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En deuxième lecture

Diego Garcia… un dossier qui divise toujours à Westminster

10 septembre 2025, 06:00

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Diego Garcia… un dossier qui divise toujours à Westminster

L’accord sur Diego Garcia secoue Westminster. Luke Pollard, Minister of State, a défendu devant la Chambre des communes le Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Territory Bill, lors de la deuxième lecture, hier. Selon lui, la souveraineté britannique sur la base est menacée et l’accord signé avec Maurice garantit la poursuite des opérations: «Ce traité est indispensable. C’est un investissement à long terme qui profitera au peuple britannique pour les générations à venir.»

Le texte prévoit un versement annuel moyen de 101 millions de livres sterling à Maurice pendant 99 ans, soit environ 3,4 milliards de livres en valeur actuelle nette. Tout en qualifiant d’«inacceptable» le traitement passé des Chagossiens, Luke Pollard a souligné que le traité leur permettra désormais de visiter Diego Garcia, sans toutefois y résider. Un trust fund sera créé pour soutenir leur communauté.

Le ministre a insisté sur le fait que le Royaume-Uni conserve le contrôle opérationnel total de la base : liberté d’usage, gestion des mouvements, contrôle du spectre électromagnétique et droit de veto sur tout développement dans un rayon de 24 milles nautiques. «Aucune force étrangère ne pourra s’installer sur les îles extérieures», a-t-il précisé.

Comparant l’accord à celui de la base française de Djibouti, louée 85 millions d’euros par an, Luke Pollard a affirmé : «Diego Garcia est 15 fois plus grande, plus performante et stratégiquement mieux placée.» Citant Donald Trump, il s’est félicité d’un «very strong deal», également soutenu par Washington. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a rappelé que «Diego Garcia est une base militaire vitale pour les États-Unis». L’accord a en outre reçu l’appui du Japon, de la Corée du Sud, de l’Inde, de l’Union africaine, du Commonwealth et du secrétaire général de l’ONU.

«Ce traité est crucial pour sécuriser la base militaire de Diego Garcia pour les siècles à venir», a conclu Luke Pollard, tout en soulignant qu’il ne modifie en rien les droits des Chagossiens : il n’y aura aucun changement quant à leur droit d’acquérir la citoyenneté britannique, ni quant au statut de ceux qui détiennent déjà la citoyenneté britannique ou celle des territoires britanniques d’outre-mer.

Face à lui, la députée conservatrice Priti Patel a exprimé son opposition : «Cet accord est tellement mauvais pour la Grande-Bretagne… Nous relouons une base que nous possédons déjà.»


Sir Starmer dénoncé pour «crimes contre l’humanité»

Parallèlement, un groupe de Chagossiens autochtones a dénoncé le Premier ministre, sir Keir Starmer, à la Cour pénale internationale pour «crimes contre l’humanité» présumés, en réaction à son accord prévoyant la cession du territoire à Maurice. Le Telegraph rapporte que la Cour pénale internationale décidera désormais d’ouvrir ou non une enquête préliminaire sur la manière dont sir Starmer et le gouvernement britannique ont géré le différend des Chagos.

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