce qui contribue à contenir l’inflation.

2. Inflation. Elle s’établit à 3,3 % pour les 12 mois se terminant en août 2025, un niveau inférieur à celui de la période correspondante en 2024.

3. Réserves de change. Elles sont passées de 8,4 milliards de dollars en novembre 2024 à 9,5 milliards actuellement, soit une hausse d’un milliard.

4. Résultats financiers. La Banque de Maurice a réalisé un bénéfice record d’environ 7 milliards de roupies pour l’exercice 2024/2025, un niveau bien supérieur à celui des cinq exercices précédents.

De retour de la Grande Péninsule mercredi, après une visite d’État d’une semaine, Navin Ramgoolam a laissé entendre jeudi dernier, lors d’un dépôt de gerbes à Kewal Nagar, à Belle-Rive – lieu où son père est né exactement 125 ans de cela – que la question serait traitée «en temps et lieu». Mais en coulisses, les choses s’accélèrent. Si le Premier ministre avait lui-même réclamé la démission de Gérard Sanspeur comme Second Deputy Governor (SDG) le 29 août, il a préféré porter le cas Sithanen en Conseil des ministres hier, afin que les raisons avancées pour une éventuelle démission soient comprises et partagées.

Au sein de l’alliance gouvernementale, les critiques fusent. Le Deputy Prime Minister, Paul Bérenger, n’a pas mâché ses mots sur la gouvernance de la Banque centrale, pointant la responsabilité du gouverneur dans la gestion de deux dossiers brûlants : les scandales à la MIC et à la Silver Bank. Selon nos informations, un consensus existerait déjà parmi les autres partenaires de l’Alliance pour exiger son départ dans les prochains jours.

Considéré comme un «asset» au moment de sa nomination en novembre 2024, Rama Sithanen est désormais perçu comme un «liability» pour l’image du pays et la réputation du centre financier, à un moment où l’agence de notation Moody’s surveille étroitement la capacité de Maurice à redresser ses finances publiques.

Médiatisation

Navin Ramgoolam, selon plusieurs sources, serait en colère contre un gouverneur jugé trop réactif face aux attaques de Gérard Sanspeur. Ses réponses publiques, amplifiées par les réseaux sociaux, auraient mis la Banque de Maurice au centre d’une médiatisation contraire à la discrétion attendue d’une institution de cette envergure. «Avec le départ du SDG, on espérait retrouver la sérénité nécessaire pour une banque centrale. Il n’en a rien été», souligne-t-on au Bâtiment du Trésor.

Depuis le début de cette crise au sommet de la BoM, Rama Sithanen a adopté une posture défensive face aux accusations visant son fils, Tevin Sithanen : pressions présumées pour licencier du personnel, interventions dans des nominations douteuses et influence alléguée sur des appels d’offres. La dernière charge concerne une lettre du PDG du groupe Bank of Africa, Amine Bouabid, adressée au First Deputy Governor Rajeev Hasnah le 29 avril 2025, réclamant la possibilité pour son groupe d’entrer sur le marché bancaire mauricien. Publiée sur un site en ligne, elle ajoute à la polémique.

Hier encore, le couperet semblait sur le point de tomber. Pourtant, le gouverneur, qui affirmait lors de la conférence de presse post-MPC du 13 août dernier avoir «l’estime et la confiance du Premier ministre», paraît désormais privé de ce soutien. La confiance s’est érodée, et tout laisse croire que son départ n’est plus qu’une question d’heures.

Navin Ramgoolam, qui tient ce matin sa première conférence de presse depuis son retour au pouvoir en novembre, devrait livrer sa position sur la tempête qui secoue la BoM Tower. Tout en sachant que, s’il demande à l’actuel locataire de la BoM Tower de partir, il doit déjà identifier son remplaçant, une telle institution ne pouvant se permettre d’opérer dans le vide, ne serait-ce qu’un jour.

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