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Affaire Appaya

Un modus operandi fondé sur des sociétés-écrans pour acquérir des voitures de luxe

12 septembre 2025, 05:00

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Un modus operandi fondé sur des sociétés-écrans pour acquérir des voitures de luxe

La récente enquête de la Financial Crimes Commission (FCC) autour de Wendip Appaya soulève des interrogations sur l’utilisation de sociétés commerciales pour l’acquisition et l’exploitation de voitures de luxe. Une McLaren Artura aurait été louée comme carrosse de mariage pour Rs 10 000, alimentant la polémique : s’agissait-il d’un service légal ou d’un détournement de l’objet même des compagnies concernées ?

Parmi les véhicules concernés figurent une McLaren Artura, une BMW Série M8 et un SUV Range Rover, tous dotés de plaques personnalisées. Entre janvier 2020 et mars 2024, Wendip Appaya aurait déboursé Rs 4,5 millions pour l’achat de cinq véhicules à titre personnel.

En parallèle, sa société Dynapro Cleaning Services Ltd, officiellement spécialisée dans le nettoyage et la maintenance, aurait servi à l’acquisition de 23 autres véhicules pour un montant de Rs 64,9 millions. Une deuxième société, Rent-a-Cradle Ltd, dédiée à la location de nacelles élévatrices, aurait quant à elle acquis trois véhicules supplémentaires pour Rs 2,3 millions. Enfin, entre avril 2024 et mars 2025, trois autres voitures haut de gamme ont été achetées pour Rs 7,9 millions. Au total, les acquisitions automobiles de Wendip Appaya et de ses compagnies atteignent Rs 79 millions en cinq ans.

La thèse de la défense

L’argument de Wendip Appaya repose sur une ligne de défense claire : les fonds injectés proviendraient des revenus générés par ses compagnies. Mais l’usage qui en est fait interroge. Peut-on acheter des voitures via une société de nettoyage ou de location d’équipements, puis les exploiter à titre personnel, notamment en les louant pour des mariages ?

Cette pratique pourrait être perçue comme un détournement de l’objet social des entreprises, puisque ni Dynapro Cleaning Services ni Renta-Cradle Ltd ne sont légalement enregistrées comme sociétés de location de voitures.

Selon la FCC, il existe un risque sérieux que ces acquisitions aient été financées, en partie ou en totalité, par des «proceeds of crime». L’enquête de money trail a permis de retracer des flux financiers suspects menant à ces achats.

L’arrestation de Wendip Appaya est intervenue après des perquisitions menées à son domicile et au siège de ses sociétés à Port-Louis. Assisté par son avocat, Me Yash Bhadain, il a été de nouveau entendu mercredi soir.

Une affaire qui interroge la légalité

Les questions centrales restent donc posées : avait-il le droit d’utiliser des sociétés au profil commercial distinct pour acheter et louer des voitures de luxe ? N’est-ce pas un détournement de la nature des affaires déclarées ? La location occasionnelle d’une McLaren comme carrosse de mariage ne vient-elle pas confirmer que ces acquisitions avaient d’autres finalités que celles prévues par la loi ?

La FCC poursuit ses investigations pour déterminer si d’autres transactions suspectes ont été effectuées et si le modèle économique présenté par Appaya était véritablement légal ou servait uniquement de façade à un système de blanchiment.

Interrogatoire de Mootoocurpen et Allysaheb Jagai par la FCC

Les deux individus ont été accompagnés au siège de la FCC pour la continuation de leur interrogatoire hier. Selon l’enquête, un réseau présumé de blanchiment d’argent impliquerait plusieurs individus, dont Allysaheb Ameersaheb Jagai, fils du surintendant de police Ashik Jagai, ainsi que l’homme d’affaires Steven Mootoocurpen. Des preuves documentaires établiraient des liens d’affaires entre eux, notamment à travers des acquisitions de biens, tels que des terrains et des véhicules de luxe.

Pour rappel, Allysaheb Jagai, âgé de 24 ans, dirige plusieurs sociétés et a été placé en détention après un interrogatoire approfondi. Steven Mootoocurpen, quant à lui, avait précédemment été arrêté après la saisie d’une flotte de véhicules.

L’enquête de la FCC se poursuit pour déterminer l’origine des fonds et les éventuelles implications de ces individus dans des activités criminelles.

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