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Enfants otages
Entre accusations et vengeance, le combat désespéré de Séverine
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Enfants otages
Entre accusations et vengeance, le combat désespéré de Séverine
(Photo d'illustration)
À 29 ans, Séverine S. vit un cauchemar. Ses deux enfants, un garçon de 11 ans et une fillette de huit ans, lui ont été arrachés par la Child Development Unit (CDU) après des allégations de maltraitance formulées par son ex-compagnon. Cet homme, père de la fillette, accuse Séverine et son nouveau conjoint de violences et de sévices. La CDU, conformément à ses procédures, a placé les enfants sous protection, dans l’attente de clarifier les faits.
Cette affaire, suivie de près par le ministère de l’Égalité des genres et du bien-être de la famille, met en lumière un conflit explosif entre deux adultes qui s’accusent mutuellement. «C’est un couple qui s’entre-déchire et qui utilise les enfants comme armes», confie une source proche du dossier. La ministre a reçu les deux parents séparément, chacun campant sur ses positions.
L’histoire remonte en réalité à leur tentative de sauver leur couple. Après sept années de vie commune, Séverine et son compagnon avaient décidé de repartir à zéro en s’installant en Suisse en juin 2023, avec leurs enfants. Mais les tensions déjà présentes n’ont fait que s’aggraver. En septembre 2023, la jeune femme a préféré rentrer à Maurice avec son fils aîné, se débrouillant seule pour payer le billet retour après avoir découvert que seul l’aller avait été pris en charge. Elle pensait alors que sa fille suivrait rapidement avec son père, mais celui-ci a coupé tout contact pendant huit mois. Séverine a dû saisir la justice et déposer une plainte pour child abduction afin d’obtenir le retour de sa fille. Ce n’est qu’en septembre 2024 que l’homme a finalement été contraint de rentrer à Maurice avec l’enfant. Quelques mois plus tard, le 8 décembre 2024, Séverine a également porté plainte pour attouchements présumés contre le père, à la suite de dénonciations faites par sa fil- lette. La plainte a été enregistrée à la brigade de Rose-Hill.
Aujourd’hui, le rapport de force a basculé. L’ex-compagnon a déposé des accusations de maltraitance et de violence domestique. La CDU est intervenue, estimant qu’il valait mieux retirer les enfants le temps de faire la lumière sur la situation. Un choix qui, pour Séverine, sonne comme une nouvelle humiliation. «Oui, il y a eu une dispute par le passé, un écart comme il en existe dans chaque couple. Mais de là à me faire passer pour une femme battue au quotidien et à dire que mes enfants sont victimes de torture, c’est totalement faux et abusif», affirme-t-elle. Selon elle, la situation de son fils est encore plus absurde : «Mon garçon se retrouve aujourd’hui avec un père qu’il n’a presque jamais connu. Depuis sa naissance, jusqu’à ses 11 ans, je l’ai élevé seule. Et aujourd’hui, parce qu’on m’arrache mes enfants, c’est là-bas qu’il est obligé de vivre.»
Séverine avait en effet déjà porté plainte contre son nouveau conjoint dans le passé après un différend – une fois, une seule, ce qui nourrit hélas et injustement aujourd’hui les soupçons. De son côté, le père continue d’accuser la jeune femme et son compagnon de comportements violents devant les enfants. Dans cette guerre sans fin, les victimes sont bien les deux enfants, ballottés d’une version à l’autre.
Face aux critiques sur son parcours sentimental, Séverine réplique sans détour : «Qu’on me juge pour mes actes, pas pour mes choix de vie. Avoir trois enfants de trois pères différents, ce n’est pas un crime. Le vrai crime, c’est d’utiliser des enfants comme instruments de vengeance.»
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