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Mission humanitaire

Abdool Nasser : la voix de la solidarité mauricienne au-delà des frontières

10 septembre 2025, 14:15

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Abdool Nasser : la voix de la solidarité mauricienne au-delà des frontières

Une fois de plus, le Mauricien Abdool Nasser Hosenally (en T-shirt blanc) n’a pas hésité à se mettre à la disposition des plus démunis au Pakistan

Alors qu’il était encore en mission humanitaire auprès des Gazaouis, Abdool Nasser Hosenally, fondateur de la Société solidarité pauvreté (SSP), a été appelé en urgence au Pakistan et en Afghanistan. Dans ces deux pays ravagés par des catastrophes naturelles, ce Mauricien engagé est allé, une fois de plus, là où la détresse est la plus criante.

Depuis juin, le nord-est du Pakistan est submergé par des pluies diluviennes. Villages engloutis, ponts effondrés, troupeaux noyés : le dernier bilan fait état de plus de 880 morts et plus d’un million de déplacés. «Je me suis retrouvé à Lahore», raconte Abdool Nasser Hosenally. «Avec l’Alkhidmat Foundation, nous avons organisé la distribution de repas chauds, monté des tentes et mis en place un secours médical d’urgence. Mais sur place, la situation dépassait ce que j’avais imaginé.»*

Contrairement à Maurice, explique-t-il, où les eaux de pluie se retirent rapidement, le Pakistan est une vaste plaine où l’eau stagne, charriant boue, roches et débris. «Le choléra menace. Beaucoup de familles vivent encore dans des maisons en paille, sans éducation ni information. L’armée doit parfois convaincre les habitants de quitter leurs villages pour éviter les épidémies.»

Grâce à la solidarité internationale – Australie, Turquie et bien d’autres – des cargaisons d’aide ont pu entrer. Mais la tâche reste immense. Avec SSP et l’Alkhidmat Foundation, Abdool Nasser Hosenally a coordonné la distribution de milliers de repas, de boîtes alimentaires et de tentes dans les zones les plus touchées, notamment Gilgit-Baltistan et Kasur.

Pauvreté encore plus criante

Alors que les secours se poursuivaient au Pakistan, une nouvelle urgence a frappé: deux séismes successifs en Afghanistan, le 31 août, qui ont fait plus de 2 200 morts et 3 600 blessés. «Depuis dimanche, je suis sur place. J’ai pu obtenir les permis nécessaires pour rester dans le pays et prêter main-forte», confie Abdool Nasser Hosenally.

Dans ce pays déjà ravagé par la pauvreté, les infrastructures fragiles n’ont pas résisté. Des milliers de maisons en terre et en pierre se sont effondrées instantanément, piégeant familles et enfants. Les répliques ont provoqué éboulements et crues, isolant des villages entiers à plusieurs heures de marche de la route la plus proche.

«Ce peuple est encore plus pauvre que celui du Pakistan», souligne le Mauricien. Si l’aide internationale arrive par hélicoptère, elle reste insuffisante et inégalement distribuée. Là encore, Abdool Nasser Hosenally et ses partenaires ont installé des tentes, distribué des provisions et offert une assistance médicale d’urgence.

Depuis des années, Abdool Nasser Hosenally consacre sa vie à porter secours aux populations les plus vulnérables, de Gaza au Pakistan, en passant par l’Afghanistan. «À Maurice, nous avons nos difficultés, mais rien de comparable. Ici, les gens perdent tout en quelques minutes et doivent reconstruire leur vie avec presque rien», dit-il avec humilité.

Pour lui, chaque mission est une leçon d’humanité et un appel à la solidarité. «Ce que nous faisons n’est possible que grâce aux dons et au soutien des Mauriciens et de partenaires à l’international. Ensemble, nous apportons espoir, dignité et réconfort à ceux qui n’ont plus rien.»

Face aux catastrophes climatiques et aux drames humains qui se multiplient, Abdool Nasser Hosenally rappelle une vérité simple : «Nous ne pouvons pas fermer les yeux. L’aide doit dépasser les frontières.»

lexp - 2025-09-10T141412.203.jpg Il a traversé des fleuves en crues pour se rendre dans les villages et apporter de la nourriture aux sinistrés.

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